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La filière agrumicole au Maroc face aux défis climatiques
Publié dans Yabiladi le 14 - 05 - 2025

Les 13, 14 et 15 mai 2025, la profession se réunit à Marrakech pour le 1er Congrès national scientifique des agrumes, organisé par Maroc Citrus sous l'égide du Ministère de l'Agriculture, autour du thème : «Challenges multiples sur la filière des agrumes : quels leviers pour agir ?». Une récente étude a permis d'établir un état des lieux pour cette filière qui doit faire face aux changements climatiques.
Avec plus de 1,5 million de tonnes produites chaque année, dont 500 000 tonnes exportées, la filière des agrumes constitue un pilier stratégique de l'agriculture marocaine. Elle fait vivre plus de 13 000 familles en milieu rural, génère 32 millions de journées de travail, alimente un tissu de 50 stations de conditionnement et 4 usines de jus.
Entre 2010 et 2016, les surfaces plantées en agrumes sont passées de 98 000 ha à 128 000 ha, dans la dynamique du Plan Maroc Vert et du partenariat public-privé sur les terres Sodea. La production a suivi : +59% en six ans, atteignant 2,6 millions de tonnes en 2016.
Une filière en contraction après une décennie d'expansion
Mais cette expansion s'est heurtée à une surproduction, dépassant les capacités de valorisation et de commercialisation. Le retournement climatique est venu aggraver la situation. Entre 2016 et 2024, la superficie a chuté de 29%, soit plus de 37 000 ha arrachés, ramenant le verger national à 91 342 ha. La production, elle, est redescendue à 1,5 million de tonnes, avec une baisse significative des rendements.
Un verger plus jeune, plus technique, plus sélectif
Malgré ces reculs, le secteur se réorganise, explique Maroc Citrus qui fédère les acteurs du secteur : 50% du verger a moins de 15 ans, avec une nette orientation vers les variétés à haute valeur ajoutée. Parmi elles, la NadorCott, développée localement et protégée en Europe, s'impose comme une réussite technique et commerciale. Gérée avec rigueur par l'APNM (l'Association des Producteurs de Nadorcott au Maroc), elle est aujourd'hui exportée dans plus de 40 pays et présente des atouts en termes de rendement, de calibrage et de calendrier.
Export : montée en gamme forcée et nouvelles opportunités
L'émergence des concurrents turcs et égyptiens, notamment sur le marché russe, a bousculé les parts de marché marocaines. Cette perte a néanmoins agi comme un déclencheur de mise à niveau : montée en gamme, amélioration de la traçabilité, généralisation des certifications (GlobalGAP, SMETA, GRASP, LEAF).
Mais certains segments, comme l'orange de bouche, peinent à suivre. La perte de compétitivité face à l'Egypte a amputé la saison d'export de deux mois, réduisant la rentabilité des stations, accentuant la précarité de l'emploi saisonnier, et privant les usines de transformation de matière première. Pourtant, une fenêtre stratégique pourrait s'ouvrir : le Brésil, premier producteur mondial, a vu ses capacités baisser à cause du virus du Greening, poussant les Egyptiens à détourner leurs oranges vers la transformation et libérant une place à l'export que le Maroc pourrait saisir.
Défi 1 – Ressource en eau : l'urgence d'un plan spécifique
Le défi hydraulique est de loin le plus critique pour la filière. Les sécheresses successives menacent la pérennité de la filière, en particulier dans les grandes zones de production. Alors que l'eau de dessalement sera prioritairement affectée à l'usage domestique, l'agriculture devra se contenter des eaux de barrage et recyclées, probablement insuffisantes.
Un plan hydrique dédié est indispensable : renforcement des projets de dessalement, interconnexions hydrauliques à grande échelle (type « autoroutes de l'eau »), gouvernance partagée. Ce chantier crucial impose une concertation urgente entre l'Etat et les professionnels, sous peine de voir l'agrumiculture décliner durablement.
Défi 2 – Structuration du marché : casser les blocages systémiques
Dans son avis de mars 2024, le Conseil de la Concurrence a souligné plusieurs failles : morcellement des terres, faible organisation des producteurs, dépendance aux intermédiaires, spéculation dans les marchés de gros. Ces déséquilibres nuisent à la compétitivité, allongent les circuits de distribution et augmentent les coûts pour le consommateur.
Pour restaurer la performance du secteur, Maroc Citrus préconise de :
* Renforcer l'organisation interprofessionnelle ;
* Mutualiser les infrastructures de conditionnement et de transport ;
* Réformer les marchés de gros pour réduire les intermédiaires et sécuriser la valeur ajoutée ;
* Moderniser la logistique post-récolte (chaîne du froid, transport, tri).
Défi 3 – Main-d'œuvre : une crise latente de disponibilité
Paradoxalement, malgré le poids socio-économique de la filière en zone rurale, le secteur est en pénurie croissante de main-d'œuvre qualifiée. Le développement du programme d'Aide Sociale Directe (ASD) et le statut saisonnier des ouvriers incitent de nombreux travailleurs à se retirer de l'activité déclarée, privant les exploitations de bras en période critique.
Selon Maroc Citrus, une concertation entre le Ministère de l'Agriculture et la COMADER est indispensable pour inventer un modèle d'emploi agricole durable, conciliant sécurité sociale, attractivité économique et stabilité.


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