Les candidats à la primaire socialiste pour la présidentielle en France, portés par la victoire de la gauche au Sénat, se retrouvaient mercredi soir pour une nouvelle confrontation télévisée, à onze jours du scrutin, alors que François Hollande creuse l'écart dans les sondages. Trois thèmes devraient être abordés lors de ce débat organisé conjointement par les télévisions i-Télé et LCP, la radio Europe 1 et le quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France de 16H00 à 18H00 GMT: les questions économiques, sociales et de société. Le premier débat, globalement policé, avait réuni le 15 septembre 4,9 millions de téléspectateurs (22,1% de part d'audience), suscitant l'enthousiasme des socialistes qui espèrent préserver leur unité et créer une dynamique autour du candidat qui sera choisi lors du scrutin organisé les 9 et 16 octobre. François Hollande est toujours largement en tête des sondages: selon une enquête publiée mardi, il recueillerait 43% (-1 point par rapport à début septembre) des intentions de vote des sympathisants de gauche, contre 30% pour Martine Aubry. La candidate malheureuse à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, est très loin (11%, -2) rattrapée par Arnaud Montebourg (10%, +2). Ce deuxième débat survient alors que la droite française a subi un revers historique avec la perte de la majorité au Sénat, dimanche dernier, très sévère avertissement avant l'élection présidentielle d'avril et mai prochains. La primaire socialiste, ouverte à tous les sympathisants de gauche et pas seulement aux adhérents du parti, est une initiative inédite en France. Les responsables du parti espèrent plus d'un million d'électeurs, et estiment que ce chiffre suffirait à créer une dynamique autour du candidat socialiste face à Nicolas Sarkozy, candidat probable à sa propre succession. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy et François Fillon perdent du terrain dans l'opinion, avec des chutes de cinq et neuf points en trois mois, selon le baromètre BVA pour Orange, L'Express et France Inter publié mardi. Avec seulement 32% de “bonnes opinions”, et 65% de mécontents, le président de la République perd cinq points par rapport à la fin juin. Le Premier ministre perd neuf points et bascule dans l'impopularité pour la première fois depuis février avec 50% de “mauvaises opinions” contre 44% de “bonnes”. A deux semaines du premier tour de la primaire socialiste pour l'élection présidentielle, le 9 octobre, les favoris du scrutin François Hollande (à la première place, 51% de bonnes opinions, - 1 point) et Martine Aubry (deuxième avec 46%, -3 points) sont en tête du classement des personnalités. Les meilleures progressions sont réalisées par deux “outsiders” du scrutin, qui ont notamment marqué l'opinion lors du débat télévisé du 15 septembre, suivi par cinq millions de téléspectateurs sur France 2. En progression de sept points, Manuel Valls est neuvième, avec 30% de bonnes opinions, juste devant Arnaud Montebourg (29%), qui engrange dix points. Dominique Strauss-Kahn, qui est sorti de son silence le 18 septembre après quatre mois de démêlés judiciaires aux Etats-Unis, où il a été accusé de viol, est le grand perdant de ce classement. L'ancien directeur du Fonds monétaire international chute de 27 points et tombe à la 14e place, à 27 points. L'enquête a été réalisée les 23 et 24 septembre auprès d'un échantillon de 956 personnes âgées de 18 ans et plus. La précédente enquête avait été réalisée en juin.