Les intempéries dans le nord du Maroc ont touché le chef-lieu de la production de fruits rouges. Nombre d'agriculteurs voient leurs exploitations submergées et leurs serres endommagées. Les pertes de production sont estimées à environ 10%, avec un impact sur l'approvisionnement au début du ramadan et sur les prix. DR ‹ › Les inondations et les intempéries dans le nord du Maroc ont frappé le cœur de la région des fruits rouges du pays. A Kénitra, Sidi Slimane et Larache, les agriculteurs font état de pertes significatives. Des vents violents ont déchiré les serres et certaines fermes ont été complètement inondées, a déclaré à Yabiladi ce lundi Amine Bennani, président de l'Association marocaine des producteurs de fruits rouges. Evaluant l'impact sur la production de cette saison, il a indiqué que «les pertes pourraient atteindre jusqu'à 10% du volume de la saison dans le nord». Les dégâts surviennent à un moment critique, puisque ces inondations ont eu lieu au tout début de la saison de production. Alors que les conditions météorologiques s'améliorent et que les riverains évacués temmporaiement rentrent chez eux, après deux semaines d'alertes sévères, les agriculteurs ont repris du service. «Depuis jeudi dernier, les producteurs sont revenus à leurs exploitations pour évaluer les dégâts et relancer la production dès que possible», a expliqué Bennani. Au-delà des dommages matériels causés par ces conditions exceptionnelles, les pénuries de main-d'œuvre pèsent également. «Tout le périmètre de Ksar El Kébir a été fermé, ne laissant personne disponible pour travailler», a-t-il ajouté. Exportation, ramadan et soutien gouvernemental Bien que les exportations n'aient pas été interrompues, elles ont été affectées. «Le fait que des fermes soient endommagées et submergées aura certainement un impact sur la quantité disponible pour l'exportation», a déclaré Amine Bennani. Selon lui, «nous connaissons actuellement un retard de 40% dans les exportations par rapport à l'année dernière». Cette situation devrait également affecter le marché intérieur. A l'approche du mois de ramadan, période marquée par une hausse de la consommation de fruits rouges, Amine Bennani reconnaît qu'il y aura «certainement un impact pendant la première semaine de Ramadan, tant en termes de quantité que de prix». POur autant, il a exprimé son espoir que «la situation se stabilisera dans les semaines à venir». Concernant le soutien gouvernemental, annoncé la semaine dernière dans le cadre d'un plan d'aide de 3 milliards de dirhams pour les provinces sinistrées, Amine Bennani a confirmé que le ministère de l'Intérieur avait commencé un recensement des agriculteurs affectés. «Mais nous ne savons toujours pas quelles seront les prochaines étapes, ni quand elles seront mises en œuvre», a-t-il noté. Des dégâts liés aux inondations dans le secteur des agrumes Les dégâts liés aux crues dans le Gharb ne se limitent pas aux fruits rouges. Elles touchent également le secteur des agrumes. La Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc Citrus) a fait savoir que les intempéries ont endommagé beaucoup de fruits, en particulier les variétés d'oranges. Selon un communiqué de presse, «près d'un tiers des surfaces plantées sont en danger, car une stagnation prolongée de l'eau pourrait causer une asphyxie des racines, entraînant potentiellement la perte d'un nombre significatif d'arbres». Maroc Citrus a ajouté que la situation affecterait le chiffre d'affaires des producteurs et leur capacité d'exporter pendant la campagne en cours, avec des conséquences directes sur l'emploi agricole dans les zones touchées. En réponse à l'impact agricole plus large, le plan de soutien du gouvernement inclut un programme de plantation adapté aux conditions spécifiques des provinces concernées. L'initiative couvre les cultures oléagineuses, céréalières et fourragères. Elle prévoit aussi une aide pour l'achat de semences et d'engrais afin d'aider les agriculteurs à rattraper le temps perdu.