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De Montréal à Marseille, la mort d'une dame ou les violences sur un chaton déclenche la même haine raciste [Edito]
Publié dans Yabiladi le 03 - 02 - 2014

Jeudi dernier, une Marocaine a perdu la vie étranglée par son voile dans une station métro à Montréal. Vendredi à Marseille, la police écrouait le jeune Farid pour avoir violenté un chaton et publié les vidéos sur les réseaux sociaux. Deux affaires qui n'ont rien en commun, mais qui ont suscité le même déferlement de propos racistes au Québec et en France, la première à cause du voile, la deuxième du fait de l'origine ethnique du jeune immigré. Détails.
«Quelle est cette manie à instrumentaliser les événements, même les plus tristes ?», pourrait-on s'interroger au vu de ce qui se passe sur la toile depuis plusieurs jours.
A Montréal, le décès d'une marocaine – Naima Rharouity - étranglée par son voile qui s'est accroché à l'engrenage d'un escalator, dans une station métro a déclenché des réactions auxquelles on s'attendrait le moins dans de telles circonstances. Si l'accident aurait pu arriver à n'importe qui portant une cravate ou un châle, beaucoup se sont focaliser sur la nature islamique du foulard de la défunte. Au lieu d'une empathie, la famille Rharouity – qui sombre actuellement dans la douleur - a eu droit à une série de propos islamophobes. Affligeant.
Un journaliste québécois s'est attiré les foudres des internautes racistes en dénonçant, dans un édito, l'attitude de nombreux Canadiens dans une circonstance aussi triste. Il s'est mis à la place des deux petits orphelins laissés par Mme Rharouity, imaginant quel sera leur désarroi quand, devenus plus grands, ils se rendront compte de la cruelle instrumentalisation dont la mort subite, accidentelle et tragique de leur maman a fait l'objet. D'ailleurs la nièce de la défunte, interrogée par CTV News, a déclaré choquée : «une personne décédée est un être humain, qu'il soit musulman ou non, un être humain. Comment peut-on dire des choses de ce genre ?».
Une stigmatisation de ce genre, les maghrébins de France ont été sujets ce week-end. A Marseille, le jeune Farid Ghalis est écroué depuis vendredi, pour avoir posté sur les réseaux sociaux des vidéos de lui, en train de violenter un chaton. La Police a pu mettre la main sur lui grâce aux alertes des internautes choqués par ses actes.
Farid a reconnu les faits qui lui sont reprochés et vient d'être condamné ce lundi, à 1 an de prison ferme et maintenu en détention. La différence avec le drame survenu au Canada, tient évidemment à la condamnation immédiate de cette violence envers un animal. Néanmoins, que vient faire l'origine ethnique dans l'acte idiot et abjecte perpetré par ce jeune homme ? De nombreux internautes se sont ainsi permis un déluge de propos xénophobes contre le jeune, sa famille et les maghrébins en général.
D'autres jeunes poursuivis pour les mêmes actes, cela ne dit rien à personne
En France, la Police Nationale a appelé au calme en vain puisque le déferlement de haine continue. Tandis que la Fondation Brigitte Bardot a appelé ses sympathisants «à ne pas tenir de propos racistes, d'incitation à la haine ou promouvoir des idées politiques». L'ONG a rappelé au passage que les jeunes immigrés ne sont pas les seules concernés par ce type d'affaire, citant le cas de trois jeunes garçons originaires du Sud de la France, qui sont actuellement entre les mains de la justice pour avoir torturé à mort un agneau «en lui faisant subir les pires atrocités». Et dire que cela est passé totalement inaperçu, sans susciter le moindre commentaire de la part des défenseurs des animaux.
Face au silence des autorités québécoises, le CQCI monte au créneau
Au Québec cependant, les autorités sont restées totalement muettes, du moins officiellement, par rapport à cette profonde haine raciste exposée sur les réseaux sociaux suite au décès de Naima Rharouity. Le Collectif québécois contre l'islamophobie (CQCI) est monté au créneau depuis vendredi dernier et dénonce «la couverture médiatique sensationnaliste de certains médias (titres provocateurs) ainsi que les commentaires islamophobes émis sur les réseaux sociaux et dans certaines tribunes des médias de masse québécois».
D'après le CQCI, «on aurait eu une montée aux barricades des chroniqueurs, éditorialistes et politiciens, Si ces commentaires étaient destinés à d'autres minorités au Québec. Par contre, lorsqu'il s'agit des musulmans, l'indifférence est de mise». Ce n'est pas très surprennant, au moment où le débat autour de la Charte des valeurs bas son plein et que les autorités québécoises tentent par tous les moyens de démontrer le bien fondé d'une réglementation discriminatoire, selon plusieurs membres de la communauté musulmane.
Une fois de plus, les musulmans ou les arabes, en Europe comme en Amérique du Nord, pour peu qu'ils soient concernés par un drame ou un délit, déclenchent le même déluge de xénophobie. C'est dire à quel point des débats politiques autour de l'islam et de l'immigration ont plus servi à libérer la parole raciste, qu'à instaurer un climat d'échange et de compréhension. Une bien triste réalité qui donne raison à Samuel Huntington.


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