Jose Manuel Albares, ministre des Affaires étrangères espagnol / DR ‹ › Prise de bec entre Melilla et Madrid. Le gouvernement de Melilla a démenti, lundi 9 mars, les déclarations du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, concernant l'ouverture et le fonctionnement normal de la douane commerciale avec le Maroc, rapporte l'agence de presse EFE. Lors d'une interview le 22 février, le chef de la diplomatie espagnole avait affirmé qu'«à Melilla et Ceuta, des bureaux de douane fonctionnent normalement, une première historique». De son côté, Sabrina Moh, déléguée du gouvernement à Melilla, avait précédemment annoncé que 46 cargaisons commerciales avaient transité par la douane depuis le début de l'année. «Le bureau des douanes commerciales est fermé depuis août 2018, soit près de huit ans. Le gouvernement prétend qu'il fonctionne normalement, mais ce n'est qu'un mensonge de plus, et une véritable escroquerie envers tous les habitants de Melilla.», a déclaré le numéro deux de l'exécutif local. Il a également déploré que le passage de marchandises sous régime de passagers de Melilla vers le Maroc «continue d'être entravé», contrairement au flux inverse, ce qui «nuit encore davantage à l'économie de la ville, aux travailleurs indépendants, aux commerçants et aux restaurateurs de Melilla». Le débat sur la douane a été ravivé après une intervention de la Coalition pour Melilla (CPM), principal parti d'opposition représentant une partie significative de la population autochtone musulmane. Le parti a proposé de soutenir le gouvernement local pour exiger de l'Etat un mécanisme permettant aux entreprises locales d'accéder à des informations «fiables, régulières et accessibles» sur l'activité douanière. Toutefois, le vice-président de Melilla, membre du Parti populaire, a rétorqué que cette responsabilité incombait exclusivement au gouvernement central espagnol.