Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé ses travaux, depuis le 1er janvier courant, avec une composition renouvelée suite à l'adhésion de cinq nouveaux membres non permanents : le Bahreïn, la République Démocratique du Congo (RDC), le Libéria, la Lettonie et la Colombie. Ce changement intervient dans un contexte qui revêt un intérêt particulier pour le Royaume, compte tenu de la centralité du Conseil dans la gestion du conflit artificiel autour du Sahara marocain. Cette nouvelle configuration revêt une importance supplémentaire pour Rabat, car trois des nouveaux membres — le Bahreïn, la RDC et le Libéria — reconnaissent explicitement la marocanité du Sahara. Ils ont d'ailleurs concrétisé cette position sur le terrain par l'ouverture de consulats diplomatiques à Laâyoune et Dakhla. Une telle démarche consolide le capital diplomatique du Maroc dans les coulisses des Nations Unies et offre un soutien de poids à la position marocaine. L'adhésion de ces pays survient à un moment où le Maroc cherche à préserver les acquis accumulés lors des récentes résolutions onusiennes. Ces dernières ont consacré l'initiative d'autonomie comme cadre sérieux et réaliste pour le règlement du conflit. À cet égard, le Royaume tire avantage du soutien de trois membres permanents du Conseil de sécurité, alors que d'autres pays observent une certaine neutralité vis-à-vis des parties au dossier. S'agissant de la présidence du Conseil de sécurité pour l'année 2026, le Royaume de Bahreïn assurera cette fonction durant le mois d'avril. Cette période coïncidera avec la tenue d'une séance consacrée au briefing de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU sur les derniers développements du processus politique. Il s'agit d'une étape d'une importance particulière au vu de la position constante de Manama en faveur de la marocanité du Sahara. En revanche, la Grèce assurera la présidence du Conseil de sécurité durant le mois d'octobre, date prévue pour la discussion et l'adoption d'une nouvelle résolution sur le dossier. Rabat mise ici sur ses relations stables avec Athènes et sur une marge temporelle qui permettra d'intensifier ses actions diplomatiques. L'objectif est de maintenir la dynamique positive du processus onusien et de renforcer les acquis obtenus en sa faveur suite à l'adoption de la résolution 2797. Des vents internationaux favorables Au sujet de cette actualité, Abdelwahab El Kain, président de l'organisation « AfricaWatch », a déclaré que le processus de renouvellement des membres du Conseil de sécurité de l'ONU — qui a abouti à l'élection du Bahreïn, de la Colombie, de la RDC, de la Lettonie et du Libéria en juin 2025 pour débuter leur mandat en janvier 2026 — porte en lui des implications politiques et diplomatiques majeures. En effet, il aura des répercussions sur la nature des questions inscrites à l'ordre du jour du Conseil pour la prochaine étape, ainsi que sur les angles de traitement et d'interaction avec celles-ci. M. El Kain a ajouté, dans une déclaration au journal électronique Hespress, que cette mutation revêt une importance particulière en termes de relations entre les États nouvellement élus et les parties aux conflits ainsi que les parties prenantes. Cela pourrait offrir des opportunités aux différents acteurs en quête d'un positionnement au sein des débats de haut niveau qu'abrite le Conseil de sécurité. Le même analyste politique a noté que la nouvelle composition du Conseil de sécurité apporte, de prime abord, un souffle positif et favorable aux positions du Royaume du Maroc concernant le conflit artificiel autour de ses provinces du Sud. Il a souligné qu'un certain nombre de pays, tels que la Somalie, le Pakistan et le Panama, reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara, tandis que la Grèce qualifie l'approche marocaine d'autonomie de 2007 de sérieuse et crédible. Cette position rejoint celle du Danemark, qui voit dans ce plan une contribution sérieuse et une base solide pour une solution dans le cadre du processus onusien. Le vice-coordinateur de l'alliance des ONG sahraouies a mis en exergue le renforcement de cette dynamique positive par l'adhésion de pays comme le Bahreïn, le Libéria et la RDC, qui comptent parmi les fervents soutiens de la proposition marocaine d'autonomie. De plus, la Colombie et la Lettonie n'ont exprimé aucune opposition à l'initiative, ce qui reflète une amélioration tangible de l'équilibre des positions au sein du Conseil de sécurité. L'intervenant a poursuivi en expliquant que cette évolution intervient parallèlement au départ du Conseil de sécurité de pays aux positions hostiles au Maroc, au premier rang desquels l'Algérie, principal soutien du front Polisario, ainsi que le Mozambique qui reconnaît l'entité séparatiste. Selon lui, cette conjoncture confère davantage de force et de solidité à la « décision historique » accumulée par le Maroc au sein du Conseil grâce à un parcours politique et diplomatique ardu. L'expert en affaires diplomatiques a précisé que la composition du Conseil de sécurité pour la période 2025-2027 penche aujourd'hui clairement en faveur de la position marocaine, notamment à la lumière de la résolution 2797. Ce texte a ancré l'initiative d'autonomie comme base de référence pour les négociations, et non plus comme une simple option parmi d'autres. M. El Kain a conclu que les mois à venir seront décisifs, alors que le Secrétaire général de l'ONU prépare une revue stratégique dans un délai de six mois. De plus, la montée des pressions internationales incite les différentes parties à s'engager dans des négociations sérieuses basées sur le cadre de l'autonomie, ce qui renforce les chances de parvenir à une solution politique réaliste et durable au conflit. Le Conseil de sécurité et le pari du Maroc De son côté, l'acteur politique Dadai Bibout a noté que la réaction des habitants du Sahara lors de l'adoption de la résolution onusienne historique fut empreinte d'une immense joie. Ils ont accueilli les contenus du discours royal avec beaucoup d'espoir et de certitude quant à la légitimité de leurs institutions, qu'ils voient comme la voie vers la fin d'un conflit vieux de cinq décennies. Ce conflit a engendré des souffrances cruelles pour les Sahraouis des camps de Tindouf, dont le seul tort est de se trouver dans un espace clos sous tutelle algérienne. Dans une déclaration à Hespress, M. Bibout a expliqué que le déséquilibre des rapports de force politiques et l'enchevêtrement des intérêts internationaux ont empêché, pendant de longues décennies, la réalisation de progrès positifs dans ce dossier. Cette situation résulte de l'acuité des tiraillements et de l'exclusion des aspirations des véritables Sahraouis. À cela s'ajoute une obstination à compliquer les voies de solution réalistes qui auraient pu constituer une véritable issue à la tragédie d'une société dont un mouvement séparatiste et son État parrain discutent les problèmes, sans laisser