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Une farce qui entrera dans l'Histoire !, par Noureddine Miftah
Publié dans PanoraPost le 17 - 07 - 2017

La douleur ressentie face à ce qui se produit dans le Rif est encore vive, très vive, en dépit de la relative accalmie constatée à al Hoceima… car les plaies restent encore ouvertes et les choses peuvent s'embraser soudainement, à tout moment. A chaque fois que nous avons le sentiment d'un retour au calme, que nous avons la sensation d'avoir pris un calmant, un événement survient qui nous ramène à la réalité : une déclaration, une vidéo… Bref, un acte douteux, pour ne pas dire abject.
Lorsque nous avons critiqué le ministre d'Etat, chargé des droits de l'Homme, pour son silence face à ce que moult organismes de défense de droits de l'Homme ont considéré comme des violations graves des droits humains au nord du pays, il a réagi en organisant des réunions où étaient attablés des militants des droits et où la presse était conviée pour constater les choses de visu. Ces initiatives sont certes à porter à son crédit, sauf que son propos va toujours dans le sens du discours officiel de justification.
Une de ses réponses est à inscrire dans les annales, les annales mondiales de la farce de mauvais goût ! En effet, quand le ministre a répondu aux critiques adressées aux forces de l'ordre, sur la base d'un rapport du Conseil national des droits de l'Homme, pour avoir fracassé nuitamment des portes pour entrer dans des maisons à al Hoceima, il a répondu ceci : « M. le ministre de l'Intérieur m'a avisé que l'Etat avait réparé les portes cassées ! ». Et si cette stupéfiante réponse ne nécessite pas même de commentaires, elle est quand même une forme d'aveu sur les violations sérieuses commises en pleine nuit, qui, elles, requièrent que les responsables rendent des comptes ; et ce ne sont pas les forces de l'ordre sur le terrain qui doivent en donner, des comptes, car les policiers ont payé un lourd tribut… non, ce sont les donneurs d'ordre qui doivent rendre ces comptes, les grands officiers, les autorités publiques et, in fine, le gouvernement !
Le ministre d'Etat chargé des droits de l'Homme lui-même a fait un virage à 180° quand a été diffusée par le site « barlamane.com » la vidéo de Nasser Zefzafi montrant tous les coins et recoins de son corps… Mustapha Ramid a affirmé qu'il avait pris contact avec son collègue à l'Intérieur Abdelouafi Laftit (encore lui) et lui avait annoncé sa tristesse et sa colère face à cette action puérile qui touche la dignité de tous, la sienne et celle de tous les Marocains. Mais cette fois-ci, selon Ramid, Laftit a également fait part de son courroux suite à la diffusion de la vidéo, et tous deux ont convenu d'ouvrir une enquête sur les faits, une enquête à laquelle s'est joint également le ministre de la Justice M. Mohamed Aujjar.
Mais le plus étrange est que M. Ramid n'a plus rien publié sur sa page Facebook quand les militants marcheurs ont été tabassés samedi 8 juin alors qu'ils manifestaient devant le parlement à Rabat, alors que leur seul souhait, ou crime…, était de marquer leur présence une petite demi-heure en soutien aux détenus du Hirak du Rif.
Et puis n'oublions pas cette lettre prêtée à Nasser Zefzafi, sortie de prison par son avocat Mohamed Ziane, et qui a soulevé une incompréhensible tempête au sein des médias et de la société. L'administration pénitentiaire est montée au créneau, démentant que cette lettre soit sortie de la prison d'Oukacha, avant que l'on apprenne que la missive n'aurait pas été écrite par Zefzafi, puis que l'on nous dise que le prisonnier a officiellement confirmé cela… Zefzafi a même été ensuite transféré à la Brigade nationale de la police judiciaire pour interrogatoire sur ce fait, alors même que, ne l'oublions pas, une lettre écrite par un détenu et remise à son avocat est sous d'autres cieux une chose tout à fait ordinaire.
Par le passé, des milliers de lettres similaires sont sorties des prisons marocaines, dont les révisions idéologiques des prisonniers de la Salafiya al Jihadia, comme celle du fondamentaliste Fikri, condamné pour la mort d'un notaire au début des années 2000, qui avait rédigé une lettre publiée sur deux pleines pages d'al Ayyam et sans que cela n'ait prêté alors à conséquence. Pour cette affaire de la lettre de Zefzafi, son avocat Ziane est monté en puissance alors qu'il n'est pas vraiment considéré comme un adversaire du système politique marocain, qu'il n'est pas membre d'Annahj ou d'Ilal Amam, qu'il a été membre de l'Union constitutionnelle et qu'il fut même ministre des droits de l'Homme et avocat du gouvernement… et c'est ce Rifain qui dit aujourd'hui que « l'Etat qui s'insinue entre un avocat et son client détenu est un Etat corrompu », ajoutant sur les colonnes d'al Ayyam que « le Roi Mohammed VI est victime d'un complot dans cette affaire du Rif » !
Plus étrange encore dans cette histoire de la lettre de Zefzafi est qu'elle ne comporte rien, mais alors absolument rien de subversif, l'auteur supposé adressant au début ses salutations à l'ensemble de ses compatriotes, du nord au sud et de l'est à l'ouest du royaume, et expliquant que ses revendications sont sociales, économiques, culturelles et juridiques. L'auteur de la lettre affirme que le roi Mohammed VI est victime de mensonges de responsables et il le désigne comme « l'espoir » du Rif et de son Hirak. En fin de lettre, son auteur en appelle encore au caractère pacifique des manifestations, seul moyen de réaliser leurs objectifs.
Est-ce donc pour cela que tout ce tumulte a été fait et que tout ce vacarme a retenti, ajoutant un élément supplémentaire à la longue liste de la calamiteuse gestion d'une affaire sensible ?! Les questions réprobatrices des réactions publiques sont aujourd'hui bien plus importantes que le Hirak lui-même. Ainsi, autant la réponse de l'Etat aux manifestations du Rif a été très civilisée durant la longue période du blocage politique, autant elle a complètement dérapé avec cette grosse maladresse des partis de la majorité ayant accusé les manifestants de séparatistes.
Et puis on est entré dans un cycle fabuleux de contradictions, entre des déclarations reconnaissant les retards enregistrés dans la réalisation de programmes de développement, ce qui indique que les manifestants sont dans leur droit, et des actions de répression de ces manifestations… ce qui nous conduit à affirmer que ce dossier explosif peut se résumer dans la formule d' « un jeu des grands au détriment des petits »… un jeu ô combien dangereux pour la stabilité.


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