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« Calle Málaga » : Maryam Touzani chante Tanger, la mémoire et le droit de rester
Publié dans L'opinion le 30 - 11 - 2025

Avec Calle Málaga, présenté en séance de gala à Marrakech, Maryam Touzani poursuit son exploration délicate des intimités marocaines en y ajoutant une profondeur nouvelle : celle du territoire vécu, de la mémoire héritée et du droit, farouche, d'habiter le monde à sa manière. Après Adam et Le Bleu du caftan, la réalisatrice signe ici un film profondément ancré dans Tanger, sa ville natale, qu'elle filme comme une matrice sensible où s'enchevêtrent les traces espagnoles, les voix du passé et les élans du présent.
Au cœur du récit : Maria Angeles, septuagénaire interprétée avec brio par Carmen Maura. Elle occupe un appartement dans l'historique quartier espagnol de Caleta, un lieu qu'elle chérit avec une fidélité presque viscérale. Quand sa fille Clara, madrilène en difficulté financière, décide de vendre le logement sans son consentement, Maria Angeles choisit la rébellion douce : revenir chez elle, sauver ce qui peut l'être et reconstituer, pièce après pièce, sa vie tangible. Cette lutte intime la conduit vers Abslam — antiquaire tangerin, rugueux et attachant — avec qui elle tisse une relation amoureuse inattendue, lumineuse, superbement filmée dans son intimité la plus sensible.

Touzani bâtit son film sur les interstices des liens humains : les bavardages du quartier, les retrouvailles avec Sœur Josefa, les maladresses entre mère et fille, la lente complicité avec Abslam. Il y a une chaleur communautaire qui traverse chaque scène, une humanité simple qui n'a rien de naïf. Même lorsque le récit devient prévisible, il demeure enveloppant comme une maison qu'on connaît par cœur. La photographie de Virginie Surdej accentue cette douceur : teintes orangées, rosées, façades patinées, rues baignées de lumière. Tanger n'est pas seulement un décor : c'est un refuge, un souvenir collectif, un morceau d'âme.

L'audace du film réside aussi dans sa manière de représenter le désir à l'âge mûr, sans pudeur excessive ni caricature. La relation entre Maria Angeles et Abslam, filmée avec respect et douceur, devient un acte politique : montrer que l'amour n'a pas d'âge, que le corps reste vivant, que la présence de l'autre demeure une source d'élan et de réinvention.

Mais Calle Málaga n'est pas qu'un récit sentimental. Il interroge, avec une grande finesse, les fractures générationnelles : comment comprendre le besoin vital d'un parent de rester là où son identité s'est formée ? comment accepter que l'attachement à un lieu, à une communauté, ne se transmet pas automatiquement ? Le film invite à ralentir, à écouter, à saisir que la stabilité émotionnelle n'est pas interchangeable — et que les vies se bâtissent sur des géographies intimes que personne ne peut décider à notre place.

Sans faire de la morale, Touzani compose un film qui rappelle que l'identité est territoriale, relationnelle, habitée. Et que la modernité, aussi urgente soit-elle, ne devrait jamais écraser le droit d'exister dans le lieu qui nous a faits. Calle Málaga est une œuvre chaleureuse, vivante et profondément humaine. Une ode à Tanger et à celles et ceux qui, malgré le temps, refusent d'être délogés de leur propre histoire.


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