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Débat avec Khalid Naciri sur l'actualité de Marx et les questionnements de la Gauche : Redécouvrir et redéfinir le socialisme
Publié dans Albayane le 15 - 05 - 2012

L'actualité de Marx et les questionnements de la gauche marocaine étaient, durant la matinée de samedi dernier, au centre du débat organisé par l'Espace cadres du PPS à Casablanca, avec Khalid Naciri, membre du Bureau politique du Parti et ex-ministre de la Communication. Mohamed Bakrim, dans l'introduction du débat, a relevé «le retour de Marx» et la «renaissance de la gauche», au niveau mondial, et soulevé quelques problématiques théoriques et des questions pratiques, pour « rechercher les outils théoriques », afin de résoudre les problèmes de la société. Le but étant de «réhabiliter la politique et d'aider l'intellectuel à «la réflexion et à l'action».
Pour Khalid Naciri, la question «n'a jamais été absente durant les 20 dernières années. Depuis la chute du Mur de Berlin, «les théories libérales et réactionnaires ont dénaturé la réalité, sous formes d'habillages fallacieux», pour dénigrer le marxisme et le socialisme et leur mise à mort.
Aujourd'hui, il faudra dire que «l'actualisation de la pensée socialiste est cadrée par trois légitimités».
- Une légitimité philosophique car personne ne nie plus que «Marx reste l'un des grands géants de la pensée politique et économique mondiale et ne laisse plus personne indifférent»
- Politiquement, la légitimité vient du fait que «de nombreux penseurs, théoriciens et militants s'interrogent toujours s'ils n'ont pas été trop vite en besogne pour enterrer le marxisme avec la chute du Mur de Berlin». Une «nouvelle découverte de Marx» s'avère nécessaire après l'offensive des libéraux et des politiciens de droite.
- Une légitimité marocaine surtout que « la pensée socialiste a pénétré au Maroc avec Marx, grâce au Parti communiste marocain, qui a été le premier à la divulguer ». Elle constitue donc «une partie fondamentale de l'histoire et de la vie marocaine».
En ce qui concerne le Parti du progrès et du socialisme, il faudra dire, abstraction faite d'«une lecture bête» de l'athéisme, sur laquelle Naciri préfère ne pas s'y étaler, car manquant totalement de pertinence, le marxisme reste présent dans sa pratique, «même s'il n'a pas intégré formellement le marxisme dans son référentiel» et reflète une «accumulation interactive de la pensée marocaine et mondiale».
Le dirigeant du PPS, pour qui «il n'est pas obligatoire de déclarer son marxisme pour être marxiste», et «la pensée socialiste sans le marxisme ne vaut rien», estime que « nous avons besoin d'un instrument d'analyses performant qui nous aide à analyser le présent et à nous projeter sur l'avenir». Le marxisme nous a toujours été d'un grand secours dans cette démarche analytique car, reposant sur la méthode dialectique (empruntée à Hegel), le marxisme colle à la vie réelle. Il cherche à la comprendre, pour la transformer, a-t-il notamment affirmé.
«Le Maroc actuel est une société en pleine mutation socio-économique, où se chevauchent des référentiels, des positionnements, des structurations très variés, voire contradictoires. Le marxisme ne nous apportera pas, bien entendu, des solutions miracles ou le prêt-à-porter pour décoder le réel, mais nous aide, s'il est bien intégré dans le substrat économique, social et politique, à COMPRENDRE et surtout, à TIRER les enseignements», dira en substance Khalid Naciri. Il s'attellera, ensuite, sur certains concepts en liaison avec la précision de l'analyse, la dialectique, la théorie et la pratique révolutionnaires et la lutte et la «gestion des contraires», en partant de « la réalité que la vie est gérée par des contradictions». L'ébranlement des fondements du monde capitaliste est venu rappeler brutalement que le capitalisme, dans ses structures excessives d'exploitation, dans ses démarches extrêmes d'injustice sociale, est, et demeure largement contestable économiquement, politiquement et moralement.
Revenant sur la démarche du PPS au lendemain de l'effondrement de la communauté des pays socialistes, il a affirmé qu'«au moins 5 à 6 réunions du Comité central et durant plus de 3 mois ont été consacrées au débat, ouvert, autour de la question «s'agit-il de l'échec des valeurs du socialisme ou tout simplement celui d'une expérience historiquement datée du socialisme dit réel».
Aujourd'hui, deux décennies après, il s'agit de «recadrer» la problématique, par la recherche «d'un outil d'analyse efficace» en posant les vraies questions du genre « c'est quoi le Maroc d'aujourd'hui», en tant que société en pleine mutation socio-historique» en interaction continue de ses accumulations et de ses contradictions». L'analyse doit partir du fait que «les piliers du monde contemporain sont dominés par un capitalisme débridé, actuellement secoué par la plus grave crise, la plus aigue depuis de 1929».
«Entre l'effondrement du mur de Berlin et la crise enclenchée en 2008 , et dont les effets ne sont pas prêts de s'estomper, on a laissé s'installer l'illusion fallacieuse que le socialisme en tant qu'utopie sociale, en tant que grand rêve de l'humanité était OBSOLETE. L'on se rend compte qu'il n'en est rien.
Pour Khalid Naciri, «les errements de la grande finance internationale constituent un salvateur rappel à l'ordre. Le capitalisme sauvage montre ses limites».
S'agissant du Maroc, il a relevé que « nous avons résisté pendant les 2 à 3 dernières années », mais la crise « entre par la grande porte européenne ». au départ financière la crise apparait bien aujourd'hui comme les fondements de l'économie mondiale.
L'illusion a pleinement accompli son rôle idéologique, au point que l'on a décrété «la fin de l'Histoire (Francis Fucuyama). Il faudra bien constater que c'est bien là une chimère.
Avec retard, l'impératif demeure de « redéfinir les contours du socialisme». Le socialisme est à redéfinir et à redécouvrir. Car ses valeurs fondatrices, son idéal de justice demeurent immuables. Au PPS, nous ne les avons jamais enterrés, car le socialisme, en tant que projet, est toujours vivant.
En prenant acte de l'effondrement de l'expérience historique du socialisme bureaucratique (URSS et démocraties populaires), en 1990, le PPS avait pris soin d'affirmer qu'il ne jetait pas le bébé avec l'eau du bain, ajoutera le conférencier.
Pour le PPS, les trois derniers congrès (1995, 2002 et 2010) ont affirmé que « les valeurs fondatrices du socialisme sont toujours vivantes ». Car « le marxisme a été victime de certains marxistes qui l'ont desservi par une instrumentalisation matérialiste qui lui a fait perdre sa riche substance. Le marxisme européen a survalorisé l'instance économique au détriment de l'idéologique. C'est ce qu'on a appelé l'économisme».
Citant des passages de Marx sur l'autonomie relative de l'instance juridico-politique, il a estimé que «C'est grâce à cette lecture (d'autonomie relative) que le marxisme peut analyser utilement le Maroc, par une analyse de l'interaction de la contrainte et du consensus dans la cristallisation du système juridique et politique ». Citant également Louis Althusser pour ne pas « survaloriser l'instance économique», Naciri a également souligné « la complexité croissante de la configuration sociale du Maroc». Pour lui, « les institutions marocaines traduisent et reflètent cette complexité, inédite et résultante de développements et d'accumulations ». D'où l'impératif que le Maroc a besoin de « l'apport des économistes, des sociologues, des politologues» pour être mieux analysé. Car « jamais le Maroc n'a été autant sous analysé », martela-t-il, après avoir parcouru la société précoloniale et le « dualisme » colonial et postcolonial.
Pour lui, les institutions et les pratiques politiques sont «le reflet d'une société fortement déstabilisée» et il y a nécessité que l'analyse du Maroc contemporain, se fasse avec «beaucoup de recul et de sérénité». Car «les articles de presse polémiques ne peuvent remplacer une solide analyse argumentée».
Khalid Naciri conclura son intervention par une multitude de questions phares sur la nature de «la nouvelle stratification sociale», l'existence ou non d' «une cohérence dans les repères politiques des citoyens en fonction de leur conscience de classe », «l'accumulation des richesses», la manière avec laquelle « se constituent les partis, les syndicats, les ONG, les journaux », la signification des concepts « classe ouvrière, bourgeoisie, classes moyennes » ou encore la religion, le religiosité, la gauche, l'extrême gauche… l'excès du pluralisme politique, le mouvement national, la Koutla démocratique, les alliances, l'union de la gauche, « être socialiste aujourd'hui », et quid des intellectuels, des élites et de la société civile »….
Autant de questions auxquelles des réponses sereines et objectives contribueraient à une meilleure construction des valeurs d'hier, aujourd'hui laissées de côté.


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