À l'approche de discussions décisives avec l'Union européenne sur les accords agricole et de pêche et tirant les leçons de la victoire au forceps, le 26 novembre au Parlement européen, le Maroc muscle sa stratégie d'influence à Bruxelles. DR ‹ › À Bruxelles, Rabat renforce sa communication en s'entourant d'experts ayant travaillé pour Barack Obama et Joe Biden, comme le révèle Africa Intelligence. Depuis plusieurs années, le royaume cherche à se doter d'un lobbyiste capable de défendre ses intérêts au sein des institutions européennes, notamment dans le secteur agroalimentaire. Selon le registre européen des activités de lobbying, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a signé, le 22 janvier, un contrat avec le cabinet suisse Boldt BPI. John Duhig, un communicant chevronné ayant collaboré avec les administrations Obama et Biden, est chargé de gérer le dossier marocain au sein de cette société. En mai 2020, le Maroc avait déjà confié la défense de ses intérêts à Washington au cabinet Park Group, réputé proche du Parti démocrate. Ce cabinet avait été fondé par d'anciens conseillers de députés démocrates, dont Michael Feldman, consultant pour Al Gore lors de la campagne présidentielle de 2000. Préparer le terrain pour les accords agricole et de pêche Le nouveau partenariat avec Boldt BPI vise à «promouvoir et développer une coopération économique plus étroite, conforme aux intérêts mutuels du Maroc et de ses partenaires étrangers», en mettant l'accent sur les échanges commerciaux, la coopération financière, industrielle et les investissements. Une attention particulière est accordée à la stratégie de l'Union européenne pour le partenariat avec le voisinage Sud et à l'accord d'association euro-méditerranéen entre le Maroc et l'UE. Africa Intelligence rappelle que le Maroc avait précédemment sollicité les services des cabinets de lobbying SEC Newgate EU (Italie) et Rud Pedersen (Scandinavie). En mars 2025, ce dernier avait été la cible d'une campagne de harcèlement menée par des eurodéputés proches du Polisario, peu après la visite, le 16 février, de Nikolas Nyrop, président de l'ONG danoise Global Aktion, dans les camps de Tindouf. Cette ONG avait accusé, à tort, le Maroc d'avoir incendié son siège à Copenhague. En recrutant Boldt BPI, Rabat espère «gagner de nouveaux appuis au Parlement européen», alors que le Maroc et la Commission européenne examinent deux protocoles stratégiques : l'un sur les échanges agricoles et l'autre sur la pêche. La question de l'association entre les deux parties a été abordée lors de la réunion du 22 janvier à Bruxelles des représentants permanents des Vingt-Sept (Coreper). Cette rencontre faisait suite à celle du 15 janvier à Rabat du Comité d'association Maroc-UE, axée sur «le partenariat et un dialogue politique serein sur les questions bilatérales, régionales et internationales d'intérêt commun», selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères publié sur les réseaux sociaux. Une nouvelle réunion du Comité d'association est prévue le 29 janvier à Bruxelles. Pour rappel, le Parlement européen avait rejeté de justesse l'accord agricole provisoire signé le 3 octobre entre le Maroc et l'Union européenne, qui incluait les produits originaires du Sahara occidental.