Le taux de remplissage des barrages bondit à 70 % : un essor hydrique sans précédent au Maroc    Guerre au Moyen-Orient: entre rapatriements, alertes sécuritaires et divisions occidentales    Ligue 1: Villarreal sur le milieu marocain de l'OM Bilal Nadir    Amical: Les Lionnes de l'Atlas et le Burkina Faso font match nul    Le temps qu'il fera ce mercredi 4 mars 2026    Les températures attendues ce mercredi 4 mars 2026    Tbib Expert – Episode 48 : Tout savoir sur le jeûne du Ramadan et les gouttes oculaires    Financement. Le crédit bancaire poursuit sa progression en début d'année    futuREady : Renault Group veut transformer ses succès en modèle durable face aux défis du marché    CAN Maroc 2025 : Le bilan chiffré du dispositif sécuritaire et judiciaire    Pandémies. La RCA muscle son système de riposte sanitaire    Immunité : le Maroc en tête d'un classement mondial    Berklee au Nigéria : Tiwa Savage ouvre la voie aux jeunes talents africains    La Fondation Ténor pour la Culture lance la 5e édition du Morocco Dance Competition    Ramadaniyates WeCasablanca 2026 : Casablanca célèbre le Ramadan entre ferveur spirituelle et éclat artistique    Bilal Nadir peine à l'OM, un club de Liga prêt à en profiter    Leader offensif du Betis, Abde signe la meilleure saison de sa carrière    L'UM6P de Benguerir organise la 6e édition de la « Science Week »    Mission multisectorielle Club Afrique Développement Cameroun Stand Up for African Women Entrepreneurs (SUFAWE) 2026    France: Portes ouvertes des consulats marocains les 7 et 14 mars    Crise au Moyen-Orient : Emmanuel Macron détaille la riposte et le déploiement français    La Chine publie un livre sur ses réalisations dans la lutte contre la pauvreté    Le ministère Saoudien de la Défense annonce une attaque de l'ambassade américaine à Riyad    Circulation urbaine: 53.540 contraventions et 9.590 PV dressés en une semaine    Minéraux critiques et énergie : l'Inde et le Canada scellent plusieurs accords stratégiques    Le CESE procède à l'élection de son nouveau bureau    Casablanca-Settat : le PDR à 55 % d'avancement    Benchemmach lance le "Manifeste du Maroc à une seule vitesse" pour "extraire les tumeurs de la corruption"    Travail précaire : 1.500 infractions et 856 délits relevés dans les sociétés de gardiennage, de nettoyage et de restauration    Bourse de Casablanca : ouverture en grise mine    Al Ahly : Achraf Dari prêté au club suédois Kalmar FF jusqu'à l'été    L'administration d'Al Arjat 1 s'explique sur les conditions de détention de Ibtissam Lachgar    Holding Al Omrane affiche une progression de 9% de son chiffre d'affaires consolidé en 2025    Guerre au MO : l'ONU parle d'au moins 30.000 déplacés au Liban    L'opération de recensement relative au service militaire, du 2 mars au 30 avril    Maroc–Belgique : vers un dialogue sécuritaire renforcé, incluant la sécurité spirituelle des MRE    Service militaire 2026 : Lancement de l'opération de recensement    Rapport du Parlement européen : 92% des retours des Iles Canaries vers le Maroc restent inexécutés    La Belgique prévoit des investissements et l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Conflit Iran-USA : trois avions américains abattus « par erreur » par le Koweït    Munir El Haddadi fuit l'Iran par la route via la Turquie    Dakar et Abidjan accélèrent leur intégration stratégique    Racisme en Espagne : La FRMF exprime sa solidarité avec Omar El Hilali    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Hypothèses de lecture: Tunis, Khartoum…l'énigme des soulèvements
Publié dans Albayane le 10 - 05 - 2019

Une question anime les débats à Alger: y aura-t-il un effet ramadan sur l'intensité de la mobilisation pour le rendez-vous du hirak hebdomadaire du vendredi? A quelques milliers de kilomètres plus loin, vers le sud-est, une autre capitale africaine, Khartoum, vit au rythme dune mobilisation populaire qui a choisi une formule différente et qui vit de l'espoir de voir ce mois sacré faire aboutir ses revendications légitimes.
A Alger, comme à Khartoum on vit des moments de liesse sans trop de certitudes sur les lendemains dont le contour reste flou.
Dire que ces deux mouvements ont surpris par leur amplitude et par leur forme relève désormais de lapalissade. Certes, ils ont déjà porté un premier acquis avec les changements au sommet de l'Etat concrétisant une revendication populaire, le départ de deux dictateurs. Mais au-delà d'une lecture politicienne, les deux soulèvements interpellent à plusieurs niveaux. Ils invitent à changer de paradigme, celui-là même qui avait montré ses limites interprétatives au moment des premiers soulèvements de l'hiver 2011. Certains n'hésitent pas à parler d'une «réplique» tel un phénomène géologique, Alger et Khartoum prolongeant le séisme du fameux printemps arabe. Le rôle de l'armée comme maître du scénario venant corroborer cette approche comparative. Je ne suis pas pour ma part adepte de cette lecture. Je tenterai plutôt une approche qui se concentrerait sur l'événement lui-même dans le sillage de ce que Michel Foucault avait proposé pour la révolution iranienne.
Le parallèle avec l'Iran est plus que légitime. L'immense foule qui a envahi les rues d'Alger et qui a frappé par son ampleur n'a pas d'équivalent… sauf pour ce qui s'est passé à Téhéran. Le hasard a voulu que le soulèvement algérois arrive 40 ans (février 1979/ février2019) plus tard que le soulèvement iranien qui avait envoyé des millions de gens dans la rue contre le régime du Chah.
Cela nous amène à d'autres conclusions. La plus importante me semble être fondatrice du nouveau paradigme de lecture ; ce qui se passe à Alger et à Khartoum souligne l'impasse d'une lecture sociologique stricto sensu. C'est un événement majeur qui invite à réhabiliter la philosophie politique et l'anthropologie. Michel Foucault avait souligné deux caractéristiques qui distinguaient la révolution iranienne des révolutions politiques qui avait marqué le débit du XXème siècle et que l'on retrouve dans le soulèvement algérien et soudanais.
Un : l'unanimisme de la société. Tout le monde rejoint le hirak; c'est le soulèvement de toute une société conte une caste (la bande, l'3issaba) loin de tout schématisme de classe ! Deux : absence d'une idéologie qui cimente le mouvement ; absence de programme en dehors du mot d'ordre «qu'il dégage tous».
Du coup ce qui donne son sens premier au soulèvement ce n'est pas ce qu'il est porteur comme promesse de lendemain mais comme indication sur un état d'esprit de la société. Pour parler comme Foucault ce n'est pas l'avènement d'un ordre nouveau qui nous intéresse mais l'événement lui-même; «je ne sais pas faire l'histoire du futur» écrit Foucault. Le soulèvement en soi. Ce qui intéresse le philosophe c'est «l'énigme du soulèvement». Ce qui fait sens dans ce qui se passe Place Maurice Audin à Alger ou devant l'Etat major à Khartoum, c'est le soulèvement en soi non pas pour le programme qu'il propose (lequel d'ailleurs) mais comme refus du pouvoir. On assiste à un soulèvement éminemment politique mais contre la politique. «Qu'il dégage tous» met à nu le pouvoir comme pouvoir. Le rituel (chaque vendredi) de la manifestation relève alors de quelque chose d'autre ; une sorte de mise en scène qui permet au peuple de se remette au centre de la scène du pouvoir (la rue). Un moment intense de libération de tous les déterminismes; en somme une fête, un moussem à l'échelle du pays avant que le politique ne retrouve ses prérogatives.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.