Un message publié sur X peu après la finale de la CAN par une journaliste kényane est rapidement devenu viral, accusant la compagnie aérienne nationale du Maroc de perturber les vols de retour des supporters africains rentrant chez eux, suggérant de possibles «représailles». Le tweet faisait référence égalemment à une «panne de Wi-Fi dans les aéroports» et à une forte présence militaire et policière. DR ‹ › Quelques jours après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, où le Sénégal a été sacré champion face au Maroc dans un match marqué par des incidents graves, des rumeurs préoccupantes ont émergé en ligne concernant le départ des supporters africains du Maroc, pays hôte du tournoi. Un post publié le 20 janvier prétendait que plusieurs supporters africains venus au Maroc pour l'événement avaient vu leurs vols de retour «retardés ou annulés» par Royal Air Maroc (RAM), la compagnie aérienne nationale marocaine. Sur X, une journaliste kényane connue sous le nom de Juma G a tweeté que RAM avait demandé à ces supporters de réclamer des remboursements, «des remboursements qui pourraient ne jamais être traités», ajoutait-elle. Elle a également affirmé que les autorités marocaines avaient «coupé le Wi-Fi de l'aéroport et déployé des forces de sécurité à l'intérieur de l'aéroport». Une portée considérable Le tweet a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, particulièrement parmi les utilisateurs sénégalais et plus généralement subsahariens, qui l'ont massivement retweeté et partagé. Il a atteint environ un million de vues, avec 7 400 partages, plus de 500 réponses et 20 000 likes. Cette réaction souligne la gravité du post, qui laissait entendre une «hostilité» et des «représailles» envers les supporters africains après la victoire du Sénégal sur le Maroc, dans un climat déjà tendu. Ce récit a été relayé dans de nombreux autres posts citant le tweet de Juma G. Certains ont même traduit ces affirmations en français pour toucher un public plus large. Un post sur X déclarait que «le Maroc montre de l'hostilité envers les ressortissants d'autres pays africains, notamment les Egyptiens, en modifiant et annulant leurs vols». Revenant sur la prétendue coupure du Wi-Fi, d'autres posts ont affirmé que les voyageurs nigérians ont été «obligés de présenter leurs passeports pour prouver qu'ils n'étaient pas sénégalais». Ces publications ont également rencontré un large écho, certaines atteignant près d'un million de vues, en plus de milliers de partages, de likes et de commentaires. Plusieurs personnes ont rapporté que Royal Air Maroc a annulé des vols en direction de pays africains. Des policiers font des contrôles au faciès et demandent si les personnes sont sénégalaises ou non avec hostilité. Ces gens ne doivent plus organiser aucune compétition… https://t.co/2wFBRfIloz — Congaanel ✊??? سامبا (@congaanel) 20 janvier 2026 Aucune preuve à l'appui De nombreux commentaires ont critiqué la «décision» de RAM et fustigé les autorités marocaines, certains allant jusqu'à affirmer que «le Maroc ne devrait plus jamais accueillir un tel tournoi». Certains commentaires étaient plus virulents, contenant des insultes et des remarques haineuses et racistes visant à la fois les Marocains et les Africains subsahariens. Malgré l'ampleur de l'impact et le volume de réactions suscitées, le post de Juma G, ainsi que d'autres relayant les mêmes informations, n'ont présenté aucune preuve ni cité de source officielle. So Morocco is being very hostile to other African nationals, including Egyptians, by shifting and canceling their flights and asking them to apply for refunds, refunds they do not even know when will be processed. They switched off the airport WiFi and deployed military and… — ??? ??????? ???? ?? (@GeneralSnow_) 19 janvier 2026 La réponse de RAM Le récit a été formellement démenti par RAM le lendemain, qui a répondu directement au tweet incriminé. «Après avoir examiné votre post et vérifié les opérations de Royal Air Maroc cette semaine, y compris en période de fort trafic, nous confirmons que les vols ont fonctionné normalement.» RAM a ensuite réfuté chaque allégation du post viral, affirmant que «les opérations à l'aéroport de Casablanca ont été fluides, sans panne d'internet ni problème de sécurité signalé». «Dans l'ensemble, les opérations se sont déroulées normalement cette semaine», a conclu la compagnie, rassurant ainsi les voyageurs. Upon reviewing your post and after verifying Royal Air Maroc operations this week, including a period of high traffic, we confirm that flights have been operating normally. No cancellations were recorded, except in very rare cases due to major operational constraints such as… — Royal Air Maroc (@royalairmaroc) January 21, 2026 Mais malgré ce démenti, le mal est fait. La déclaration de Royal Air Maroc n'a été vue que 150 000 fois, comparé au million de vues du post initial. Pire encore, bien que le post ait été supprimé après les clarifications de RAM, il a été retiré sans aucune excuse ou rectification, malgré les conséquences potentielles qu'un tel tweet peut engendrer en ligne et hors ligne. Les fausses allégations d'une supposée hostilité du Maroc ou des Marocains après la finale de la CAN ont débordé sur des violences réelles. À Dakar, par exemple, après le penalty accordé au Maroc, un café appartenant à un Marocain et accueillant des supporters marocains a été attaqué par des fans sénégalais en colère, causant d'importants dégâts matériels. À Fès, des vidéos ont montré des affrontements entre étudiants subsahariens et marocains, après la finale tendue de dimanche.