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Mostafa Labraimi, chargé des relations extérieures au PPS : L'échec des politiques qui servent les intérêts étrangers au détriment des droits des peuples
Publié dans Albayane le 27 - 03 - 2012

Mostafa Labraimi, chargé des relations extérieures au Parti du progrès et du socialisme (PPS), juge que la situation chaotique dans laquelle plonge l'Egypte aujourd'hui est douloureuse pour le peuple égyptien. « C'est un pays où les droits de l'homme ne sont pas respectés et que la gravité des problèmes socioéconomiques sont à l'origine de cette explosion de la masse populaire », a-t-il expliqué.
Selon le militant, il n'est pas étonnant que la situation atteigne son paroxysme suite à un ensemble de maux auxquels la société est confrontée. Le premier, souligne-t-il, concerne l'alternance au pouvoir, laquelle constitue l'un des revendications majeures dans ce pays. La question cruciale de la transition est aussi posée. « Car, supposons que les masses populaires arriveront à faire tomber le régime actuel, faut-il agir dans le cadre de la constitution actuelle telle que révisée selon les désiratas de celui qui maintient toujours le pouvoir ou bien résoudre la crise par l'instauration de la légalité ? », se demande-t-il.
La deuxième raison qui explique cet éclatement social concerne l'évolution de l'ensemble des sociétés arabes, notamment celles de l'Afrique du Nord, en Algérie, en Tunisie et en Egypte. Car, une stabilité politique qui n'arrive pas à déboucher sur une démocratie devient une instabilité, explique-t-il. C'est le cas notamment en Egypte. « Est-ce parce que l'Egypte joue un rôle central dans la région du Moyen Orient qu'il est permis d'empêcher les Egyptiens d'accéder aux droits humains même les plus élémentaires ? », s'interroge Mostafa Lebraimi. Tout au contraire, estime-t-il, il faut développer la démocratie dans ce pays pour faire face aux défis majeurs auxquels est confronté le peuple égyptien.
Mostafa Lebraimi souligne que la leçon tunisienne est on ne peut plus claire. La Tunisie est l'exemple palpable de l'échec lamentable de toute stabilité politique non participative qui se tisse au détriment des droits des peuples. « Ce qui s'est passé en Tunisie est tout à fait légitime. La pression de la rue qui a tenu le coup, bien entendu, encadré par les syndicats, a abouti à l'effondrement du régime Ben Ali».
Et d'enchaîner que les occidentaux sont aussi responsables de cette situation. « Ces pays devraient pousser ces Etats à consolider la démocratie et à écouter les aspirations de leurs peuples et leurs revendications légitimes en matière des droits de l'Homme, de la répartition équitable des richesses et la valorisation de l'élément humain particulièrement les jeunes qui se sentent de plus en plus marginalisés au lieu de faire la sourde oreille et privilégier uniquement leurs propres intérêts. « La Tunisie et l'Egypte représentent l'échec des relations basées uniquement sur les intérêts étrangers au détriment de la consolidation démocratique en interne », conclut-il.


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