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Le vendeur de poisson ambulant
- Il y a beaucoup de travail à «Gadir» et de l'argent! Tous ceux qui y sont allés ont fait fortune en un clin d'œil. Va mon fils, va! Et que Dieu soit avec toi !»
Publié dans Albayane le 05 - 07 - 2015


- «Holà! Chaïba ! Hoho ! Mon fils!
- Chaïba ! Tu vas rester chômeur pour combien de temps? Va chercher du travail comme tout le monde ! - Il n'y a rien! Cette maudite sécheresse a tué toute vie dans ce patelin désert.
- Cherche ailleurs! La terre de Dieu est vaste. Fais comme «Abass El Majrab», va à «Gadir»!
- Que veux-tu que j'aille faire au pays des berbères ? Je ne parle même pas leur «Taschelhite», cette langue bizarre!
- Il y a beaucoup de travail à «Gadir» et de l'argent! Tous ceux qui y sont allés ont fait fortune en un clin d'œil. Va mon fils, va! Et que Dieu soit avec toi !»
Fils respectueux, ce paysan a obéi à sa mère qui ne voulait que son bien et a suivi son conseil, rêvant déjà de la fortune qui l'attendait au pays des merveilles! ... Un matin, Chaïba, sa femme et leurs quatre enfants descendent du car après une nuit de voyage interminable.
Premier souci: chercher un logis. Le loyer est plus brûlant que la canicule du Sahara. Chaïba se rend compte très vite que cette cité ne s'est pas fait rebâtir après le tremblement de terre pour lui et ses semblables. Elle est jolie, bien habillée, bien maquillée, construite suivant la dernière mode architecturale pour les autres; ceux qui ont du pognon... Après des jours de recherche et d'enquête «policière», il trouve enfin une chambre avec les voisins dans une petite maison au quartier «Djerf», à Inezgane, à dix km d'Agadir.
Deuxième souci: Chercher du travail. Le rêve de Chaïba s'est évaporé dès les premières tentatives et le cauchemar a commencé à aiguiser ses crocs. Il faut faire quelque chose: sa bourse restreinte tarira bientôt et ses enfants risqueront de mourir de faim...
Et il n'est pas question de revenir au bled! Il a vendu son champ à «Si Bouregba» le féodal/président de la commune/député. Il sera la risée du douar, plutôt mourir au pays des berbères où personne ne le connaît! ... Où est l'argent de «Gadir»? Où est le travail de «Gadir?!
Chaïba achète une bicyclette noircie par la corrosion, au guidon ressemblant étrangement aux cornes d'un bélier. Il se réveille à cinq heures du matin et parcourt quinze kilomètres pour atteindre enfin le port de «Gadir»...
Il est vêtu d'une blouse bleue, un pantalon noir très sale, des sandales en plastique de couleur inconnue... Un chapeau appelé «Taraza» protégera son crâne dégarni du soleil impitoyable de «Gadir». C'est son uniforme de travail, qu'il vente ou qu'il pleuve... Mal éveillé, il se dirige immédiatement vers les petits cafés du port pour calmer son ventre bien éveillé. Il prend un bol de «Bissara» (soupe aux fèves) bien pimentée et ornée d'une cuillerée d'huile d'olive. Il y trempe machinalement son pain noir «Mahrache» en sirotant un thé à la menthe bien chaud: un vrai régal matinal! Puis il allume sa première cigarette populaire de la journée «Casa Sport» en contemplant la mer... Allez, au boulot! Une dure journée l'attend.
Il attend, avec les autres vendeurs de poisson, que les chalutiers accostent et déchargent leurs caisses... Et une vraie ruée vers l'or de la mer commence. On demande le prix, on choisit, on marchande, on calcule, on hésite, on réfléchit, on discute, on épie, on ment, on ruse, on... Ce n'est pas facile d'acheter du poisson au port d'Agadir, vous savez!
Chaïba remplit sa caisse bien ficelée à l'arrière de son vélo, la couvre avec un morceau d'un grand sac de sucre, enfourche sa bicyclette qui se souvient encore de la 2e guerre mondiale et pédale vers les quartiers populaires de «Gadir». Il fait sa tournée quotidienne en criant à s'époumoner. «Voici le poisson! Voilà le merlan!» Les femmes sont ses principales clientes. Comme elles sont dures à convaincre! Et elles ne sont pas dupes. Elles regardent le poisson d'un œil d'expert, le tâtent, le sentent... Elles sont prêtes à marchander dix minutes pour un ou deux dirhams. «-Quoi? Tu ne veux tout de même pas que je paie ces merlans quarante dirhams le kilo?! Acheter du merlan à ce prix à Agadir, la ville du poisson! C'est une honte! Hchouma!
- Ecoute Lalla, s'il te plaît! Le poisson est très cher. Tu ne sais pas qu'il est devenu une denrée rare? Tu ne sais pas que le meilleur poisson va directement à l'étranger et qu'on n'a même pas le droit de le voir?! Le reste va aux autres villes, aux hôtels et aux restaurants de luxe.
- Oui, je sais Sidi, je sais... Nous, les Gadiris, on ne mange que les restes, ils ne nous laissent que le poisson de mauvaise qualité!
- Tu as raison Lalla... C'est la même histoire pour les légumes et les fruits. La qualité sort à l'étranger sans visa et nous, nous mangeons «Dichi»! Tu as déjà vu, toi, une tomate posant, un kilo? Une seule tomate!!
- Allez, pèse-moi un kilo de tes merlans et choisis les gros! Vite, je dois surveiller mon tajine».
Et c'est ainsi toute la journée. S'il lui reste du poisson, il l'étale devant la porte du souk d'Inezgane, à la fin de l'après-midi. ..Le soir, il rentre chez lui, puant le poisson, épuisé. Il fait ses comptes, retire la somme nécessaire pour l'achat du poisson de demain, donne le reste à sa femme.
Il fait ses ablutions et ses prières : celles de toute la journée. Et il va au café du coin, jouer aux cartes avec les hommes ; son seul divertissement!
Voilà comment vit Chaïba, Chaïba qui est venu à «Gadir» la tête pleine de jolis rêves, Chaïba paysan de nature devenu vendeur de poisson pour la survie! Quelle vie de ch... !


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