Les équipes régionales de contrôle des douanes à Casablanca, Tanger et Agadir ont été mobilisées, sur instructions des services de contrôle central de l'Administration des douanes et impôts indirects, pour auditer des opérations d'importation suspectes réalisées par des sociétés fictives ayant bénéficié d'importantes exonérations fiscales et douanières avant de disparaître du « radar » des contrôleurs des douanes et des impôts. Selon des sources bien informées, les premières investigations, portant sur 23 entreprises suspectes, ont permis aux contrôleurs de réunir des informations importantes concernant l'exploitation par certains importateurs du régime d'admission temporaire pour introduire des marchandises sans payer les droits, puis les vendre sur le marché intérieur via des « sociétés écran » enregistrées au nom d'employés. Les mêmes sources indiquent que l'audit a révélé un écart important entre le volume des importations et celui des exportations, avant qu'il ne soit constaté que certaines sociétés n'avaient enregistré aucune opération d'exportation, ce qui a confirmé la revente illégale des marchandises sur le marché local. Les sources précisent également que les contrôleurs des douanes ont profité des résultats d'analyses de données au niveau central pour détecter le recours, par les personnes impliquées dans ces importations fictives, à des techniques visant à éviter les procédures de contrôle renforcées, notamment en créant plusieurs sociétés puis en les mettant volontairement en faillite après chaque opération d'importation. Nos sources expliquent que les véritables propriétaires de ces entreprises cherchaient à se protéger juridiquement et à éviter toute poursuite, en enregistrant les sociétés impliquées dans ces opérations commerciales suspectes au nom d'autres personnes. Les sources bien informées révèlent également l'élargissement du champ des contrôles en cours à d'autres régions du Royaume, après la réception d'informations faisant état de la création de sociétés dans différentes villes par des fraudeurs afin d'échapper aux contrôles. Cette opération intervient après des interventions similaires menées par les équipes régionales de contrôle au cours des deux dernières années, ayant abouti à la saisie de produits importés sous le régime temporaire pour une valeur de 8,7 milliards de dirhams, tandis que l'Administration des douanes a pu recouvrer près de 230 millions de dirhams de recettes supplémentaires. Selon les sources de Hespress, les équipes régionales de contrôle des douanes poursuivront leurs investigations afin d'identifier les véritables responsables et bénéficiaires des opérations de fraude douanière utilisant des sociétés fictives, en analysant tous les liens possibles entre les différentes entités mises en cause, pour dévoiler les responsables de réseaux potentiels exploitant les exonérations douanières et manipulant les spécifications techniques des marchandises importées. Dans ce contexte, les mêmes sources indiquent que les enquêtes des contrôleurs se concentreront, dans les semaines à venir, sur la vérification de l'implication de dirigeants de sociétés fictives dans la falsification des données techniques des marchandises importées, sur la base d'informations provenant des services de contrôle des opérations commerciales et de la valeur relevant du département de contrôle de l'Administration des douanes et impôts indirects, ce qui permettra de détecter les contradictions dans les spécifications des produits importés du même fournisseur étranger, notamment de Chine. Il est à noter que le nouveau système numérique des douanes, basé sur des technologies d'intelligence artificielle, a permis de repérer toutes les factures suspectes incluses dans les dossiers d'importation, le système étant connecté à une base de données des administrations douanières étrangères liées au Maroc par des accords d'échange d'informations. Il s'appuie également sur les organisations professionnelles pour vérifier les prix réels. Grâce à la numérisation de la plupart de ses procédures et à l'interconnexion avec certains partenaires, l'Administration des douanes dispose désormais d'une base de données facilitant les opérations de contrôle. La Commission nationale de ciblage s'appuie sur cette base pour vérifier la crédibilité des déclarations et détecter toute irrégularité dans les documents fournis.