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Rif : D'encombrants "militants" des droits de l'Homme inquiétés par la justice
Publié dans Yabiladi le 18 - 02 - 2014

Said Chramti est derrière les barreaux. Ce membre influent au sein du Comité national pour la libération de Sebta et Melilla est poursuivi par la justice marocaine, non pas pour sa participation, en octobre 2012, à l'attaque aux jets de pierres sur des policiers espagnols, mais pour d'autres chefs d'inculpations. Il est mis en cause, notamment pour «atteinte à un corps constitué», «port visible d'arme» et «violation du code de la presse».
Arrêté dans le sillage de la tentative des Syriens de forcer le passage à Melilla
L'arrestation de Chramti remonte au jeudi 12 février. Ce jour-là, il aurait montré davantage de zèle en soutenant ouvertement la tentative des réfugiés syriens de forcer le passage de Béni Nsar pour entrer à Melilla. Suite à son intervention en faveur des Syriens, la police sur instruction du parquet a immédiatement, ordonné son interpellation pour les besoins d'un interrogatoire.
Les poursuites ne traineront pas. Le lundi 17 février, s'est ainsi ouvert au tribunal de première instance de Nador, le procès de Chramti. La cour a décidé de répondre favorablement à la requête de la défense du prévenu de lui accorder davantage de temps en vue de prendre connaissance des charges qui pèsent contre son client. Elle a du coup, reporté l'examen du dossier au jeudi 20 février, soit un délai de seulement 3 jours.
L'association de Yahya opte pour le silence
Contrairement aux précédentes fois, le président de l'association grand Rif des droits de l'Homme (AGRDH) fait face à de lourdes accusations. Il n'est plus dans le cadre d'une action revendicative de la marocanité des territoires de Sebta et Melilla ou d'une protestation contre des policiers espagnols. Il est cette fois, en confrontation directe avec les autorités marocaines.
Par ailleurs, un communiqué de l'ONG (AGRDH) que préside Chramti a justifié son arrestation par «les cas de crimes commis par la sûreté nationale sur les réfugiées syriennes et leurs enfants qu'il a d'ailleurs relevés». Le texte ajoute que ces femmes auraient été victimes de torture dans un commissariat de police.
En revanche, il semble que le Comité pour la libération de Sebta et Melilla, dirigé par le très controversé sénateur Yahya Yahya aurait pris ses distances avec Chramti. Jusqu'à présent, le comité n'a publié aucun communiqué dénonçant l'arrestation du bras droit de Yahya.
La déconvenue de Chramti n'est pas sans rappeler celle d'un autre président d'une association locale. Il s'agit de Faiçal Marsi, de l'Organisation unies des droits de l'Homme et des libertés publiques, créée en 2009. La semaine dernière, le tribunal de première instance de Nador à condamné Marsi à 6 mois de prison ferme dans une affaire d'escroquerie. Le nom de cette ONG était sorti de l'anonymat après le dépôt de plainte contre trois adolescents à Nador, auteurs du baiser posté sur facebook. Il semblerait que Chramti, comme Marsi, soient devenus encombrants pour les autorités marocaines.


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