DGA opérations, TAMWILCOM Face aux limites persistantes du financement des TPME au Maroc, Elkhettab Benzina, DGA opérations de TAMWILCOM, explique comment la montée en puissance de la garantie étatique a transformé la relation entre banques et entreprises, tout en jouant un rôle stratégique dans l'investissement productif et l'inclusion financière. La montée en puissance de la garantie de TAMWILCOM au cours de la dernière décennie est spectaculaire. Au-delà des volumes, que révèle-t-elle, selon vous, sur les limites structurelles du financement des TPME au Maroc ? La montée en puissance de la garantie étatique met en lumière une réalité structurelle du financement des TPME au Maroc : le risque entrepreneurial demeure largement sous-couvert par les mécanismes classiques du marché. Malgré les avancées du système bancaire, de nombreuses entreprises restent pénalisées par une sous-capitalisation, un manque d'historique financier ou l'insuffisance de garanties réelles à fournir aux acteurs de financement. La garantie de TAMWILCOM est venue combler ce décalage en jouant un rôle de catalyseur. Elle n'a pas vocation à se substituer au marché, mais à corriger ses imperfections. Les niveaux élevés d'additionnailité observés montrent que la garantie a permis d'élargir le périmètre des projets finançables, tout en préservant la logique bancaire. En ce sens, elle s'est imposée comme un instrument de politique économique à part entière, au service de l'investissement productif et de l'inclusion financière. Comment le recours croissant à la garantie a-t-il modifié la relation entre les banques et les TPME en matière de prise de risque et de décision de crédit ? L'essor de la garantie a profondément fait évoluer la relation entre les banques et les TPME. Tirant profit des réformes instituées par le gouvernement marocain ainsi que par Bank Al-Maghrib, la garantie de TAMWILCOM a offert aux établissements de crédit une approche plus fine et mieux segmentée du risque, en intégrant la garantie comme un outil d'ingénierie financière plutôt que comme un simple mécanisme de couverture. Du côté des entreprises, la garantie de TAMWILCOM a progressivement amélioré la lisibilité de leur relation bancaire. Elle a favorisé une meilleure structuration des projets et une formalisation accrue de l'information financière. On observe ainsi une relation plus équilibrée, où la décision de crédit repose davantage sur la viabilité économique du projet que sur la seule capacité à fournir des sûretés. Cette évolution contribue à renforcer la confiance entre les deux parties et à fluidifier l'accès au financement. À l'heure où l'économie marocaine fait face à des enjeux majeurs, comment la garantie de TAMWILCOM peut-elle encore gagner en efficacité et en impact ? L'enjeu pour la garantie de TAMWILCOM n'est plus seulement quantitatif, mais aussi qualitatif. Il s'agit désormais de renforcer son impact économique réel, en orientant davantage les financements vers des projets créateurs d'emplois et à forte valeur ajoutée, notamment dans l'investissement productif, la modernisation des outils de production, la transition énergétique, l'inclusion des TPE et, plus particulièrement, l'entrepreneuriat féminin. La poursuite de la digitalisation, le renforcement du ciblage sectoriel et l'adaptation continue des offres de garantie constituent ainsi des leviers importants dans la stratégie de TAMWILCOM. Enfin, la garantie devra continuer à évoluer comme un instrument de stabilisation du cycle économique. Dans un environnement marqué par l'incertitude, elle constitue un amortisseur essentiel du risque, permettant de soutenir l'investissement sans distorsion majeure du marché du crédit, afin de renforcer durablement son impact sur la croissance et l'emploi. S.R. / Les Inspirations ECO