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Le Comité de soutien d'Ibtissame Lachgar alerte sur la santé de la militante en prison
Publié dans Yabiladi le 28 - 09 - 2025

Le Comité de soutien d'Ibtissame (Betty) Lachgar a annoncé, vendredi, avoir «ouvert à la signature une tribune citoyenne collective» pour demander la «libération immédiate» de la militante. Dans une déclaration écrite, il a déploré le maintien en détention de l'activiste, condamnée au Maroc le 3 septembre 2025 à 30 mois de prison ferme (deux ans et demi) et à une amende de 50 000 pour propos considérés comme portant atteinte à la divinité.
La structure alerte notamment sur les conditions de détention de la psychologue clinicienne, au vu de son état de santé. En effet, le comité note un «refus d'accès à des soins médicaux urgents, pouvant entraîner une amputation ; un placement à l'isolement, avec interdiction de contact avec les codétenues ; une limitation de tout contact avec l'extérieur à seulement quelques minutes de téléphone par semaine vers un numéro unique» et «l'absence de visites autres que celles de ses avocates». Dans la même déclaration, il souligne «l'absence de matelas», malgré un port de prothèse au bras qui l'exige.
«Ses conditions de détention sont particulièrement alarmantes et s'assimilent à des sanctions disciplinaires, alors qu'elle n'a commis aucune infraction au règlement pénitentiaire», a souligné encore le comité, ajoutant que «lors d'un des rares appels téléphoniques avec ses proches, elle leur a fait part de sa souffrance due à la torture psychologique qu'elle subit».
Cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), Ibtissame Betty Lachgar a été poursuivie après la publication via ses réseaux sociaux d'une photo d'elle prise à l'étranger. Elle y apparaît portant un t-shirt, avec une expression considérée comme blasphématoire au Maroc.
«Nous rappelons que le crime d'Ibtissame n'en est pas un. Le t-shirt qui lui a valu des centaines de menaces de mort et une lourde peine en prison n'a jamais été porté au Maroc. La loi marocaine, ainsi que les conventions internationales ratifiées par le Royaume, garantissent la liberté d'opinion et d'expression. Nous estimons, en revanche, que l'article 267-5, introduit par Mustapha Ramid en 2015, est inconstitutionnel», commente le Comité de soutien.
Selon lui, «cette affaire ne devrait jamais avoir franchi les portes d'un tribunal» et «la place d'Ibtissame n'est pas en prison». A ce titre, il appelle à la signature de la tribune «non pas en caution du message sur le t-shirt porté par Ibtissame, mais parce que [l'on considère] qu'en criminalisant une provocation artistique et militante, la justice marocaine met en danger la liberté d'expression, pilier de tout Etat de droit et envoie un signal inquiétant ; celui d'une société où la critique intellectuelle, artistique ou symbolique peut être assimilée à un crime».
Article modifié le 28/09/2025 à 15h16


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