Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Les retraités réclament une hausse de 2.000 dirhams des pensions    Brazzaville: Denis Sassou Nguesso prête serment    Youssef Belal remporte le Hart-SLSA Book Prize 2026 pour «The Life of Shari'a»    Elections 2026 : Un projet de décret sur le soutien financier aux candidats de moins de 35 ans    Sécurité alimentaire : Le Maroc livre un deuxième lot d'engrais au Ghana    Transport routier : Hausse de 25 % du soutien octroyé aux professionnels    Transparence budgétaire : le Maroc conforte sa position dans l'EB0 2025    Bourse de Casablanca : ouverture en hausse    Ethiopie. Trois secteurs dominent l'emploi    Cyberattaques : La Namibie sous pression    Renault Captur : le renouveau du SUV urbain qui monte en gamme    L'Iran a accepté de céder son uranium enrichi, annonce Trump    Kaja Kallas : « Le Maroc, un partenaire stratégique clé pour l'Union européenne »    Ligue des champions : le FC Barcelone saisit à nouveau l'UEFA contre l'arbitrage    Lions de l'Atlas : trop de rumeurs autour de l'Olympique de Marseille ?    CAN 2025 : le buteur de la finale relance la polémique et revendique le titre pour le Sénégal    Mondial 2026 : Infantino promet un show inédit à la mi-temps de la finale    Azzedine Ounahi vers l'Atlético Madrid ? Ce que l'on sait vraiment    Riaya : Signature de deux conventions pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes    Le temps qu'il fera ce vendredi 17 avril 2026    Les températures attendues ce vendredi 17 avril 2026    Support fund approves 107 projects to boost women's representation in elections    Morocco and the European Union: Strengthened cooperation and support for the Sahara issue    Youssef Belal gana el premio Hart-SLSA Book Prize 2026 por «The Life of Shari'a»    Célébration à Tanger : 15 ans d'une coopération sécuritaire maroco-américaine à haute valeur stratégique    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Sahara marocain : L'UE soutient officiellement le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine (vidéo)    Trump dit qu'Israël et le Liban sont d'accord pour un cessez-le-feu de 10 jours, sans mention du Hezbollah    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    Alliance stratégique : Rabat et Washington officialisent une nouvelle décennie de coopération militaire renforcée    7 Soudanais sur 10 dans la pauvreté : l'alerte choc de l'ONU    Nayef Aguerd forfait pour le reste de la saison, incertitudes sur le Mondial 2026    Le 10km International de Casablanca de retour en 2026    GISS 2026 : Le Maroc et le Ghana renforcent leur coopération dans le transport    Croissance au Maroc : La demande intérieure et le secteur agricole en tête    Spectacle. Bryan Adams pose sa guitare au Maroc    CV, c'est vous ! Ep-92. Zakaria Benammi, l'expert qui simplifie la finance en darija    L'humoriste franco-marocain Booder se produit à Casablanca et à Marrakech    La France, invitée d'honneur du SIEL 2026    Stuttgart : Bilal El Khannouss relance la machine et fait taire les critiques    Alerte météo : vague de chaleur de vendredi à dimanche dans plusieurs régions    Moussem : A Moulay Abdellah, on prie, on galope, on danse... et maintenant on appelle d'offres    Réseaux sociaux : Macron pousse l'Europe à dire stop pour les moins de 15 ans    Quand la diplomatie chinoise redessine les équilibres entre le Moyen-Orient et le Pacifique    Mohamed Hmoudane : La littérature et la poésie s'invitent à la Fondation Hassan II pour les MRE    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La beauté de l'art et le plaisir de l'écriture
Publié dans Albayane le 01 - 10 - 2020


Retour sur l'ouvre de Mamoun Lahbabi
Par Noureddine Mhakkak
Professeur à l'université Hassan II de Casablanca jusqu'en 2017, Mamoun Lahbabi a d'abord écrit des livres en sciences économiques avant de s'engager en littérature au début des années 90. Il en est aujourd'hui à son dix-septième roman dont les derniers sont :
«Où aller pour être loin» (Ed Marsam, 2017), «Nulle part loin de toi» (Ed Orion, 2018),
«Le dernier manuscrit» (Ed Marsam, 2019). A paru cette semaine aux éditions ONZE son nouveau roman «Tout ce qu'il aimait».
Voilà une interview avec lui .Bonne Lecture.
Que représentent les arts et les lettres pour vous ?
-Toute la beauté du monde est représentée dans l'art. L'art est l'espace de toutes les libertés, là où l'imaginaire s'envole à l'abri de toutes entraves. Il est à l'origine de l'éblouissement des sens. « L'art est ce qui résiste à la mort », disait A. Malraux.
La littérature rejoint l'art en ceci, qu'à son tour, elle dit l'impossible pour parachever les possibles du quotidien. La littérature ajoute de la vie à la vie. Elle permet de révéler l'invisible en ouvrant au lecteur le sens enfoui dans la chair des mots.
Que représente l'écriture pour vous ?
– L'écriture est un partage d'intimité, et en cela elle établit un lien entre l'auteur et son lecteur. En écrivant, l'auteur « devient ce qu'il est » selon le mot de Nietzsche ; en lisant, le lecteur s'enrichit d'univers dont il était ignorant. En écrivant, l'auteur se confronte à lui-même ; en lisant, le lecteur bouscule ses certitudes.
« Je n'écris pas, je pousse un cri », disait V Hugo. Ce cri, le lecteur l'entend..
Parlez-nous des villes que vous avez visitées et qui ont laissé une remarqauble trace dans votre parcours artistique.
– Mes errances m'ont fait parcourir de nombreuses rondeurs du monde. A chaque fois, ce fut un réel contentement. L'Autre est toujours une source où il est agréable de boire.
Chaque ville, quel que soit le pays, possède propres ses trésors. Il suffit d'ouvrir les yeux, de tendre l'ouïe, de dresser sa curiosité pour s'en emparer.Quelles ont été les plus marquantes ? Je citerai celles dont le souvenir provoque encore en moi une déflagration d'émotion : Luang Prabang au Laos et son atmosphère jaillie d'un conte oriental ; Florence, Paris, ou encore Petersbourg, ces écrins de l'art dont la contemplation renouvelée ravive le même plaisir ; Le Caire, son cadeau d'un voyage au fond des âges et la rencontre des bâtisseurs d'une puissance que ni les sables du désert ni l'usure du temps n'ont pu ensevelir.
Et Fes, bien sûr, je parle de la vieille ville, la médina, dont chaque venelle est un départ dans une histoire qui n'a pas encore livré tous ses secrets.
Et pour les livres / romans que vous avez lus?
– Les romans ressemblent aux villes. A sa façon, chacun est marquant. Toute lecture apporte sa part d'évasion et de questionnement. Chacune est un nouvel apprentissage, un plus dans la manière de voir le monde, un mieux pour pénétrer l'âme humaine.
Dans le somptueux banquet de la littérature, y-a-t-il des préférences ? Balzac et «Le lys dans la vallée» pour s'éblouir de la description d'une passion contrariée; «Anna Karenine» de Tolstoï pour découvrir l'âme russe au décours de l'aristocratie; «La pitié dangereuse» de Zweig pour partager les mésaventures de la générosité et de la compassion ; « Le procès » de Kafka pour mesurer les dégâts où peut conduire l'absurdité d'un système sclérosé.
J'aurai aussi une pensée pour «L'hôpital» de A .Bouanani, un roman âpre mais combien vrai et que les années ont trop rapidement effacé.
La lecture autant que l'écriture ne comble pas seulement un plaisir, mais répond, bien souvent, à un intense désir.
Que représente la beauté pour vous?
– «Sois beau et fais ce que t'inspire ton cœur», disait E.Renan sans toutefois préciser les repères de la beauté.
La beauté serait-elle le déclencheur de l'émotion positive, de la passion heureuse, le sentiment d'une réjouissance, l'adhésion jouissive d'une représentation ? Serait-elle l'infinité des perceptions subjectives puisque chacun en a une figuration particulière ?
La beauté est peut-être ce qui alimente notre désir de mieux devenir. Un modèle en somme qui a le mérite d'appartenir à un chacun, qui se partage seulement dans une adhésion volontaire. Elle s'exonère de tous arguments : jamais mesurable et toujours ressentie.
Elle transcende le temps et condamne l'homme à sa quête perpétuelle.
«Le beau, c'est ce qui désespère», disait P .Valery.
Pourriez –vous nous parler de votre dérnier roman ? Pourriez -vous nous donner au moins un petit résumé?
Voilà le résumé de mon dernier roman «Tout ce qu'il aimait» : Slimane est un petit fonctionnaire dans une Commune de Casablanca. Travailleur pointilleux, il progresse lentement dans une carrière qui lui laisse néanmoins peu de perspectives. En dépit de sa situation financière précaire, il ne trempe pas dans les malversations dont il est témoin. Marié à Sanae, -une épouse aimante-, et père d'une fillette, il est heureux malgré les difficultés du quotidien. Jusqu'au jour où son collègue l'entraîne dans l'univers des courses hippiques en lui faisant miroiter des gains susceptibles de transformer son existence. De course en course, et de perte en perte, Slimane s'endette au point d'hypothéquer le petit logement acquis à la faveur d'un programme communal. Le besoin insatiable d'argent le pousse inexorablement vers la corruption dont il devient un acteur zélé au point d'indisposer ses collègues pourtant rompus à la pratique. Il s'enchaîne alors dans la spirale jeu/corruption qui le mènera dans une chute où il sera acculé de renoncer à son épouse et à sa fille.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.