Exacerbation de la crise sécuritaire à Tindouf    Un discours copieusement social!    Le Sénat italien lève l'immunité parlementaire de Matteo Salvini    Le Raja retrouve le podium et met la pression sur le WAC    Planète Mars. Le Marocain Kamal Oudrhiri participe à la mission « Persévérance »    Avoirs à l'étranger: le délai des déclarations prorogé    SM le Roi appelle à la vigilance, à la solidarité et au respect des mesures sanitaires    Tous les congés suspendus : Le personnel hospitalier en état d'alerte    France : Le Premier ministre brandit la menace du reconfinement généralisé    Espagne. Les homosexuels marocains accueillis à bras ouverts    Irina Shayk ex Shaykholislamova enflamme les réseaux sociaux    Sept corps rejetés par la mer au large de Tarfaya    BAM: le nombre de billets de banque produit en 2019    Médecine : de nouveaux critères pour entrer en facultés    Covid-19: les cascades d'Akchour interdites aux visiteurs    Liban: le ministre des Affaires étrangères jette l'éponge    Onde de choc dans le secteur de la distribution des produits informatiques et électroniques    Cross country : Les championnats du monde juniors de reportés jusqu'en août 2021    «L'Oriental et la Méditerranée au-delà des frontières», un beau-livre de l'agence de l'Oriental    Redwan El Asmar lance «Samhili»    Parution de la traduction arabe du livre «Les sept patrons de Marrakech»    Edito : Les vraies urgences    Mohamed Benabdelkader: «3000 personnes ont retrouvé la liberté, grâce au recours au procès à distance»    Change: les devises étrangères contre le Dirham marocain    Botola : le Wydad en tête du classement général    USA : collision de deux petits avions, sept morts    Diagnostic réaliste et solutions éclairées    Karima Benyaich : La crise du Covid-19 a renforcé le partenariat stratégique entre le Maroc et l'Espagne    Abdelaâli Benchekroun : Il est de l'intérêt du Royaume, Etat et société, que les choses changent vers un Maroc de la connaissance, du social et de la lutte contre les inégalités sociales    Baisse des prix dans l'industrie chimique en juin    Reconfiguration des chaînes de valeur mondiales, quelles opportunités pour le Maroc ?    Omar Hilale : Grâce à la vision clairvoyante de S.M le Roi, le Maroc poursuit son rayonnement à l'ONU    Cas confirmés, cas graves et décès en nette augmentation    Alzheimer : 21 façons de réduire les risques    Aubameyang offre la Cup et l'Europe à Arsenal    La FRMF remanie le staff de Vahid Halilhodzic    La trop grande emprise des arbitres sur les résultats de la Botola    "Black Is King", le film de Beyoncé célébré, mais aussi critiqué    Le réalisateur de "Midnight Express", Alan Parker n'est plus    Covid-19: Kyrgios annonce son forfait pour l'US Open    Aïd Al-Adha: les « collecteurs » des peaux de moutons se plaignent aussi (VIDEO)    Vidéo: La Nasa rassure sur la Mission Mars 2020    La chanteuse yéménite Balqees Fathi chante la vie est belle en dialecte marocain    L'Espagne en récession, le PIB chute de 18,5%    Vidéo: Le Roi, Amir Al-Mouminine, procède au rituel du sacrifice dans le respect des mesures sanitaires préventives contre la Covid-19    Une nouvelle Consule générale de France nommée à Fès    Aïd Al Adha: Grâce Royale pour 752 personnes    Le secteur des fruits rouges a besoin de "reconnaissance et d'encouragement"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Mali: Un imam rigoriste fait trembler le pouvoir
Publié dans Albayane le 15 - 07 - 2020

«Le départ du président est hors de propos. La seule proposition pour aller de l'avant, c'est un gouvernement d'union nationale qui est attendu par tout le monde (...) Le président a dit, de façon très claire, qu'il souhaitait que des personnalités du M5-RFP [Mouvement du 5 Juin rassemblant divers mouvements politiques et associations de la société civile] viennent participer à l'œuvre du redressement et de la reconstruction».
Tels furent les propos de Blaise Sangaré, le conseiller spécial du président malien Ibrahim Boubakar Keïta, après deux mois de contestation populaire et notamment après l'importante manifestation de ce vendredi durant laquelle plusieurs milliers de maliens ont investi les rues de Bamako, la capitale du pays, pour réclamer le départ du président. Cette manifestation qui a fait suite à celles qui les 5 et 19 juin dernier au cours desquelles les maliens ont réclamé, avec insistance, une coupure radicale avec le système politique qui les dirige, a eu lieu à l'appel du M5-RFP qui est une coalition hétéroclite rassemblant des politiques, des militants anti-corruption, des personnalités issues de la société civile et des religieux et ayant à sa tête Mahmoud Dicko, 66 ans, un imam rigoriste ancien allié d'IBK devenu l'un de ses plus fervents critiques.
Canalisant l'exaspération nourrie par la mort de milliers de personnes lors des violences communautaires et des attaques jihadistes, par le marasme économique, par la crise des services publics et encore par la corruption qui gangrène le pays, le charismatique prêcheur a su fédérer la contestation contre le président Ibrahim Babakar Keita. Interrogé par RFI, en juin dernier, Mahmoud Dicko a évoqué un sérieux «malaise dans le pays, une mauvaise gouvernance (...) et une corruption à ciel ouvert».
Issu d'une famille de notables de Tombouctou et ancien président du Haut Conseil Islamique (HCI), Mahmoud Diko qui incarne un courant rigoriste wahhabite s'était fait connaître des maliens en 2009 lorsqu'en s'opposant violemment à l'adoption d'un nouveau code de la famille soucieux de moderniser les usages matrimoniaux et successoraux dans le pays, il avait contraint le gouvernement d'alors à adopter un texte beaucoup moins «ambitieux» que prévu sur les droits des femmes puis, plus récemment, en faisant censurer un manuel scolaire d'éducation sexuelle qui abordait l'homosexualité.
Sa profonde connaissance de l'Islam est, également, un atout dans la mesure où elle lui permet de s'ériger en interlocuteur privilégié avec les jihadistes mais aussi de jouir de la confiance des élites maliennes. Aussi, obtiendra-t-il, en 2019, le renvoi du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga partisan d'une ligne dure accusé d'avoir contribué à l'aggravation de la crise sécuritaire au centre du Mali.
Si donc dans son mémorandum en date du 30 juin rédigé avant la rencontre du 5 juillet avec le président, le M5-RFP appelait à la dissolution du Parlement et à la formation d'un gouvernement de transition dont lui-même désignera le Premier ministre, aujourd'hui, ce mouvement «réaffirme plus que jamais sa détermination à obtenir par les voies légales et légitimes la démission pure et simple » du président auquel il reproche de «faire la sourde-oreille» aux doléances des maliens, de les ignorer «royalement» et qu'il rend responsable du recul de la croissance économique et de la persistance de l'insécurité face aux attaques des jihadistes.
Est-ce à dire que dans les semaines ou, tout au plus, dans les mois à venir, Ibrahim Babakar Keïta va finir par être écarté du pouvoir par Mahmoud Dicko, son ancien allié ? Attendons pour voir...


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.