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1er Décembre 2011, Journée mondiale du sida : Un seul mot d'ordre, la prévention
Publié dans Albayane le 01 - 12 - 2011

En 1988, l'Assemblée générale a exprimé sa vive préoccupation devant la pandémie de sida. En choisissant la date du 1er décembre 1988 comme Journée mondiale du sida, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a souligné l'importance de cette manifestation (résolution 43/15). Aujourd'hui, plus de 41 millions de personnes sont séropositives et sidéennes.
Près de 34 millions de personnes à travers le monde vivent avec le Sida, dont un peu plus de 2 millions d'enfants de -15 ans. Chaque année, le Sida tue à peu près 2 millions de malades
Le premier cas de SIDA a été déclaré au Maroc en 1986. Aujourd'hui en 2011 soit 25 ans après, quel est le constat?
A l'instar de la communauté internationale, le Maroc célébrera le 1er Décembre 2011, la journée mondiale de lutte contre le S.I.D.A
Le thème choisi pour l'édition 2011 est "Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au sida.
La campagne mondiale de lutte contre le sida, axée sur «zéro décès lié au sida», est à la fois une initiative pour un meilleur accès de tous au traitement, un appel lancé aux pouvoirs publics pour qu'ils agissent immédiatement et tiennent leurs engagements, par exemple ceux pris en vertu de la Déclaration d'Abuja, et un appel aux gouvernements africains afin qu'ils atteignent au moins les objectifs convenus en matière de dépenses nationales en faveur de la santé et contre le VIH, pour garantir le droit fondamental de tout être humain au meilleur niveau de soins de santé possible.
Des avancées certaines
A cette occasion l'ONUSIDA, a rendu public un rapport sur le VIH/sida, celui-ci montre que des progrès considérables ont été enregistrés dans la lutte contre cette maladie en 2011, et ce grâce aux avancées scientifiques et aux efforts consentis dans les différents pays. Ces progrès sont inhérents à une meilleure prise en charge des malades sidéens dont un très grand nombre bénéficie de la trithérapie.
Selon les estimations de l'ONUSIDA, 6,6 millions de personnes éligibles aux thérapies antirétrovirales en 2010 ont accédé aux traitements anti-sidéen. L'accès à la trithérapie a largement contribué à réduire le nombre de décès et tout laisse croire que l'augmentation de la prise en charge du sida aurait un impact important sur la réduction du nombre des nouveaux sujets atteints par cette affection. Outre l'accès aux médicaments, à une prise en charge globale, il s'agit aussi de lutter contre toutes les formes de stigmatisation dans le cadre de la consécration des droits de l'homme dans leur globalité.
On peut aussi relever dans ce rapport que les nouveaux cas de sida ont baissé de 21% depuis 1997, et que les décès attribués à cette maladie ont à leur tour été réduits de 21% depuis 2005. Selon ce même rapport, 34 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, 2,7 millions de nouveaux cas sont enregistrés par an et 1,8 malades en meurent par an.
Une situation qui interpelle
La célébration de cette journée, au Maroc, permettra de souligner les efforts déployés par le ministère de la santé et ses multiples partenaires qui œuvrent depuis de nombreuses années pour prévenir et lutter contre le SIDA.
Depuis le début de l'épidémie en 1986 jusqu'à fin décembre 2010, le nombre cumulé de cas de sida notifié était de 3621. Le nombre de personnes vivant avec le VIH au Maroc est estimé à environ 30.000 et la prévalence du VIH à 0,11%.
A l'évidence, on note une augmentation croissante du nombre de nouvelles infections. C'est non seulement fort inquiétant mais cela doit interpeller les décideurs et les responsables du département de la santé.
La transmission hétérosexuelle est importante, elle représente 87 %, autre aspect qui a son importance, c'est la féminisation du sida. En effet, nous notons que les femmes représentent 58% des 15 –34 ans.
La contamination par le conjoint est relevée dans 25 % des cas chez la femme
On note une prévalence de 2.4 % chez les travailleuses de sexe et 3 % des cas sont des enfants âgés de moins de 15 ans. Trois régions se démarquent en ce qui concerne la répartition géographique des cas de SIDA :
Souss Massa Draa : 24%
Marrakech Tanssift Al Haouz : 21 %
Grand Casablanca: 12 %
Doukala Abda : 7 %
Rabat – Salé – Zemmour Zaer : 5 %
Guelmim Semara : 5 %
Autres : 21 %
Le dépistage : la voie du salut
Le problème du SIDA est très complexe, c'est une situation qui reste très difficile à gérer malgré toutes les années passées (25 ans), à expliquer, à démontrer, à convaincre les uns et les autres sur le bien fondé de la prévention, de la nécessité du dépistage, on a parfois l'impression que ça ne bouge pas.
Il faut dire que la perception du SIDA n'est pas bien assimilée par tous, c'est en grande partie liée à la relation que nous avons avec le sexe et tout ce qui tourne et qui gravite autour de la relation sexuelle d'une façon générale. Un domaine qui se heurte encore à de nombreux tabous au Maroc. De ce fait , parler du SIDA, du dépistage reste encore un domaine où des efforts doivent être entrepris par les ONG, les associations afin de démystifier , de banaliser , mais aussi de démontrer à toutes et à tous, les bénéfices et avantages que l'on peut tirer d'un dépistage du VIH. Il faut tout mettre en œuvre pour faire prendre conscience au plus grand nombre de cette réalité.
Il est inadmissible, inconcevable dans un pays comme le notre, ou sont réalisées des interventions à cœur ouvert, des transplantations d'organes ou existent des facultés de médecine, des centres hospitaliers très performants, un corps médical et infirmier aux compétences avérées, de réaliser à peine 40 000 tests par an. Pour comparaison, en France, 3 millions de personnes sont actuellement testées par an. Selon les spécialistes en la matière, l'idéal serait d'arriver à en pratiquer 2 millions/an.
La prise en charge est gratuite
Tous les malades atteints de SIDA sont pris en charge gratuitement dans les structures hospitalières du ministère de la santé. Ils bénéficient des différents examens biologiques, de l'hospitalisation dans des services spécialisés, le traitement est entièrement gratuit pour les
personnes ne bénéficiant pas d'une prise en charge de type AMO ou assurance privée
Le ministère de la santé consent de grands efforts pour permettre à tous ces malades de bénéficier de la trithérapie, mais aussi d'accéder à tous les médicaments que nécessite leur état de santé surtout en cas d'infections opportunistes. En effet, ce n'est pas le sida qui tue, mais ce sont ces infections, anodines chez un sujet normal, mais très graves chez un malade dont le système immunitaire est tellement décadent et les défenses totalement faibles.
Il convient de signaler que ces actions sont soutenues par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.
Si de tels efforts sont louables, il convient de signaler et de rappeler que la lutte contre le sida doit d'être intensifiée et poursuivie pour stopper l'épidémie, des actions doivent être constamment entreprises pour sensibiliser et informer le plus de citoyens pour que chacun puisse être conscient des réels dangers que représente le SIDA. A cet égard, la prévention, en particulier auprès des jeunes, demeure l'action la plus importante et la plus efficace. C'est pourquoi la contribution des ONG à la politique de prévention du sida continue d'être fondamentale.
Il faut rendre ici hommage à toutes les ONG qui militent depuis de très nombreuses années dans la lutte contre le SIDA dans notre pays, rendre aussi hommage à tous les bénévoles qui font un travail magnifique.
On ne guérit toujours pas du SIDA. La seule vraie solution, c'est la prévention
A l'heure actuelle, même si les multithérapies constituent un progrès évident et un vrai espoir d'allongement de vie, la majorité de ces traitements sont lourds, difficiles à suivre et à vivre au quotidien. Certaines personnes contaminées ne les supportent pas. Et en aucun cas, ils ne guérissent du sida. Seules solutions : la prévention et la protection.
On parle de «safer sex» (sexe à moindre risque) et de « safer use » (usage à moindre risque) pour définir les différentes mesures qui permettent de limiter les risques de transmission. C'est-à-dire faire en sorte que les liquides contaminants (sang, sperme, liquide préséminal, sécrétions vaginales) ne pénètrent ni dans votre corps, ni dans celui de votre partenaire.
Cela implique :
- pour les personnes qui s'injectent ou sniffent de la drogue, de ne pas partager leur matériel : avoir sa propre seringue, sa cuillère, son eau, son coton et sa paille.
- pour les personnes qui ont des rapports sexuels, utiliser un préservatif avant tout contact : toutes les pénétrations, doivent être protégées par un préservatif.
Les raisons d'espérer
En guise de conclusion, et à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, qui devrait être en toute bonne logique, l'occasion pour les uns et pour les autres, ministère de tutelle, autres départements ministériels, ONG, associations et autres acteurs intervenants dans cette lutte , de dresser le bilan des activités réalisées , de rendre compte en toute transparence de la bonne utilisation des fonds et subventions et autres dons, des sommes importantes que les associations arrivent à collecter.
Notre pays, grâce à la politique éclairée de Sa majesté le Roi Mohamed VI et aux efforts constants du ministère de la santé, au dévouement et à l'altruisme des professionnels de santé, a réussi à mettre en place un Programme National Contre le sida qui est considéré comme un programme modèle dans la région. Le Ministère de la Santé a de tous temps garanti la prise en charge totale des malades atteints du SIDA, il leur assure gratuitement l'hospitalisation, l'accès aux traitements antirétroviraux ainsi que tous les examens biologiques, sans oublier la prise en charge psychologique et le soutien pour l'insertion. A côté il y a le travail des ONG marocaines actives dans ce domaine, un réseau important, qui compte prés de 30 associations dont les objectifs visent à coordonner et combiner les efforts pour une lutte plus efficace contre les IST/SIDA. Ces ONG ont beaucoup de mérite, tous font de l'excellent travail sur le terrain en matière de prévention et de sensibilisation. Ces ONG méritent amplement d'être soutenues, accompagnées, motivées et encouragées non pas par des paroles, mais par des actions concrètes qui leur permettront de réaliser leurs objectifs.
C'est fort de ce constat, de tous ces éléments, de l'implication et de l'adhésion de tous que nous pourrons demain venir à bout de ce fléau.
Pour plus d'informations
Le SIDA c'est quoi ?
Le sida est la phase grave et tardive de l'infection par le virus d'immunodéficience humaine (VIH). Sida est l'abréviation de syndrome d'immunodéficience acquis, ce qui signifie que le sida n'est pas une maladie héréditaire, mais qu'elle se transmet par voie sexuelle, par voie sanguine, par voie transplacentaire (mère-enfant). En l'absence de tout traitement pour atténuer la progression et l'action du virus, le sida se déclare plus ou moins rapidement : l'issue est inévitablement mortelle.
Le virus
Comme tout virus, le VIH se reproduit et se développe à l'intérieur des cellules d'un hôte bien spécifique. Celui du VIH est l'être humain. Il se loge plus particulièrement dans les cellules du système immunitaire et détruit certains globules blancs, les lymphocytes T4. Le virus prolifère au sein des cellules qu'il a infectées lesquelles, avant d'être détruites, produisent de nouveaux virus qui vont infecter d'autres cellules. C'est le phénomène de la réplication virale. L'être humain a normalement dans le sang entre 800 et 1000 lymphocytes T4 par millimètre cube : on parle de sida, ou sida déclaré, lorsque le nombre de lymphocytes descend au-dessous de 200. Toutes les personnes infectées par le VIH ne sont pas automatiquement malades du sida ; par contre, porteuses du virus, elles sont susceptibles de le transmettre.
Etre séropositif
Dès la contamination, le virus se diffuse et se reproduit rapidement dans l'organisme, puis se stabilise à un niveau qui varie d'une personne à une autre. Cette période peut passer inaperçue ou se manifester par un état grippal qui disparaît de lui même au bout de quelques semaines. Pourtant, pendant cette phase, l'organisme est envahi par le VIH : le sang et les sécrétions sexuelles sont remplis d'une grande quantité de virus, les contacts sexuels non protégés sont particulièrement infectieux.
La fin de cette phase que l'on appelle «primo infection» correspond à la période appelée « séroconversion». Traduction : quelques semaines après la contamination, l'organisme produit des anti-corps pour lutter contre le VIH. C'est la présence de ces anticorps que l'on détecte par un test de dépistage qui permet de déclarer que la personne est séropositive. Le virus reste actif, mais se reproduit lentement et ne provoque généralement pas de signes extérieurs visibles.
Ça se soigne ?
Le sida se soigne, mais ne se guérit pas.
Au fur et à mesure de l'évolution de l'infection, le système immunitaire se dégrade et devient incapable de défendre l'organisme face à toutes sortes de bactéries, parasites, champignons, virus et à la multiplication de cellules cancéreuses. Résultat : l'apparition de maladies que l'on appelle «infections opportunistes». Profitant de la faiblesse du système immunitaire, ces germes, inoffensifs chez les personnes en bonne santé, trouvent un terrain propice pour se développer. La recherche a fait des progrès considérables : des traitements sont aujourd'hui disponibles qui permettent de lutter contre la multiplication du virus, de soutenir le système immunitaire et soigner les maladies opportunistes. Malheureusement aucun traitement ou projet de vaccin n'a, à ce jour, réussi à éradiquer le VIH et permettre une guérison complète.
Alors un seul mot d'ordre : la prévention.


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