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Rude attaque judiciaire au Kenya contre l'OCP, qui réagit
Publié dans PanoraPost le 24 - 06 - 2018

Le justice du Kenya a lancé des mandats d'arrêt, locaux et internationaux, contre des cadres d'OCP Kenya et des responsables du pays, accusés d'avoir importé et mis en vente sur le sol kenyan des engrais ne répondant pas aux normes. Les accusations sont lourdes, et vont jusqu'à la tentative d'homicide. Le Groupe OCP a réagi via un communiqué où il nie ces accusations et apporte ses explications. C'est le procureur général Noordin Haji qui est à la manœuvre et il semble avoir la main aussi lourde que lui-même va vite en besogne.
Ce sont environ 6.000 tonnes qui sont concernées, très exactement 5.846, et cette affaire promet d'avoir encore des rebondissements car la justice kenyane a frappé fort et l'OCP promet « d'examiner les recours juridiques possibles contre les auteurs de dénonciations qu'elle juge infondées et opportunistes ». Comprenez injustes et orientées.
Les faits.
Selon le directeur du ministère public Noordin Haji (ci-contre), les 5.846 tonnes d'engrais incriminés, après avoir été testés, ne répondaient pas aux normes établies par KEBS « VIDE KS158: 2012 » et ont donc été déclarés non conformes. L'entreprise a fait appel de cette première série d'analyses, et une seconde a été menée, « n'atteignant toujours pas les normes établies », toujours selon le procureur, dont on dit dans son pays qu'il est l' « homme qui ne sourit jamais ».
Toujours est-il que sans rire, en effet, il a annoncé que son département a lancé son enquête, ses accusations et ses arrestations suite à une requête transmise par la Direction des enquêtes criminelles. Après investigation, il a été décidé par le parquet de lancer des mandats pour tentative d'homicide, abus de confiance, constitution de bande criminelle… Il ne semble pas que le groupe marocain ait pu faire état de ses éléments de défense (voir ci-dessous).
Et de fait, ce sont une dizaine de responsables du Kenya Bureau of Standards (Bureau des Normes du Kenya, KEBS) qui seront accusés entre autres tentatives de meurtre et de dédouanement de marchandises de qualité inférieure, d'abus de confiance... Il s'agit notamment de Charles Ongwae, directeur général de KEBS, Eric Chesire Kiptoo (directeur de l'assurance qualité), Peter Kinyanjui (responsable de l'inspection du port de Kilindini), Martin Nyakiamo (directeur régional de Coast) et Pole Mwangeni, agent de santé portuaire. Des Marocains d'OCP Kenya sont également dans le collimateur de la justice kenyane, en l'occurrence de Karim Lofti Senhadji (administrateur), Makila Klrama (directeur) et Younes Addou (directeur).
La réaction d'OCP Group.
Le numéro 1 mondial, depuis Casablanca, a publié un communiqué serein, mais porteur d'enseignements, d'indications, et de projets d'action judiciaire à venir pour défendre ses process et son intégrité devant la justice. Voici l'intégralité de ce communiqué :
« OCP Kenya exprime son étonnement quant aux accusations portées à son encontre et à celle de ses collaborateurs concernant l'importation au Kenya d'engrais qualifiés de non-conformes à la réglementation locale.
OCP Kenya réfute catégoriquement les accusations adressées à son encontre car celles-ci ne reflètent ni ses pratiques commerciales ni la rigueur de la politique de qualité du groupe OCP. En effet, OCP Kenya a toujours scrupuleusement observé les procédures et les normes de conformité imposées par la réglementation kenyane.
En l'espèce, la conformité de la cargaison a été attestée par plusieurs expertises indépendantes, menées par des sociétés d'inspection de renommée internationale (SGS, Bureau Veritas et Cropnuts).
Le groupe OCP a toujours opéré dans la plus stricte conformité aux standards nationaux et internationaux les plus élevés, tout en poursuivant pour objectif ultime le bénéfice au développement agricole local.
La catégorie d'engrais ici visée a d'ailleurs été spécifiquement conçue par OCP Kenya au profit des agriculteurs locaux; en témoigne son adoption et son succès sur le marché. Cette formule, développée en partenariat avec des laboratoires de recherche kenyans, est le fruit d'efforts de recherche visant à optimiser l'adéquation des engrais aux spécificités des sols et des cultures du territoire. Cette démarche a déjà fait la preuve de son efficacité au Kenya et dans plusieurs autres pays africains, notamment en termes d'amélioration des rendements agricoles et de compétitivité des exploitations.
Ainsi, OCP Kenya entend coopérer activement avec les autorités afin de lever toute ambiguïté dans cette affaire tout en examinant les recours juridiques possibles contre les auteurs de dénonciations qu'elle juge infondées et opportunistes ».
Premières constatations.
L'affaire, lancée par un organisme étatique, la direction des enquêtes criminelles, semble être montée de toutes pièces, pour deux points essentiellement :
1/ Logiquement, quel intérêt aurait en effet un géant mondial comme OCP Group de procéder à des actes délictueux, sachant qu'il est le numéro 1 mondial de la vente d'engrais et qu'il s'installe depuis quelques années le plus légalement et officiellement du monde dans nombre de pays du continent ? C'est pour cette raison que dans son communiqué, le groupe marocain « exprime son étonnement quant aux accusations portées à son encontre et à celle de ses collaborateurs concernant l'importation au Kenya d'engrais qualifiés de non-conformes à la réglementation locale. OCP Kenya réfute catégoriquement les accusations adressées à son encontre car celles-ci ne reflètent ni ses pratiques commerciales ni la rigueur de la politique de qualité du groupe OCP. En effet, OCP Kenya a toujours scrupuleusement observé les procédures et les normes de conformité imposées par la réglementation kenyane ».
2/ La seconde raison est plus technique, et elle est apportée par OCP Group dans son communiqué : « La catégorie d'engrais ici visée a été spécifiquement conçue par OCP Kenya au profit des agriculteurs locaux ; en témoigne son adoption et son succès sur le marché. Cette formule, développée en partenariat avec des laboratoires de recherche kenyans, est le fruit d'efforts de recherche visant à optimiser l'adéquation des engrais aux spécificités des sols et des cultures du territoire. Cette démarche a déjà fait la preuve de son efficacité au Kenya et dans plusieurs autres pays africains, notamment en termes d'amélioration des rendements agricoles et de compétitivité des exploitations ».
Par ailleurs, il est difficile de ne pas établir de rapprochement entre cette affaire et les précédentes, ciblant directement l'OCP. C'est en Afrique du Sud que cela a commencé avec la saisie de la cargaison du groupe en mai 2017, et la fin qu'on a connue à cette affaire judiciaire était en faveur d'OCP. Il y a également eu l'action au Panama à la même période, avec la saisie là encore d'un navire transportant du phosphate, mais la justice panaméenne avait tôt fait de se déclarer incompétente. Dans les deux cas, le Polisario, et donc l'Algérie, étaient à la manœuvre.
Or, à quelques jours du sommet de l'Union africain et face à l'installation progressive du groupe marocain dans nombre de pays africains au nom de la coopération sud-sud, on serait légitimement en droit de se poser la question d'une politisation de cette affaire…
Nous y reviendrons.


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