Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    Commerce de proximité : Cash Plus lance le paiement par QR Code    CGEM : Pharma 5 obtient le label RSE    Paris : le Maroc signe une Déclaration sur le financement de l'énergie nucléaire    Info en images. Casablanca-Settat : Perspectives prometteuses pour la campagne agricole 2025-2026    La Kabylie frappe aux portes de l'Europe... Réception de Ferhat Mehenni au Parlement européen    Nayef Aguerd va subir une intervention chirurgicale    Agadir : un nouveau stade de 15.000 places    Rabat: Remise des premiers labels "Musée du Maroc"    Nabyla Maan en concert exceptionnel à Rabat    Afrique. L'IA pour stimuler l'industrialisation    Services marchands non financiers: 36% des patrons anticipent une hausse de l'activité    Alger : participation en baisse au «forum diplomatique» de soutien au Polisario    Maroc : Les supporters sénégalais repasseront devant la justice le 16 mars    La justice néerlandaise blanchit un ancien employé des accusations d'espionnage pour le Maroc    GASPI : Afrique et Golfe main dans la main    Pourquoi les gouvernements qualifient-ils les mouvements de liberté de « terroristes » ?    Football congolais : le président de la FECOFOOT condamné à perpétuité    L'UE adopte de nouvelles sanctions contre 19 responsables et entités iraniens    Congrès US : le soutien au projet de loi visant à classer le polisario organisation terroriste s'élargit    La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture attendue à Rabat et Laayoune    Moulay Abdellah meilleur stade au monde : le Maroc remporte le titre de « Stade de l'Année 2025 »    L'Algérien Abdelhak Benchikha nommé nouvel entraîneur de l'Ittihad Tanger    Le cavalier marocain Nall Zeroual qualifié pour les finales du Challenge Mondial de Saut d'Obstacles 2026    Marruecos y España se disputan la joya del Real Madrid Thiago Pitarch    Arrestation de six individus pour violences liées au sport à Casablanca    Accidente mortal de policías cerca de Sidi Ifni: el conductor condenado a cuatro meses de prisión    Le Chef du gouvernement préside une réunion pour le suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation    France : Les classes préparatoires marocaines dominent le palmarès des meilleures prépas étrangères    La Côte d'Ivoire investi dans le capital humain    NOOR ATLAS : Bank of Africa appuie un nouveau programme solaire de 240 MW au Maroc    Maroc : l'accès des filles à l'enseignement supérieur reste limité, malgré les progrès de la scolarisation    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    Un nouvel espoir pour les patients... Des scientifiques chinois développent une technologie qui renforce l'immunothérapie contre la leucémie    Gessime Yassine, la nouvelle pépite marocaine qui séduit l'Europe    Coupe du monde 2026 : Trump assure à Infantino que l'Iran pourra participer    L'ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, pressenti pour diriger l'AFD    Thiago Pitarch, nouveau duel entre le Maroc et l'Espagne    Nasser Bourita s'entretient à Paris avec le ministre français des AE    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Trump menace l'Iran de "conséquences militaires sans précédent" si Téhéran mine le détroit d'Ormuz    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    Ethiopie. Le livre de Abiy Ahmed devient une bibliothèque pour le public    Akhannouch représente le Roi au 2è Sommet international sur l'énergie nucléaire à Paris    Le Maroc sous les projecteurs avec l'émission «Voyage Voyage» sur France Télévisions    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Accouchement par césarienne, le professeur Chenfouri explique les bienfaits de cet acte :Une pratique qui sauve des vies
Publié dans Albayane le 21 - 09 - 2010

Il y a à peine 50 ou 60 ans, la grande majorité de nos concitoyens est venue au monde grâce à l'accouchement par voie basse. Il faut rappeler que dans bien des cas ces accouchements ont eu lieu à domicile et que c'est une «Kabla» qui a veillé au déroulement de ces accouchements.
Il faut dire que le taux de mortalité maternelle était de 672 pour 100.000 naissances vivantes (haut commissariat au plan) Aujourd'hui la donne a totalement changé, prés de 85% des accouchements se déroulent en milieu hospitalisé ou la présence d'une équipe médicale spécialisée veille en permanence pour permettre aux femmes enceintes d'accoucher en toute sécurité. Et quand l'accouchement par voie basse est impossible ou susceptible de représenter un danger pour la vie de la mère ou de celle de son fœtus, la pratique d'une césarienne est souvent un acte chirurgical qui sauve des vies. Pour les besoins de notre dossier, nous avons rencontré le docteur Abdelillah Chenfouri gynécologue dans le secteur libéral à Casablanca, qui a bien voulu répondre à toutes nos questions.
*Que signifie le terme césarien ?
-C'est une opération chirurgicale permettant d'extraire le fœtus de la cavité utérine par voie abdominale après incision de l'utérus. On peut aussi dire que c'est une intervention chirurgicale permettant d'extraire l'enfant vivant lorsque l'accouchement ne peut pas s'effectuer naturellement, c'est-à-dire par voie basse.
*Qu'est ce qui justifie le recours à cette pratique ?
-Comme je vous l'ai expliqué, la décision de pratiquer ou non une césarienne est du ressort du praticien qui agit en son âme et conscience et qui est orienté dans ce choix par le souci de préserver la santé de sa patiente. Nous décidons de pratiquer la césarienne lorsque la naissance par les voies naturelles présente un risque pour la maman et l'enfant. Bien entendu il y a des indications qui sont connues pendant la grossesse, quand le médecin pratique les examens et les bilans lors des différentes consultations et il y a des indications qui pourront se présenter lors de l'accouchement.
*Quelles sont ces indications ?
- Elles sont nombreuses et variées, mais d'une manière générale on retrouve toujours les mêmes, à savoir un bassin trop étroit pour que le bébé puisse s'y engager.
Lorsque le bébé est trop gros, ou qu'il se présente par le siège. Quand il s'agit d'une grossesse multiple (des triplés…ou plus).
En cas de placenta previa, c'est à dire d'insertion basse du placenta, qui peut recouvrir le col de l'utérus et donc constituer un obstacle au passage du bébé. L'hypertension, représente aussi un risque vital pour la mère et le bébé. Quand la maman est diabétique. Les facteurs rhésus mère-enfant sont incompatibles.
Dans le cas d'utérus cicatriciel et que la naissance fait courir un risque d'hémorragie à la maman…
Je tiens à préciser que ces indications sont les plus courantes, mais il peut en exister d'autres. Dans tous les cas de figure le praticien est seul juge pour décider de la nécessité ou non d'une naissance par césarienne. Mais quand la césarienne est programmée, la décision intervient le plus souvent dans les deux semaines ou les dix jours qui précèdent la date prévue de l'accouchement.
*La césarienne représente-t-elle des risques ?
- On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de risque. De toute manière il n'y a pas de risque zéro. En fait les risques couramment rencontrés sont ceux liés à la chirurgie. Il existe tout d'abord un risque lié à l'anesthésie, surtout si elle est générale : allergie, arrêt respiratoire ou cardiaque... C'est pourquoi on préfèrera une anesthésie locorégionale telle que la péridurale. Elle permet à la patiente de vivre l'instant de la naissance et elle est moins nocive pour le bébé. Très fréquemment employée à une dose légère au cours de l'accouchement, l'action de la péridurale est renforcée si une césarienne est décidée en cours de travail. Un risque opératoire d'hémorragie ou d'infection existe également. Ainsi qu'un risque post-opératoire de phlébite à ne pas négliger.
*Est-ce une intervention qui prend beaucoup de temps ?
- Vous savez personnellement je pense que c'est une question de dextérité des uns et des autres, des moyens humains et matériels existant au sein des blocs opératoires. D'une façon générale la compétence joue un rôle essentiel et certains praticiens sont plus rapides que d'autres. Mais il importe surtout d'être précis et méticuleux. La durée habituelle est d'environ trente à quarante-cinq minutes. En cas de complication, cela peut dépasser une heure, mais c'est très rare. Actuellement, l'utilisation de nouvelles techniques permet même d'agir en 15 minutes, toutes sutures faites !
*Est-ce une pratique courante au Maroc ?
- Il faut savoir que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), préconise un taux 5 et 15% en ce qui concerne les naissances par césarienne. Notre pays accorde une très grande importance à la mortalité maternelle et infantile .Le ministère de la santé déploie de grands efforts pour faire baisser le taux de mortalité maternelle et pour ce faire, des actions sont entreprises pour assurer une prise en charge médicalisée de tous les accouchements. Il faut savoir que le taux d'accouchement en milieu surveillé a augmenté de 22 %, en passant de 63 % en 2003 à 83 % en 2009.
Ainsi, la proportion des femmes qui accouchent à domicile n'est plus que de 17 % contre 37 % en 2003. Quant au taux de césarienne, il est passé de 5,4 % en 2004 à 7,5 % en 2009. Par ailleurs la pratique de la césarienne est totalement gratuite au sein des hôpitaux, ce qui contribue grandement à la réduction des barrières d'accès aux soins obstétricaux et partant réduit la mortalité maternelle. Mais ces taux ont tendance à connaître une courbe exponentielle, certaines maternités du secteur public arrive à réaliser 13 voire 20 % de césariennes quand les conditions requises sont réunies (équipements, personnel qualifié, garde médicalisée, réanimation conforme aux normes, médicaments …) Le problème se pose dans les hôpitaux périphériques et au niveau des maisons d'accouchement ou il y a un manque d'équipements, pas assez de médecins gynécologue, d'anesthésiste réanimateur. C'est là ou des efforts doivent être consentis
S'agissant du secteur privé, il faut dire que la césarienne est plus pratiquée et il n'est pas exagéré de dire que ce taux avoisine les 40% dans certains établissements privés. Les considérations à ce constat sont nombreuses. Les femmes sont de plus en plus exigeantes, et veulent accoucher vite, sans douleurs et sans difficultés. Un accouchement par voie basse chez une primipare peut durer plus de 12 heures. Aujourd'hui nous constatons que tout le monde cherche la facilité, la sécurité, ce qui fait que le gynécologue se trouve confronté à des exigences auxquelles il doit répondre, faute de quoi il peut se retrouver face à des problèmes.
*Quel est le coût d'une césarienne ?
- C'est une question à laquelle il m'est très difficile de vous répondre. Chaque césarienne est un cas particulier. Vous savez l'heure quand vous entrez au bloc opératoire, mais vous ne pouvez pas savoir combien durera l'intervention. Ce qu'il convient de savoir, c'est qu'une césarienne nécessite l'intervention de toute une équipe de professionnels de santé ainsi que l'usage de quantités plus importantes d'anesthésies, de produits pharmaceutiques et de médicaments que pour une naissance normale et enfin qu'elle induit également plusieurs journées d'hospitalisation pour la mère et son bébé. Il est tout à fait normal que son prix soit supérieur à celui d'un accouchement par voie basse.
Pour conclure disons que la pratique de la césarienne quand elle est indiquée, justifiée sauve, à ne pas en douter, des vies et contribue grandement a faire chuter le taux de mortalité maternelle dans notre pays. Certaines personnes la vivent mal, s'en remette très lentement et d'autres la vivent très bien et peuvent s'en remettre très vite, tout dépend des conditions physiques des uns et des autres. Nous remercions le docteur Abdelillah Chenfouri qui a bien voulu nous recevoir et d'avoir répondu à nos questions.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.