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ESPAGNE-MAROC : Un tunnel pour relier l'Europe et l'Afrique
Publié dans Agadirnet le 02 - 02 - 2007

Longtemps resté en veilleuse, le projet de construction d'un tunnel ferroviaire reliant l'Espagne au Maroc est de nouveau à l'ordre du jour. Défi technique, humain et financier, mais surtout symbole d'espoir de rapprochement des continents et des civilisations.
Rattacher l'Europe à l'Afrique, c'est le "dixième des douze travaux d'Hercule". "Et ce qui semblait un rêve irréalisable pourrait bientôt se transformer en réalité", souligne le quotidien de Rome La Repubblica. En effet, l'Espagne et le Maroc avancent résolument vers un accord sur la construction d'un tunnel sous la Méditerranée. La distance qui sépare les deux continents au niveau du détroit de Gibraltar n'est que de 14 kilomètres, mais, la profondeur des eaux à cet endroit ne permettant pas de faire des travaux d'ampleur suffisante, il s'agira donc de construire un tunnel long de 40 kilomètres un peu plus à l'ouest. Et ce sera un tunnel ferroviaire.
Ce choix d'une liaison ferroviaire plutôt que routière s'explique par des raisons de sécurité, mais aussi d'environnement. Les conditions de réalisation sont plus complexes que pour le tunnel sous la Manche, ouvert en 1994. Ainsi, étant donné la perméabilité du plancher maritime dans cette zone, le tunnel du détroit de Gibraltar devra être creusé très en profondeur, plus que celui sous la Manche.
Le creusement d'un tunnel de service pourrait débuter en 2008-2009, mais en tout état de cause le chantier s'achèverait au mieux en 2025.
"C'est un défi sans précédent en termes de construction de grandes infrastructures, à la limite de ce qui est techniquement possible. En comparaison, le tunnel sous la Manche était un jeu d'enfant", déclare Giovanni Lombardi au quotidien espagnol El País. Âgé de 80 ans, cet ingénieur suisse n'en reste pas moins une référence en matière de construction et il a, l'automne dernier, été désigné chef de l'avant-projet technique du tunnel de Gibraltar. "Il sait de quoi il parle, lui qui a construit ou assisté le creusement de plus de 100 kilomètres de tunnels, en commençant par le célèbre tunnel du Saint-Gothard, en Suisse", rappelle le journal.
Si la construction du tunnel sous la Manche est un précédent utile sur le plan technique, il l'est tout autant comme contre-exemple financier. "Le déficit créé à cette occasion a été très important. Les investisseurs privés, qui ont payé la plus grosse part des 15,4 milliards d'euros de coût, ont subi de lourdes pertes ; l'opérateur, Eurotunnel, a été au bord de la banqueroute pendant des années", note le Washington Post. Or, le coût du tunnel sous Gibraltar est actuellement estimé à environ 18 milliards d'euros.
El País souligne également la difficulté et l'importance d'évaluer le trafic futur. "Il n'y a pas que la géologie et les profondeurs marines qui sont différentes entre le tunnel sous la Manche et celui sous Gibraltar. Il existera aussi des différences de nature et de densité du trafic de passagers et de marchandises", note le quotidien espagnol. Le flux entre le Royaume-Uni, d'un côté, et la France et ses voisins continentaux, de l'autre, ne peut pas être comparé avec le trafic qui circulera éventuellement entre l'Espagne et le Maroc. Ce dernier flux dépendra pour beaucoup de l'ouverture de la frontière entre le Maroc et l'Algérie, et il connaîtra également des pics de fréquentation, comme en été, avec le retour des immigrés pour les vacances.
"C'est à l'Europe que le tunnel profitera le plus", assure pour sa part Chafik Jilali, le responsable marocain du projet, interviewé par Maroc-Hebdo. "Selon nos prévisions de trafic, deux tiers des passagers et trois quarts des marchandises qui vont transiter par le tunnel viendront de l'Europe." Ce qui justifie, selon Jilali, que les Européens investissent beaucoup. Le projet ne profiterait au Maroc et à l'Espagne qu'en second lieu. "Néanmoins, une chose est certaine, le projet de liaison fixe placera ces deux pays au cœur des échanges commerciaux entre l'Europe et l'Afrique, et les impacts seront énormes sur tous les plans : investissement, création d'emplois et création de richesse."
Né il y a un quart de siècle, le projet de liaison terrestre entre l'Europe et l'Afrique passant sous Gibraltar a une dimension symbolique indéniable. "Entre l'Espagne et le Maroc, l'histoire est riche de rencontres, de croisements, de métissage et d'échanges", rappelle l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun dans La Repubblica. "La présence hébraïque et arabo-musulmane en Andalousie a marqué l'histoire de l'Occident. Rapprocher physiquement les deux entités géographiques serait une tardive mais magnifique riposte au fanatisme de l'Inquisition. Construire un pont ou un tunnel ne signifie pas que la circulation entre les deux pays sera libre et sans limites, mais il est évident que cette ouverture bouleversera la politique européenne, qui ces derniers temps a délaissé le sud pour se focaliser sur l'est."


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