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Campus #5 – Sénégal : L'expérience estudiantine de deux Marocains à Dakar
Publié dans Yabiladi le 29 - 04 - 2017

En février dernier, un étudiant marocain en médecine dentaire a été assassiné à Dakar. L'histoire a beaucoup fait réagir au sein de la communauté marocaine au Sénégal. Au delà de ce drame, de nombreux étudiants marocains ont choisi avec bonheur le pays de la Terranga.
Nombreux sont les étudiants marocains à opter pour le Sénégal afin de poursuivre leurs études de médecine à l'université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. A l'occasion de notre série mensuelle «Campus», deux Marocains ont accepté de témoigner leur expérience estudiantine dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Iliass, 24 ans, est en cinquième année de médecine à Dakar. Il a choisi médecine par passion pour le milieu médical : «J'ai toujours voulu faire quelque chose en rapport avec le domaine médical. Malheureusement, je n'ai pas été accepté à la faculté de médecine de Rabat», indique le Rbati. L'université Cheikh Anta Diop l'a accueilli «à bras ouverts» pour entamer son parcours universitaire en 2011. Rania, 25 ans, dit avoir obtenu d'excellents résultats au baccalauréat. Faute de moyens financiers, elle n'a pas pu continuer ses études en France. En 2010, elle a opté pour une école de commerce sur trois ans.
Des points de vue opposés sur l'expérience sénégalaise
Chacun d'entre eux a un parcours différent et met en lumière des perceptions complètement opposées de leur expérience au Sénégal. Pour Iliass, les premiers mois ont été très durs. Confronté à l'indépendance dans un pays étranger, le jeune homme s'isole pendant un an. «Loin de mes proches et de mes amis, avec un style de vie totalement différent, je ne me sentais pas en sécurité. J'étais anxieux à l'idée d'aller découvrir d'autres quartiers de Dakar», confie-t-il. Faire les courses s'est aussi avéré un casse-tête pour Iliass. L'étudiant ne savait pas où se procurer les produits qu'il avait l'habitude de manger. Pour pallier la perte de repères, «mes parents m'envoyaient des colis avec ce dont j'avais besoin.»
Rania a un point de vue plus optimiste sur son expérience estudiantine au Sénégal. Née en Côte d'Ivoire de parents marocains qui s'y étaient expatriés, la jeune femme garde un bon souvenir du pays : «Au moment où je suis arrivée, le Sénégal était connu comme étant un pays d'accueil des étudiants marocains. J'ai donc intégré, sur concours, le campus dakarois d'une école de commerce française», explique-t-elle. Rania débarque en 2010 dans une ville où elle ne connaît personne et s'installe dans un logement chez une famille sénégalaise. «La porte des propriétaires m'était toujours ouverte si je souhaitais descendre regarder la télé avec eux, discuter ou si j'avais besoin d'un ingrédient de cuisine par exemple. Il existe une belle fraternité entre Marocains et Sénégalais.»
La marocco-ivoirienne a dû s'adapter à la langue locale, ce qui n'a pas été évident. «J'ai trouvé difficile d'être 'obligée' d'apprendre un peu le wolof pour échanger, surtout avec les taxis. Le dialecte y est très présent (un peu comme le darija au Maroc), donc il faut s'adapter rapidement pour vraiment s'intégrer dans le quotidien sénégalais», explique-t-elle. Quand elle marchait dans la rue, Rania avait parfois tendance à tendre l'oreille pour entendre quelques bribes de darija : «C'était drôle, cela me faisait du bien parfois de croiser d'autres compatriotes.»
Rania sur l'île de Gorée au Sénégal. / Ph. Rania
«Si c'était à refaire, je signerai tout de suite»
L'assassinat, le 25 février dernier, de Mazine Shakiri, un étudiant marocain à Dakar, a choqué la communauté marocaine et (re)lancé le débat sur la sécurité dans la capitale sénégalaise. Mais Rania relativise : «Mon expérience en Afrique de l'Ouest n'est pas vraiment représentative. Les Sénégalais ne sont pas violents, ni particulièrement agressifs». Positive, Rania l'est aussi le racisme : «Ce n'est pas le racisme qui est au cœur de mon récit. On peut être alpagué de temps à autre parce qu'on est nar (arabe), toubab (blanc), niak (autre communauté d'Afrique noire). Parfois, les commerçants peuvent augmenter les prix s'ils sentent qu'on est nouveau, mais c'est souvent dans un esprit bon enfant. Tous les peuples ont des non-dits, il faut simplement garder en tête cette réalité et faire la part des choses.»
Le racisme, Iliass l'a parfois ressenti : «Un gardien de voiture qui t'empêche de te garer là, une secrétaire qui te laisse attendre pendant des heures, puis qui t'envoie balader pendant des jours pour un simple papier, alors qu'elle le fait sur place pour d'autres personnes», raconte-t-il. «On en souffre, certes, mais on peut rien dire car on est dans leur pays.» Iliass ne compte pas faire sa vie au Sénégal car «le manque du pays et de la famille est très présent».
Rania quant à elle y est retournée dans le cadre de son travail. C'est devenu pour elle une «expérience de vie incontournable qui, j'en suis convaincue, a beaucoup déterminé et déterminera la suite de mon parcours professionnel grâce à la richesse de cette expérience africaine. Si c'était à refaire, je signerai tout de suite.»


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