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Des fossiles découverts au Maroc permettent de revisiter l'origine des stylophores
Publié dans Yabiladi le 04 - 02 - 2019

Des fossiles découverts au Maroc ont permis de lever toute ambiguïté sur l'appartenance des stylophores, des animaux de quelques centimètres qui vivaient dans les océans il y a environ 500 millions d'années. Contrairement à ce que pensaient certains scientifiques, ces espèces seraient des «cousins des oursins».
Les stylophores sont des fossiles énigmatiques du Paléozoïque et dont l'origine a fait l'objet de plusieurs thèses. Une nouvelle étude publiée en ce mois de février permet de lever le voile sur le mode de vie et l'appartenance d'un animal ayant également vécu au Maroc.
A l'origine de cette découverte, une étude publiée dans la revue Geobios intitulée «Des parties molles exceptionnellement préservées dans des fossiles de l'Ordovicien inférieur du Maroc clarifient les affinités des stylophores dans les deutérostomes basaux». Elle est signée par plusieurs chercheurs dont les Marocaines Khaoula Kouraïss et Khadija El Hariri, du département des sciences de la terre à la faculté des sciences et techniques (FST) relevant de l'Université Cadi-Ayyad de Marrakech.
Les spécimens étudiés font en effet partie des collections de la FST de Marrakech. Il s'agit, selon l'étude, de stylophores avec des parties molles rassemblées dans une petite excavation le long du flanc ouest de la colline de Bou Izargane, à 18 km au nord de Zagora (anti-Atlas central).
Mais avec leur morphologie bizarre, «avec un seul appendice s'étendant d'un corps principal», un débat animé sur la signification phylogénétique des stylophores, longtemps considérés comme des échinodermes modifiés mais authentiques dotés d'un appendice d'alimentation, secoue depuis plusieurs années la communauté des scientifiques. «Une interprétation plus récente de cet appendice en tant que structure postérieure en forme de "queue" a littéralement mis cet animal au sommet [de la famille à laquelle les scientifiques pensaient qu'il appartenait]», poursuit l'étude.
Les stylophores plus proches des échinodermes
Jusque-là considérés comme des cordés ancestraux ou des échinodermes précoces semblables à un hémichordate, les stylophores ne le seraient finalement pas, indique l'étude.
Celle-ci ajoute que «toute suggestion selon laquelle les stylophores peuvent nous en dire plus sur l'ascendance commune des échinodermes avec d'autres deutérostomes est sérieusement compromise par la preuve irréfutable que de telles conclusions reposent sur une reconstitution qui met l'animal dans le mauvais sens».
Des exemples d'échinoderme. / Ph. DR
La nouvelle étude, réalisée à partir de travaux menés sur les fossiles découverts au Maroc, permet d'apporter de nouvelles preuves sans équivoque que l'appendice stylophorique est un bras nourricier d'échinoderme (de morphologie comparable à celle d'un bras nourricier de crinoïde) et non une queue (ou une tige) semblable à un hémichordate. C'est grâce en effet à une technologie de pointe que les scientifiques ont découvert des «traces de tissus mous dans les stylophores en conjonction avec les moisissures squelettiques». «Cela favorise un lien avec les échinodermes plutôt que des affinités analogues avec les hémichordates», conclut l'étude.
Un fossile découvert au Maroc. / Ph. DRUne fossile découverte au Maroc. / Ph. DR
«Leur squelette, constitué de multiples plaques, évoque plutôt celui des échinodermes (oursins, étoiles de mer), bien qu'il soit dépourvu de leur symétrie caractéristique», résume pour sa part le média Techno-science, qui affirme que les stylophores seraient finalement des «cousins des oursins».


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