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La valse des entraîneurs, tâche noire de la Botola
Publié dans Albayane le 01 - 03 - 2021

La valse des entraîneurs des clubs du championnat national de football se poursuit toujours, d'une saison à l'autre. C'est devenu monnaie courante dans notre Botola où les président de clubs changent d'entraîneurs comme ils changent de chemises.
Les exemples sont nombreux et cette saison s'annonce déjà perturbée tout comme l'année précédente où pas moins de 8 entraîneurs avaient été renvoyés à l'approche de la 10e journée avant que cette problématique ne s'aggrave par la suite.
Cette saison, et alors qu'on est à peine à 3 journées de la fin du premier tiers de la Botola, nos clubs venaient d'émerger du lot, encore une fois. 7 entraîneurs ont été remerciés au terme de la 7e journée, à raison d'un coach par journée. Un record même a été enregistré au terme de la précédente journée marquée par le renvoi de pas moins de 5 entraîneurs virés en une semaine. Il s'agit d'Abdellatif Jrindou du Moghreb de Fès, Youssef Fertout du Rapide Oued Zem, Youness Bellahmer du Moghreb Tétouan, ainsi que ceux de la Division 2, Mhamed Lkisser du Kawkab Marrakech et Abderrahim Taleb du Tihad Casablanca. Ils se sont ajoutés aux autres victimes dont Mohamed Ismaili de la Renaissance Zemamra, Abdesslam Ouaddou du Mouloudia Oujda, alors que Taleb a été contraint de quitter deux clubs en un laps de temps en jetant l'éponge au TAS juste un mois et demi après que l'AS FAR l'ait remercié.
En attendant les prochaines victimes qui peuvent tomber à n'importe quel moment, l'accent des limogeages des entraîneurs ne fait donc que s'accentuer et les clubs restent les grands perdants.
Les clubs en question ne savent d'ailleurs pas ce qu'ils veulent avec des entraîneurs manquant, certes, de résultats positifs et qui sont souvent sous la sentence de leurs dirigeants tellement exigeants. Tout le monde veut s'imposer et remporter des titres, les petits clubs comme les moyens alors que seuls les grands clubs ont les atouts d'achever en leader ou en beauté. Ces dirigeants exigeants qui n'en veulent rien savoir, doivent admettre que la Botola qui ne peut être dominée que par les clubs forts de leurs stabilités techniques. La logique favorise souvent les clubs ayant gardé leurs entraîneurs respectifs comme c'est le cas du duo casablancais de tête, le Wydad du Tunisien Faouzi Benzerti qui se trouve à un point de son poursuivant immédiat, le Raja champion en titre, et son coach national Jamal Sellami. Les deux clubs, Rouges et Verts, sont entrain de creuser l'écart avec 6 à 7 points de la 3e place du podium occupée par la RS Berkane et son jeune cadre national, Tarek Skitioui.
Que dire donc de ces équipes qui sont toujours à la recherche du déclic psychologique escompté à travers la séparation avec leurs entraîneurs, maintes fois, mais qui n'arrivent pas à diagnostiquer le mal là où il réside. Car au lieu de chercher les solutions adéquates mettant fin à leurs crises techniques, ces clubs omettent tout simplement de responsabiliser leurs dirigeants qui restent les premiers coupables de leurs échecs. Au lieu donc de prendre l'entraîneur comme bouc émissaire et le renvoyer, il faut commencer par le président qui ne porte que le nom de dirigeant... Cela, on peut le constater au sein de certaines équipes dans notre Botola comme le MAS et ses dirigeants qui veulent un entraîneur ayant la bague magique des résultats positifs. En sollicitant l'Argentin Miguel Angel Gamondi, qui venait d'être doublement remercié par le HUSA et le WAC, les dirigeants fassis souhaitent brûler les étapes en pensant à leur chance de remporter le titre ou du moins avoir une place sur le podium. Chose qui reste tellement difficile si ce n'est impossible pour une équipe fassie qui venait juste de retrouver la Division d'élite après tant d'années en série inférieure. La logique stipule qu'un travail de base et soigneusement réfléchi doivent être pris en première considération. Les dirigeants fassis doivent, tout d'abord, penser au maintien de leur club en compagnie de son coach remercié, Abdellatif Jrindou, avec lequel le MAS a réussi le retour en Division des grands. Les résultats positifs souhaités viendront certainement par la suite, toujours avec un travail de base et à long terme.
Ce qui est dit pour le MAS l'est aussi pour le TAS, l'autre ancien club qui venait de retrouver la Division 2 après tant d'années chez les Amateurs. Le TAS est tout simplement entrain de réaliser des résultats contradictoires... Après un premier sacre historique en Coupe du Trône et un parcours honorable en Coupe d'Afrique de la CAF qu'il a quittée au bout de la phase de poules, le TAS ne fait que le contraire au championnat en pataugeant en bas du classement et risquant ainsi le retour en Division des Amateurs. L'instabilité technique avec le changement de pas moins de trois entraîneurs en une seule année reste la principale cause de ce revers plein de conséquences et dont la responsabilité incombe aux dirigeants du club casablancais cher au quartier Hay Mohammadi qui mérite mieux, notamment le retour à sa place d'antan, celle de la Division d'élite des grands...
Ce sont là quelques exemples de deux anciens clubs, casablancais et fassis, ayant marqué l'histoire du football national avec de beaux souvenirs, ici et là, mais qui risquent malheureusement de refaire des pas et des pas en arrière.
Idem pour la majorité des clubs de la Botola en D1 qui souffrent de leur instabilité technique et qui sont en mal de gouvernance avec des dirigeants ne jurant que par le licenciement des entraîneurs, à chaque fois qu'il s'agit de résultats négatifs.
Dans l'ensemble, notre Botola classée parmi les meilleurs en Afrique et qui reste forte de son oiseau rare, le joueur talentueux et prometteur, se trouve aujourd'hui des plus instables, techniquement. A tel point que conserver sa place à la tête d'un club plus d'une année ou du moins terminer la saison sans cette frénésie des limogeages d'entraîneurs relève de quelque chose d'extraordinaire au championnat national, pratiquement toute division confondue.
Que notre fédération bouge afin de faire l'essentiel. Du moins pour stopper l'hémorragie de cette valse en réactivant le rôle de la loi sur l'entraîneur établie, ces dernières années, par la boite fédérale...


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