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Éditorial : Cas d'école
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 28 - 08 - 2003

L'USFP est décidée à prendre la part qui lui revient dans le scrutin communal du 12 septembre. Élément important du paysage politique autant par son poids que par son histoire, l'USFP a ceci de particulier que ses empoignades internes ne relèvent pas du domaine du secret ou du non-dit. À peine naissent-elles qu'elles atterrissent sur la place publique en prenant tout de suite une tournure spectaculaire.
L'USFP est décidée à prendre la part qui lui revient dans le scrutin communal du 12 septembre. Élément important du paysage politique autant par son poids que par son histoire, l'USFP a ceci de particulier que ses empoignades internes ne relèvent pas du domaine du secret ou du non-dit. À peine naissent-elles qu'elles atterrissent sur la place publique en prenant tout de suite une tournure spectaculaire. Les plus avisés des observateurs des convulsions de la scène politique nationale croient y déceler automatiquement la vieille rivalité Youssoufi-Yazghi : le Premier secrétaire et son adjoint qui se disputent pour que chacun adoube les siens aux dépens de ceux de l'autre. C'est ce qui est arrivé à l'occasion de la préparation des listes des communales. Les mécontentements et les frustrations de certains candidats, qui n'ont pas obtenu la place de choix convoitée, ont fait vite de transpirer et de prospérer dans la presse. Après tout, c'est un signe de bonne santé que l'opinion soit tenue informée de ce qui se passe à l'intérieur d'un parti. Mais lorsque les querelles de personnes tendent à tenir lieu de débat d'idées cela risque de se retourner contre le parti, son image et ses militants.
En fait, l'USFP s'est attachée depuis quelque temps avec plus ou moins d'habileté politique à assainir ses rangs et à mettre de l'ordre dans ses rouages. Cette entreprise qui s'est faite non sans douleur a commencé à partir du dernier congrès du parti en avril 2001 à Casablanca avec le retrait juste avant l'ouverture des travaux des assises du syndicaliste Noubir Amaoui et de ses partisans. Il s'est avéré par la suite que le leader de la CDT a rendu sans le savoir un grand service à l'USFP qui s'est débarrassé sans que le parti ait à le faire d'un homme encombrant considéré comme un facteur de blocage par ses anciens compagnons. En effet, M. Amaoui et son courant rejoint par une ribambelle d'aigris n'ont pas tellement assumé le passage en 1998 de l'USFP de la culture d'opposition à celle de gouvernement. Il fallait donc que la nouvelle USFP sous la houlette de celui qui l'a propulsé dans les allées du pouvoir, Abderrahmane Youssoufi en l'occurrence, procède à son aggiornamento en se délestant des boulets qui entravent sa marche de reconquête du pouvoir. Une marche stoppée net par la remise en cause de l'alternance et l'avènement en novembre dernier d'un gouvernement dirigé par un Premier ministre technocratique. M. Youssoufi et ses amis en ont conçu dans la foulée une certaine amertume sans pour autant aller jusqu'à maintenir leur position initiale de refus de participation dans le cabinet de Driss Jettou.
Les élus prévaricateurs et prébendiers traversent l'ensemble de la classe politique toutes tendances confondues. L'USFP ne déroge pas à la règle. Ville dont le cœur a toujours balancé à gauche et où l'USFP locale s'est constamment déchirée, Agadir incarne cette incurie municipale dont les symboles furent écartés non sans tintamarre par la base au profit d'une nouvelle génération de candidats. Le parti, qui veut conquérir les grandes villes comme Casablanca, réussira-t-il à conserver ses bastions traditionnels ?


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