El Ktiri:La visite de feu SM Mohammed V à M'Hamid El Ghizlane: Un épisode glorieux dans le processus de parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume    Cotonou: Le président du CESE plaide pour le renforcement du rôle des Conseils économiques et sociaux en Afrique    Un projet de loi américain visant à classer le Front Polisario comme organisation terroriste gagne du terrain au Congrès    Le programme du préscolaire réalisé à 80%, bénéficiant à plus de 985.000 enfants.    Kénitra : les autorités annoncent la fin de l'opération de retour des habitants évacués    Industrie de défense : la France avance ses pions sur le marché marocain    Foot féminin : Maroc-Burkina Faso en amical, les 27 février et 3 mars à Rabat    Walid Regragui : entre rumeurs de départ, critiques post-CAN et spéculations sur son successeur    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Nuitées touristiques : Marrakech confirme son leadership national    Comprendre les enjeux de la régularisation de 500 000 migrants en Espagne    Procédure civile : la mue judiciaire est enclenchée    Entre nage extrême et écriture, Hassan Baraka explore «le pouvoir du froid»    Le Chef du gouvernement préside une réunion de suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'Education nationale et du préscolaire    Recherche scientifique : une nouvelle Unité régionale d'appui technique à Fès    Ramadan 1447: 27.700 ménages soutenus dans la province de Taroudant    Sahara : Les Etats-Unis doivent avancer prudemment avec l'Algérie, souligne le Washington Institute    Maroc : dix mesures pour sortir de l'impasse horaire    GITEX AFRICA Morocco : La 4e édition repense l'économie à l'ère de l'IA    Commerce : le Sénégal confirme sa dynamique économique    Football : 5 arbitres suspendus après le match Raja Casablanca - Ittihad Tanger    La Fédération Royale Marocaine de Football dément la séparation avec Walid Regragui    Deux secousses de magnitude 3 enregistrées près d'Ifrane et Al Hoceima sans dégâts    Fusillade de Rotterdam : Le Maroc extrade le suspect vers les Pays-Bas    Italie : Un ex-conseiller à la sécurité condamné à 12 ans pour le meurtre d'un Marocain    Man arrested in Meknes for violent robbery of minor    Sahara: La ONU reacciona a las discusiones de Washington    Fútbol: 5 árbitros suspendidos tras el partido Raja Casablanca - Ittihad Tánger    Le tambour Djidji Ayokwè retrouve la Côte d'Ivoire, 110 ans après son départ    Sahara : L'ONU réagit aux discussions de Washington    Saham Bank : Un PNB consolidé à plus de 6,2 MMDH en 2025    Marché de gros de poisson : Plus de 500 tonnes au 6e jour du Ramadan à Casablanca    Espagne-Témoignage au parlement. Un responsable sécuritaire espagnol salue le professionnalisme et la rigueur des services de sécurité marocains    USA : La nouvelle taxe douanière mondiale de 10% entre en vigueur    Année 2025 record pour le nombre de journalistes tués, les deux tiers par Israël    Gianni Infantino rassure sur l'organisation du Mondial 2026 au Mexique    Etat de l'Union. Trump très ferme face au régime iranien    Alerte météo. De fortes rafales de vent avec tempête de sable attendues dans certaines provinces    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    Bolivia's Decision Disrupts Algeria and the Polisario... A New Victory for Moroccan Diplomacy    Renvoi du joueur Achraf Hakimi devant la justice dans une affaire remontant à 2023    Romain Saïss annonce sa retraite internationale    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Penser le concret
Publié dans Albayane le 02 - 06 - 2020

Le Maroc, pays des contrastes. On le constate de nouveau sur un sujet combien sensible et d'actualité. Alors que les Economistes sont sollicités un peu partout dans le monde non seulement pour venir «au secours» des politiques à peaufiner des plans de relance, mais aussi et surtout pour débattre des différents scénarii de relance en relation avec des problématiques relatives aux projets de société, on constate avec regret une quasi-absence de l'enseignement de cette discipline dans nos universités. Je rejoins dans ce constat amer l'interrogation de notre collègue, politologue avisé, Mustapha Sehimi dans une récente publication intitulée «Mais où est passée la science économique ?».
En faisant référence justement à son absence dans les facultés dites abusivement des «sciences juridiques et économiques ». Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer ce «désert» scientifique, cette misère de le pensée, fort préjudiciables aux intérêts de notre pays?
Avant d'apporter des éléments de réponse, rappelons le contexte général de l'apparition de l'économie en tant que science, de son évolution au fil des années et de son éclatement aujourd'hui en différents courants et écoles. En tant que connaissance générale, l'économie a toujours existé et on la retrouve dans des manuels anciens chez les penseurs arabes, grecs et autres. En tant que science, elle n'est apparue que tardivement avec l'émergence du capitalisme (18 ème-19ème siècle) grâce notamment à l'œuvre de deux économistes devenus désormais célèbres : Adam Smith et David Ricardo.
Cette science économique qui venait de naitre n'était pas neutre. Elle avait un objectif précis et clairement annoncé, consistant à soutenir le caractère progressiste du capitalisme, les bienfaits du marché et à défendre les intérêts de la bourgeoisie montante contre la féodalité qui s'accapare indument la rente foncière. On le voit, dès le départ, la science économique, appelée à juste titre, économie politique, s'est positionnée sur le terrain politique. Le monde imaginé par l'économie classique (bourgeoise) est un monde parfait et harmonieux dans lequel les équilibres se réalisent d'une façon spontanée grâce au secret de la «main invisible».
Mais cette vision idyllique du monde n'a pas tardé à s'estomper pour laisser place à l'apparition des contradictions de toutes sortes et aux crises multiples que les mots d'ordre de « liberté, égalité fraternité» scandés par la bourgeoisie n'ont pas pu résoudre. Il s'est avéré que le capitalisme n'est qu'une phase dans le processus historique et qu'il n'est pas forcément le meilleur pour l'humanité.
C'est dans ce sens qu'est apparu un autre courant de pensée en économie, critique de l'économie politique anglaise, suite aux travaux de Marx avec la publication de son œuvre magistrale non achevée «le Capital». La pensée économique a évolué par la suite dans le prolongement de ces deux courants principaux au point que l'on assiste de nos jours à des dizaines d'écoles de pensée qu'il serait fastidieux d'énumérer dans cet article.
C'est pour cette raison, entre autres, qu'on ne parle plus de «science économique» mais plutôt de «sciences économiques» (l'équivalent de Economics en anglais). Et qui plus est, chacun l'entend à sa manière. Cette diversité d'approche et de méthode n'est pas une mauvaise chose. Au contraire, en stimulant la compétition, elle développe la rigueur dans la réflexion et améliore la qualité et la « compétitivité » du produit.
Ce qui favorise les débats, les échanges scientifiques entre différents courants et donne à l'université, en tant que lieu de production et de développement des connaissances, son prestige. Dans cette incessante «compétition» entre les différentes écoles de pensée, qui ne sont pas étrangères aux luttes sociales et politiques menées sur le terrain, on assiste à des renouvellements, des remises en cause, des critiques et des autocritiques. Bref, à un renouvellement de la pensée et à une fertilisation de l'esprit.
En supprimant les enseignements relatifs aux sciences économiques, en tant que pensée globale, l'université marocaine a mis fin à cette dynamique de «création collective» pour reprendre le titre d'un ouvrage célèbre de Henri Bartoli, grand spécialiste du travail «économie et création collective». L'économie politique n'est palus enseignée comme elle le fut par le passé. Elle est saucissonnée en morceaux et n'est plus en adéquation avec le monde réel. La responsabilité de ce «gâchis», c'en est bien un, incombe à l'université et aux universitaires eux-mêmes, à l'entreprise marocaine qui affiche un certain «dédain» à peine voilé à l'égard de l'économiste jugé «subversif» lui préférant un pur «gestionnaire» discipliné.
Par souci «d'employabilité», toutes les matières qui sont en relation avec la philosophie et qui développent l'esprit critique, ont été bannies de l'enseignement. Les sciences économiques, tout comme les autres sciences sociales sont donc à réhabiliter. «La véritable nature de l'homme n'est pas une donnée passive et immuable, mais une œuvre de la liberté», écrivait Henri Bartoli. Cette liberté, commence par la pensée et se termine dans l'action.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.