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L'amour maudit, par Noureddine Miftah
Publié dans PanoraPost le 13 - 05 - 2015

En traitant l'affaire des trois ministres qui ont quitté le gouvernement hier mardi 12 mai 2015, et en dépit de ma position professionnelle, j'ai été pris d'une certaine émotion à la lecture du communiqué du cabinet royal annonçant la fin de mission des deux ministres Choubani et Benkhaldoune. Quant à la révocation de Guerrouj, elle n'est que la conséquence du scandale du chocolat et de ces luttes incessantes entre cet étrange ministre et celui en charge de l'Education nationale Belmokhtar.
J'ai éprouvé une certaine sympathie pour les deux ministres amoureux, bien qu'il existe tant de choses qui me conduisent à ne pas être tout à fait d'accord avec eux. J'ai été ému par l'amour en tant que valeur d'une grande noblesse, pure, et en tant que sentiment qui balaie tout sur son passage, indépendamment de la qualité des individus atteints par ses traits, qu'ils soient grands ou humbles, islamistes ou communistes, marocains ou hindous, jeunes ou moins jeunes.
J'ai ressenti une forme d'empathie pour M. Choubani et surtout Mme Benkhaldoune parce qu'ils ont été broyés, après que la passion leur eût fait perdre tout sens de la mesure, après que leur histoire eût été amplifiée et qu'ils se fussent trouvés en pleine tourmente médiatique, sans précédent au Maroc… pieds et poings liés face à ce qu'ils auraient souhaité rester secret et qui s'est retrouvé étalé sur la voie publique, face à l'instrumentalisation politique de leur idylle – ce qui est bien naturel –, face à ces modernistes qui, au départ, les avaient défendus avant de leur tourner le dos après qu'ils eurent appris que les deux désormais anciens ministres allaient convoler en justes noces et entériner la pratique de la polygamie, face à ces pseudos modernistes qui se sont délectés de l'aventure de nos deux amis, face aux faucons de leur camp, bons ou mauvais, face aux médias, utiles ou nuisibles… et tout cela sous les regards affligés de deux familles qui ont vécu tout au long de cette période un véritable cauchemar, en raison d'un amour interdit et d'une idylle maudite.
Benkirane, après Choubani et Benkhaldoune, est l'autre victime de cette affaire : l'homme mène des combats féroces, il est un véritable bulldozer, mais les deux ministres amoureux ont procuré un argument à ses ennemis pour lui donner des coups de boutoir. On comprend mieux maintenant pourquoi le chef du gouvernement s'est montré encore plus impitoyable, s'acharnant sur ses adversaires, les accusant de « muflerie » ou de « vulgarité » au parlement, en présence de Soumaia Benkhaldoune, et allant encore plus loin le 1er mai en qualifiant l'opposition de gang.
Benkirane, donc, est aussi mécontent de ses deux ministres que protecteur à leur égard ! C'est ce qu'on peut retenir de cette affaire qui restera à jamais associée au maître-mot, l' « embarras »… et c'est pour cela que le communiqué du PJD signé par Benkirane est tombé pour informer les camarades du parti de la démission des deux ministres : « en considération de leur part de l'intérêt général du pays et de cette phase de réforme qui l'aura marqué, et aussi pour mettre un terme au parasitage et interférences de mauvaise facture à leur action à tous deux, et surtout cette attitude consistant à faire commerce à vil prix de la vie privée des gens et de leur intimité ».
Tournons vite cette belle et triste page, quand même écornée, et laissons les deux amoureux faire de leur vie, à présent qu'elle n'est plus publique, ce qu'ils souhaitent… Mais, il faut le dire, l'histoire politique du Maroc restera marquée, flétrie à jamais, car deux ministres seront partis, non en raison de vol, de corruption, de détournement ou d'incompétence, mais pour cause d'amour sorti du camp islamiste et non accepté, rejeté, banni par toutes les couleurs du spectre idéologique du pays.
Ne dit-on pas que « l'amour fol est aveugle » ?...


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