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La région de Doukkala-Abda : Développement à marche forcée
Publié dans Yabiladi le 25 - 02 - 2012

A une heure de route à peine de Casablanca commence la région Doukkala-Abda qui s'étend de l'Oum-Er-Rbia à l'Oued Tensift. Son développement, par le biais des infrastructures routières et de la zone industrielle de Jorf Lasfar, ne se fait pas sans douleur pour ses habitants et leur environnement.
La région Doukkala-Abda n'a été créée dans ses frontières actuelles qu'en 1997, mais elle se projette aujourd'hui vers un développement intégré. Cette année seront lancés les travaux d'un nouveau tronçon d'autoroute allant d'El Jadida à Safi qui doivent aboutir en 2015. La route de Safi à Marrakech sera élargie en voie rapide
Seulement aux premiers stades de leur conception, ces infrastructures semblent déjà influencer le secteur immobilier. Sur la côte, la chasse aux derniers «paradis pas chers» est lancée. «Depuis 2002, les prix du m² sur la côte ont flambé, rapporte Mohamed Lemrabet, directeur du Centre Régional d'Investissement (CRI) de Safi, ils ont été multipliés par 20, 30, parfois 100, sans rebaisser réellement. Aujourd'hui, les terrains se vendent moins bien, mais les propriétaires préfèrent attendre plutôt que de baisser les prix». Témoignage de Mohamed, habitant de Souiria Lakdima, petite station balnéaire à 35 km au sud de Safi : «il y a 6 ans, il n'y avait que le village de pêcheurs, les terrains étaient presque offerts. Des terrains qui étaient à 10 000 DH ont augmenté jusqu'à 300 000 DH en 2008-2009, pour retomber à 150 000 aujourd'hui». De petites villas parsèment aujourd'hui le bord de mer. Souvent vides en hiver, elles sont louées en été. Les constructions se poursuivent.
L'autoroute pour 2015 et à quand la fin du trafic de sable ?
Avec le secteur tertiaire, les entreprises de bâtiment représentent la majeure partie des plus de 18 000 entreprises crées depuis 10 ans, explique le président du CRI. Qui dit bâtiment, dit matériaux de construction et notamment sable. Son exploitation, pourtant réglementée, donne lieu à de nombreux abus. «Les propriétaires de terrains ont le droit d'exploiter le sable 3 jours par semaine et à une certaine profondeur par rapport à la surface seulement. Au-delà, le sol [et donc le sable, ndlr] appartient à l'Etat», explique Hamid, un employé de la commune rurale Lamâachate.
Les contrôles sont difficiles et ne sont pas effectués de manière systématique. Les camions benne sillonnent la route côtière dans la région de Safi, particulièrement entre Cap Beddouza, région d'exploitation, et Safi, où est vendu le sable. «A cause des camions de sable, cette route est l'une des plus dangereuses au Maroc, indique Karim, gendarme stationné dans la région. Les camions endommagent la route, et en plus, la nuit, pour ne pas se faire repérer, les trafiquants roulent sans lumière et enlèvent les plaques de leurs camions. Quand il y a des barrages routiers, certains n'hésitent pas à les forcer». Comment y remédier ? «Tant qu'il y aura autant de constructions...», soupire le gendarme.
Jorf Lasfar et ses sacrifiés
La vitrine du développement économique de la région de Doukkala-Abda se situe à quelques kilomètres au sud d'El Jadida : le port et le parc industriel de Jorf Lasfar et la zone industrielle. Les chiffres sont impressionnants. Au 500 ha du parc industriel, pouvant accueillir jusqu'à 250 entreprises, s'ajoutent 117 ha de la zone industrielle. Le port vient d'être élargi d'un troisième terminal polyvalent en eau profonde, et se place, aujourd'hui, troisième après Casablanca et Tanger Med, en termes d'activité portuaire.
Une industrie de dérivées du phosphates s'est implantée et continue de croître dans le parc industriel, avec, dernier exemple de taille, le lancement d'une usine brésilienne-marocaine Bunge Maroc Phosphore, pour laquelle l'investissement s'élève à 2,7 milliards de dirhams (lien : economiste http://www.leconomiste.com/article/889850-jorf-lasfar-un-vrai-pole-industriel) «De nombreuses entreprises internationales s'établissent à El Jadida», explique Mohamed Lemrabet. Pfizer, Nestlé, Lafargue... «souvent, ces entreprises ont déjà un bureau à Casablanca», ajoute-t-il. La proximité de la capitale économique, les infrastructures locales, et des coûts de production moindres motivent la décision des entreprises de s'installer ici. «Le parc industriel est déjà saturé en terme de demandes», selon Lemrabet, qui indique, toutefois, que le site reste «extensible».
Ce point inquiète les habitants des Douars avoisinants. Abdeslam Lassal membre de la section El Jadida de l'Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) et membre du bureau central, révèle que la construction de l'actuel parc industriel ne s'est pas faite sans conflits. Le terrain était habité, mais «l'Etat leur [les habitants des douars] a arraché leur terre par la force», explique le militant. «Dans le privé, les terres coûtent 4000 à 5000 DH le m², mais pour des relogements, l'Etat dédommage à hauteur de 150 à 300 DH/m²».
L'AMDH suit les dossiers de ceux qui n'ont pas voulu accepter les dédommagements. Certains ne sont toujours pas résolus. «Quand des bidonvilles se forment, l'Etat ferme les yeux, certains agents se laissent corrompre, mais quand les terrains doivent être construits, tout est détruit par la force», regrette-t-il.
Parfois, pourtant, les forces de l'ordre ne parviennent pas à leur but. Un jour, un douar au bord de la route côtière près de Moulay Abdellah devait être détruit. Une grande manifestation a été organisée et les 800 forces de l'ordre n'ont pu déloger les manifestants, raconte Abdeslam Lassal.
A part le délogement, l'AMDH considère la pollution comme le grand problème des habitants avoisinant les zones industrielles. «Toutes les entreprises ne respectent pas les normes internationales. Des gaz et des rejets à la mer de matières nocives comme l'ammoniac mettent directement en danger les habitants», explique Si Assal. L'envers du décor.
Emplois et production par secteur
Le HCP estime le taux de chômage à 7,3% au niveau régional, sur une population d'un peu plus de 2 millions d'habitants à majorité rurale. Le taux de chômage atteint un pic de 40,2% pour les jeunes de 15-24 ans en niveau urbain. Pour cette catégorie de la population, le taux d'activité n'est que de 32%. Les adultes entre 35 et 44 ans en milieu rural enregistrent le plus haut taux d'activité (79%), avec une moyenne régionale de 57,5%.
Une majorité d'emplois se situent logiquement dans le secteur primaire : agriculture, forêt et pêche (440 000 emplois), suivi des services (195 000 emplois) et de l'industrie, y compris le bâtiment (112 000 emplois).
Dans l'industrie, l'agro-alimentaire compte le plus grand nombre d'établissements industriels, mais la chimie et parachimie est le plus secteur le plus important par sa production. Le chiffre d'affaires total des 281 unités industrielles enregistrées en 2008 était de 47 milliards de dirhams, dont 27 milliards d'exportations.


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