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Pesticides au Maroc : 10 intrants chimiques dans le viseur de l'ONSSA
Publié dans Yabiladi le 09 - 02 - 2021

10 substances chimiques actives qui entrent dans la composition de produits de traitement agricoles largement utilisés au Maroc sont en cours d'examen par l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Des études ont mis en cause des intrants dans des dommages à la santé humaine, mais aussi à la mort massive d'abeilles ou d'espèces d'oiseaux.
L'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) se penche sur le réexamen des pesticides à usage agricole, suite à l'avis de la commission interministérielle qui a tenu sa réunion les 13 et 22 juillet 2020. Depuis, l'instance a déclenché le réexamen de 10 matières qui entrent dans la composition de pesticides, d'herbicides et de fongicides. Selon un avis publié par l'institution, il s'agit du chlorothalonil, du diméthoate, du diquat, du fenthion, du glufosinate d'ammonium, de l'hexaconazole, du méthomyl, du paraquat, du thiaclopride et du thirame.
Cet avis est particulièrement destiné aux sociétés agréées pour l'importation ou la fabrication des produits de pesticides à usage agricole, puisque «l'homologation de produits contenant l'une de ces matières actives précitées est gelée pendant toute a période de réexamen». Ce processus vise des substances qui ont déjà été interdites d'usage dans des pays de l'Union européenne (UE) depuis plusieurs années, ou depuis 2020 au moins.
Des substances cancérigènes et neurotoxiques
Parmi les intrants dont l'homologation est en cours d'examen, le diméthoate est considéré comme étant très toxique pour les abeilles. Il est aussi classé cancérogène possible chez l'humain, car susceptible d'accélérer l'apparition de tumeurs de la rate, de la peau et du système lymphatique. Son danger potentiel est tel que depuis 2016, la France a interdit son utilisation sur son territoire. En 2019, un arrêté paru au Journal officiel est venu confirmer non seulement son interdiction d'utilisation, mais aussi l'importation de récoltes traitées à base de cette substance, notamment les cerises.
Grand danger aussi pour les abeilles comme pour l'humain, le thiaclopride est également déjà interdit en France, pour avoir démontré ses effets sur les systèmes reproductifs humains et d'autres mammifères. Il peut aussi nuire au fœtus et représenter une «toxicité spécifique pour certains organes cibles à la suite d'une exposition unique», selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES).
Maroc : Les pesticides, une menace pour la santé des consommateurs et les exportations agricoles
Par ailleurs, des risques ont été identifiés par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en France, concernant le chlorothalonil. Ce dernier s'avère «susceptible» de provoquer des cancers comme ceux du rein et de l'estomac, «mortel par inhalation» et capable d'«irriter les voies respiratoires», tout en provoquant «de graves lésions des yeux» ou «une allergie cutanée». Ses dangers sont redoutables pour l'humain comme pour les organismes aquatiques.
C'est pourquoi, une nouvelle évaluation des risques des produits phytosanitaires contenant du chlorothalonil a également été réalisée en Suisse. Depuis janvier 2020, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) y interdit formellement son utilisation, jusque-là courante dans «la culture des céréales, des légumes, de la vigne et des plantes ornementales». Dans ses usages non-agricole, cet instant chimique est utilisé aussi dans traitement de l'eau potable dans certains pays.
En 2017, le glufosinate d'ammonium a pour sa part fait partie des herbicides à base de glufosinate qui ont perdu leur autorisation de mise sur le marché français. Cette année-là, l'ANSES a en effet décidé de retirer la licence à Bayer, puisque la substance est soupçonnée d'être reprotoxique. Elle est également pointée du doigt dans l'accélération de lésions neurologiques graves, qui augmentent le risque de maladies du Parkinson et Alzheimer.
Des intrants qui perturbent la chaîne alimentaire d'autres espèces
Egalement utilisé de manière fréquente au Maroc, malgré ses restrictions d'usage dans plusieurs autres pays depuis des années, le fenthion, lui, est souvent fatal au Quelea Quelea, oiseau qui se nourrit principalement des petites céréales dans les zones semi-arides d'Afrique. Organophosphate puissant, c'est le principal avicide utilisé pour lutter contre la prolifération de cet oiseau dans les champs, bien qu'il soit connu pour sa très haute toxicité pour les organismes non ciblés.
Menée en Tanzanie en 2018, une étude de terrain relative aux effets du fenthion sur la santé humaine a d'ailleurs montré que 16% de la population exposée à la substance a développé des effets neurotoxiques. En 2019, la Conférence des parties à la Convention de Rotterdam, entrée en vigueur en 2004 pour réglementer le commerce international des pesticides dans les pays en développement, a préconisé des solutions de remplacement pour le fenthion. Ces alternatives consistent notamment en l'utilisation des faucons pour effrayer les oiseaux.
En cas d'ingestion importante du diquat, les irritations de la peau et des muqueuses respiratoires peuvent s'ajouter à des atteintes hépatique, rénale et neurologique. En ciblant les yeux, elle peut provoquer des cataractes, selon les autorités sanitaires canadiennes. Le thirame est aussi connu pour des effets neurotoxiques observés, notamment les léthargies, la baisse de réponse, la diminution du poids du cerveau et ou l'affaiblissement de l'activité motrice.
Le méthomyl, classé très dangereux par l'OMS, l'hexaconazole ou encore le paraquat peuvent quant à eux provoquer de graves effets retardés en cas d'absorption, voire des effets mortels si le la substance concentrée est ingérée par voie orale se répand sur la peau.
L'initiative de l'ONSSA intervient dans un contexte où des cargaisons de poivrons marocains ont été saisies par l'Allemagne, pour leur non-conformité aux restrictions de certains usages du méthiocarbe, suscitant des inquiétudes sur la toxicité des fruits et des légumes consommés localement. La décision quant au nouveau statut des 10 intrants sera prise après avis de la commission interministérielle, après une réunion prévue en mars 2021.


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