Digitalisation des procédures, réforme des unités sanitaires et renforcement des mécanismes de gouvernance. La 26e session ordinaire du Conseil d'administration de la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP) marque une phase d'accélération dans la modernisation du système mutualiste. La transformation du modèle mutualiste relève d'une mécanique concrète, administrative, financière et technologique. Le Conseil d'administration de la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP) a précisément ancré cette mutation dans une série de décisions structurantes. Au fil de sa 26e session ordinaire, l'institution a posé des jalons qui traduisent moins une évolution qu'un repositionnement stratégique du système mutualiste. Une session inscrite dans un contexte exceptionnel Dès l'ouverture des travaux, les administrateurs ont replacé leurs délibérations dans le contexte national marqué par les récentes inondations ayant touché plusieurs provinces du nord et du Gharb. Au-delà de la lecture institutionnelle habituelle, le Conseil a rappelé la dimension sociale de l'action mutualiste. La mise à disposition des Maisons de repos de la Mutuelle générale au profit des autorités locales s'inscrit dans cette logique d'appui aux dispositifs de solidarité publique. Ce positionnement montre une conception élargie du rôle mutualiste. La Mutuelle générale ne se limite pas à la gestion des prestations mais intervient également comme acteur d'accompagnement social dans des situations exceptionnelles. Communication institutionnelle et politique de proximité Parmi les décisions majeures adoptées à l'unanimité figure le renforcement de la stratégie de communication institutionnelle. Derrière cette orientation, se dessine une volonté de structurer le dialogue avec les adhérents et d'inscrire la Mutuelle générale dans une logique d'ouverture médiatique plus affirmée. Cette évolution reflète un enjeu de gouvernance. Dans un environnement où la transparence et la lisibilité des décisions deviennent déterminantes, la communication institutionnelle s'impose comme un levier stratégique. Elle vise autant à consolider la relation avec les adhérents qu'à renforcer la crédibilité de l'institution. Le Conseil d'administration a également validé l'ensemble des dispositions nécessaires au déploiement des caravanes médicales dans les régions de Tanger–Tétouan–Al Hoceima et Fès–Meknès. Ces initiatives traduisent une priorité clairement assumée en matière d'équité territoriale. Dans un système de santé marqué par des disparités régionales persistantes, ces dispositifs mobiles constituent un outil d'ajustement opérationnel. Ils permettent de rapprocher l'offre de soins des populations tout en renforçant la dimension solidaire de l'intervention mutualiste. Gouvernance interne et discipline administrative Les administrateurs ont adopté des dispositions organisationnelles relatives au contrôle et au suivi de la présence au niveau central et régional. Derrière cette mesure se profile une logique de rationalisation des pratiques internes. L'assiduité administrative devient ici un indicateur de performance institutionnelle. Cette orientation s'inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des principes de bonne gouvernance et de gestion responsable des ressources humaines. Le Conseil a entériné les conclusions du rapport d'un cabinet d'études externe relatif au plan de réforme et de redressement des unités sanitaires et sociales. Ce document constitue désormais un cadre de référence pour la modernisation de ces structures. Parallèlement, l'approbation du plan d'audit interne triennal 2026-2028 traduit une volonté de consolider le système de contrôle interne. Transparence, reddition des comptes et sécurisation des processus apparaissent comme des axes centraux de cette séquence. Dans la même logique, la fixation du cadre de référence des tarifs des services de médecine générale et l'unification des tarifs des consultations visent à garantir une égalité de traitement entre les adhérents, indépendamment de leur localisation géographique. Transformation numérique et simplification des procédures L'accélération de la transformation numérique constitue l'un des fils conducteurs de cette session. L'activation de l'application informatique MAMGPAP et l'achèvement de la délivrance des cartes d'adhérents traduisent une priorité accordée à la simplification des procédures. La digitalisation devient ici un instrument de fluidification administrative. Elle vise à réduire les délais, limiter les frictions opérationnelles et renforcer l'accessibilité des services mutualistes. Le Conseil a suivi l'état d'avancement de plusieurs projets d'aménagement, de rénovation et de construction d'unités sanitaires et sociales, notamment à Agadir, Rabat, Midelt, Sidi-Ifni, Tilila et Oujda. Ces investissements traduisent une logique d'élargissement du réseau et de rééquilibrage territorial. Au-delà de la dimension infrastructurelle, ces projets reflètent une stratégie d'ancrage régional. Ils visent à renforcer la proximité opérationnelle et à améliorer la couverture sanitaire offerte aux adhérents. Dossiers financiers et régularisations institutionnelles Les administrateurs ont décidé de poursuivre le suivi de plusieurs dossiers à dimension financière et institutionnelle. Le recouvrement des créances du tiers payant non réglées auprès de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) demeure un enjeu central pour l'équilibre financier du système. Les décisions relatives à l'activation des prestations du fonds complémentaire en cas de décès et à la régularisation des transferts liés aux retenues antérieures traduisent une volonté de sécurisation juridique et budgétaire. La coordination avec les autorités de tutelle autour des résultats de l'étude actuarielle ouvre la voie à une diversification du panier de services. Laboratoires d'analyses médicales, centres d'imagerie, unités d'hémodialyse et hôpitaux de jour figurent parmi les pistes envisagées. Ces projets traduisent une évolution du modèle mutualiste vers une intégration plus poussée de l'offre de soins. Ils répondent à un double impératif d'accessibilité et de maîtrise des coûts. Ressources humaines et échéances électorales Sur le volet des ressources humaines, le Conseil a validé les mesures nécessaires pour combler les déficits constatés au niveau central et régional. Cette orientation vise à garantir la continuité du service mutualiste. Enfin, la création des commissions chargées de préparer les échéances électorales prévues fin 2026 traduit une volonté de structuration institutionnelle. Transparence, intégrité et égalité des chances apparaissent comme des principes directeurs de cette séquence démocratique. À travers cette session, la Mutuelle générale confirme une trajectoire où gouvernance, digitalisation et justice territoriale convergent vers un objectif commun. Stabiliser, moderniser et repositionner durablement le système mutualiste dans un environnement en mutation.