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Yassir Bachour, responsable du club de lecture « Conscience estudiantine»
Publié dans Albayane le 15 - 11 - 2013

Le livre, le livre, le livre... Les discussions, les débats et stratégies pour le promouvoir vont de plus belle dans un contexte littéraire national en crise. Dans cette lancée, le club conscience estudiantine créé en 2007 à la faculté des sciences d'Ain Chock de Casablanca a mis sur pieds une activité dite «Une heure de lecture» dans l'espace public autour des thèmes poignants. Le 03 novembre par contre, l'activité ne se déroulera pas comme prévu. Les membres du club sont surpris par des forces de l'ordre qui interdisent le déroulement de l'évènement à la place des pigeons de Casablanca. Yassir Bachour, responsable du Club Conscience Estudiantine revient sur les circonstances qui ont marqué cet évènement. Les propos.
Al Bayane : Pouvez-vous revenir sur les circonstances du dimanche 3 novembre ?
Bassir Yachour : Le club conscience estudiantine a donné comme d'habitude à ses membres un rendez-vous pour l'activité « une Heure de Lecture » sous le titre «place des pigeons esclaves » pour discuter du sujet de l' « harcèlement sexuel » à partir de 15h00. Une fois sur les lieux, on a été surpris par une large présence des forces de l'ordre, ayant une décision verbale d'interdire l'activité et de procéder à l'évacuation de la place sans avertissement. Ils étaient prêts à intervenir d'une façon répressive contre l'initiative, dans le cas où on ne se pliait pas à leur résolution. Après une longue discussion avec eux, il s'est avéré qu'il y avait une unique raison à cette intervention : «l'activité n'a pas d'aspect légal, ni autorisation...». A noter que cette rencontre est la onzième organisée par le club. Après les avoir questionné sur le statut des autres activités qui se déroulent simultanément dans le même espace sans aucune autorisation, nous n'avons reçu aucune réponse. Suite à la diversité des autorités présentes et le niveau de leurs discours, on a constaté que la décision d'interdiction provenait d'une haute autorité. Ce dimanche 3 novembre, les activités de lecture ont été organisées d'une manière individuelle et dispersée dans toute la place et ses alentours, accompagnées de discussions sur le sujet jusqu'à 17H00.
A votre avis pourquoi après onze rencontres, on vous interdit de lire en groupe comme vous le faisiez auparavant ? Que pensez-vous de ce qui s'est déroulé lors de la onzième rencontre « Une heure de lecture » à la place des pigeons ?
Premièrement, la scène du dimanche 03 novembre s'est déroulée dans un contexte assez difficile, notamment marqué par la manifestation du CDT. Celle-ci a étant réprimée d'une façon brutale même si les syndicalistes avaient respecté la procédure légale. Ce qui renforce l'hypothèse d'une attitude aléatoire des autorités sécuritaires. D'autre part, notre activité se développe d'une façon très importante par rapport aux autres initiatives. Ce qui attire l'attention des autorités. Nous considérons cette interdiction comme étant ciblée et visant à mettre fin au dynamisme que connait l'activité « une heure de lecture ».
Quel regard portez-vous sur le secteur du livre et de la lecture au Maroc quand on sait que le ministère de la culture dans sa stratégie de promotion de ce secteur, dit promouvoir la culture de la lecture et que de tels incidents se produisent ?
Le secteur du livre ou plutôt la lecture au Maroc, connait une grande crise, et une dégradation au niveau des lecteurs et des espaces de lectures. Et pour changer cette situation, il faut une mouvance et un dynamisme de renaissance culturel d'une façon multilatérale pour réussir le pari. L'interdiction de notre initiative de la part de l'Etat met en évidence de nombreuses questions, notamment celle de l'intervention unilatérale de l'Etat au niveau de la culture en générale. Ce qui explique l'échec des initiatives précédentes menées par l'Etat envers la lecture.
Quelles ont été les réactions des membres du club à la suite de cet accrochement avec les forces de l'ordre ?
Premièrement, il n'y avait pas d'accrochage avec les forces de l'ordre. Elles nous ont menacés d'utiliser la force. L'interdiction était mal vue des membres, surtout le fait d'interdire la lecture. Nous avons par contre adopté une attitude pacifique et réfléchie et leur avons donné des bonbons préparés par une participante.
Allez-vous poursuivre votre activité ou allez-vous en rester là ?
Toutes les possibilités sont présentes devant nous tant que notre intérêt est de promouvoir la lecture sans aucun but lucratif.


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