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Entre l'enfance et la souffrance
Phénomène des petites bonnes
Publié dans Albayane le 17 - 09 - 2013

Il reste toujours quelques traces de l'enfance en toute personne, même après avoir grandi, car l'enfance est pratiquement le seul âge du bonheur. Mais, apparemment, être un enfant n'est pas un acquis selon plusieurs. Parfois l'enfance est victime d'une mentalité irresponsable. Nouzha Skalli, infatigable militante associative, ancienne ministre et députée PPS à la Chambre des représentants revient sur le phénomène des «petites bonnes» dans cette interview accordée à Al Bayane.
Al Bayane : Qui protège ces petites filles ?
Nouzha Skalli : La persistance du travail des fillettes comme petites bonnes est indigne du Maroc du 21e siècle, un Maroc de la démocratie et des droits humains. La nouvelle Constitution de 2011 oblige l'Etat «d'assurer une égale protection juridique et une égale considération sociale et morale à tous les enfants, abstraction faite de leur situation familiale» et fait de leur enseignement une obligation de la famille et de l'Etat (art 32).
Or, ces fillettes sont privées de l'ensemble de leurs droits liés aux droits de l'enfant. Elles sont privées de jeu, de protection, d'affection, d'éducation, parfois de soins et d'alimentation saine. Elles sont par contre exposées aux humiliations, à l'exploitation inhumaine, à toutes les formes de violence allant des coups et de la violence physique en général au harcèlement sexuel et au viol. Autant de souffrances vécues par ces petites filles invisibles, cachées derrière les portes closes des maisons et qui n'apparaissent au grand jour que dans les cas extrêmes, quand on retrouve leurs petits corps meurtris dans les urgences de l'hôpital ou, hélas, quand elles y laissent la vie.
Malheureusement, la protection juridique actuelle est insuffisante. Le précédent Conseil de gouvernement avait adopté un projet de loi pénalisant le travail domestique des mineurs et sanctionnant tous les intervenants dans ce phénomène qualifié de trafic d'enfant. Le retard pris par l'actuel gouvernement pour présenter le projet de loi au Parlement est incompréhensible!
Quel est le rôle de la justice dans cette affaire ?
La protection juridique des fillettes contre ce phénomène est insuffisante en l'absence d'une législation claire interdisant le travail domestique des fillettes. Elle n'intervient hélas que dans les cas d'extrême violence et sanctionne alors la violence contre ces enfants et non pas le fait de les employer.
Est-ce que les chiffres sont aussi effrayants que les années précédentes ?
Globalement le nombre d'enfants qui travaillent est en régression. D'après les chiffres du HCP, ils étaient 517.000 enfants en 1999, soit 9,7% des enfants de cette tranche, alors qu'en 2009, ils n'étaient plus que 170.000 soit 3,4% des enfants de cet âge. Ces chiffres témoignent d'une dynamique positive. Malgré cela, la fiabilité à l'égard du travail domestique des fillettes est relative à cause du caractère clandestin et informel du travail domestique des fillettes
Ces progrès sont dus bien sûr à tous les efforts déployés pour généraliser la scolarisation des enfants et lutter contre la pauvreté et l'abandon scolaire, plus particulièrement dans le cadre du programme d'urgence et de l'INDH. On peut citer notamment «les dars talib et dars talibas» et le programme «tayssir».
Quand commence et où s'arrête le rôle des parents ?
La prévention du travail domestique des fillettes passe bien entendu par la lutte contre la pauvreté. Le rôle des parents est essentiel et il est très important de mener un travail de sensibilisation en direction des parents pour leur montrer les risques encourus par leur enfant et les convaincre que le rôle des parents est de protéger leurs enfants et de leur assurer un avenir. Le rôle des enfants n'est pas de faire vivre leurs parents. Mais la constitution responsabilise aussi bien l'Etat que la famille. Il s'agit donc également de mettre en œuvre une mobilisation sociale pour éradiquer ce phénomène !
L'impact de la prévention et de la sensibilisation pour combattre ce fléau reste limité en l'absence d'un cadre juridique clair et de sanctions pénales à l'encontre des auteurs de cette forme de violence et d'exploitation des petites filles.
La pauvreté est-elle une bonne raison pour «vendre» son enfant ?
Non bien sûr! La pauvreté n'est d'ailleurs pas la seule cause de ce phénomène. Des études ont montré que le travail des enfants n'améliore en rien la situation sociale des familles et que des communes de niveau de pauvreté comparable ne sont pas des zones pourvoyeuses.
Dans certaines régions, les populations n'acceptent en aucun cas de donner leurs enfants. Il y a lieu de dénoncer le rôle néfaste joué par les intermédiaires (smasrias) qui sont de véritables trafiquants d'enfants. Les autorités locales à cet égard pourraient jouer un rôle important dans l'éradication du phénomène si le cadre juridique s'y prête
Lors de mon mandat de ministre en charge de la protection de l'enfance, j'avais lancé une campagne de sensibilisation contre le travail domestique des petites filles à Chichaoua et mis en place un observatoire pilote comme structure de veille de proximité pour éradiquer ce phénomène et sensibiliser tous les acteurs locaux à ce phénomène. J'avais également organisé la 2e campagne nationale de sensibilisation pour la lutte contre le travail domestique des petites filles en partenariat avec l'Observatoire national des droits de l'enfant présidé par SAR la Princesse Lalla Meryem. Nous avions également mis en place un partenariat avec la société civile et les acteurs institutionnels pour l'élaboration des plans d'intervention régionaux de lutte contre le travail domestique des petites filles.
Eradiquer le travail domestique des fillettes est une urgence pour respecter nos engagements nationaux et internationaux à l'égard des enfants, mais aussi pour lutter contre plusieurs fléaux sociaux qui découlent de ce phénomène tels que les mères célibataires, la mendicité et la prostitution, les enfants abandonnés, les enfants en situation de rue, la toxicomanie et le Sida.


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