Human Rights Watch a adressé en début de semaine une lettre au gouvernement marocain. L'ONG appelle le Maroc à renforcer son arsenal juridique contre les violences faites aux femmes. Après une enquête réalisée en septembre auprès d'une vingtaine de femmes victimes de violences domestiques, HRW a émis une série de recommandations au gouvernement marocain. Les ministères concernés sont ceux de la Solidarité, de la Famille et de la femme, et aussi celui de la Justice et des libertés. Si Human Right Watch salue l'engagement pris par le gouvernement en termes de parité, en revanche l'ONG dénonce les carences de la législation. Cette dernière défavoriserait les victimes. « Au Maroc, les lois existantes ne proposent pas de directives suffisantes à la police, aux procureurs ni aux juges d'instruction concernant leurs obligations dans des affaires de violence domestique. Ceci contribue à des pratiques incohérentes et problématiques de certaines autorités », note HRW dans sa lettre. Cette note vient corroborer les témoignages de femmes recueillis par l'ONG… Nombreuses sont celles qui ont déclaré que « les policiers avaient refusé d'enregistrer leurs dépositions et aussi refusé de procéder à l'arrestation des agresseurs présumés, même lorsque les procureurs le leur avaient ordonné ». Il est donc nécessaire de pallier à ce vide juridique. « Les références minimales à la violence domestique dans le code pénal sont loin des exigences de la législation internationale des droits humains », pointe Human Rights Watch. Ainsi l'organisation propose d'introduire dans le code pénal une définition bien plus précise des violences domestiques. Suite à certaines modifications proposées au code pénal, notamment celle de l'article 420 qui vise à réduire les peines pour les criminels dans les cas de violence faites par tout membre de la famille contre un autre membre ayant eu des rapports sexuels illicites, HCR tire la sonnette d'alarme. Ces changements législatifs aggraveraient la situation. Outre la législation, l'organisation préconise de réaliser des campagnes de sensibilisation ainsi que de développer des structures d'accueil pour les victimes. Dans sa lettre, HRMW rappelle qu' « une enquête nationale réalisée par le Haut-Commissariat marocain au Plan, auprès de femmes âgées de 18 à 65 ans, a révélé qu'en 2009 près de deux tiers d'entre elles – soit 62,8 % – avaient été victimes de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Sur l'échantillon de femmes interrogées, 55 % ont signalé avoir subi des violences « conjugales » et 13,5 % des violences « familiales ». Seules 3 % des femmes ayant subi des violences conjugales avaient dénoncé ces actes aux autorités ».