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Reportage: Jamais sans ma chicha !
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 21 - 07 - 2014

Tout le monde le sait. Des cafés de chicha il y en a presque à tous les bouts de rue à Casablanca. Cherchez l'erreur ! Surtout lorsque l'on sait que la commercialisation du narguilé par les cafés a été interdite par l'arrêté n°5 du 22 septembre 2004, décrété par l'ancien wali M'hammed Dryef.
Le phénomène semble même prendre plus de l'ampleur avec l'arrivée du mois de Ramadan. Après l'Iftar et la prière des Tarawih, les cafés où l'on sert la chicha deviennent noirs de monde et se bondent de fumeurs. Beaucoup plus que le reste de l'année, le mois du jeûne se caractérise par une consommation énorme de narguilé. Mais qu'est-ce qui suscite autant d'engouement pour ce produit durant Ramadan? «En l'absence d'endroits où l'on peut servir des boissons alcoolisées, les cafés de chicha sont presque les seuls espaces où l'on peut encore faire la fête pendant le ramadan!», explique un consommateur de narguilé. Pour lui, «ce n'est pas tant le fait de fumer du narguilé qui est important, mais le plaisir de se réunir entre amis autour d'une chicha pour se détendre, après une longue journée de jeûne».
«Chichamania» ?
L'endroit que nous avons visité a des allures de fumerie d'opium. Vaguement orientale, l'ambiance y est feutrée, chaleureuse et douillette et l'on s'y sent un peu comme chez soi. Il faut frapper à la porte avant d'être introduit par un serveur qui nous dévisage d'une façon qui frise le scepticisme, avant de se forcer à nous sourire comme s'il nous reconnaissait enfin! Et pour cause, on n'est jamais trop prudent avec les autorités qui sont à l'affût des commerces de chichas! Dès l'entrée nous sommes accueillis par un rideau d'épaisse fumée, mais aussi par une prenante odeur de narguilé, très forte et très sucrée, presque envoûtante. Ce drôle de parfum qui anise l'atmosphère est une véritable mixture d'arômes à la vanille, la fraise, la pomme et d'autres fruits.
On peut entendre un fond de musique qui rappelle des airs du Moyen-Orient, mais aussi les tintements de verres de thé à la menthe, servis sur la majorité des tables et rythmés par des bruits de bavardages et de rires féminins. Difficile de trouver sa place dans ce café : toutes les tables sont occupées par des groupes d'amis, car le plaisir de fumer ne fait pas à lui seul le succès de la pipe à eau, le côté convivial est plus important. En effet, la coutume veut que la pipe à eau soit fumée en groupe et passe d'un fumeur à l'autre, à tour de rôle, ce qui augmente les risques de maladies respiratoires.
Le client d'abord !
Il est 23h30, des groupes ont déjà entamé leur deuxième narguilé. Certains jouent aux cartes, d'autres se lancent des vannes, mais l'ambiance générale est à la détente. Pour préparer un narguilé, le serveur qui nous avait accueilli à l'entrée s'attelle à réunir tout le matériel composé de la douille, du cendrier, de la colonne appelée corps, du tuyau et du vase. Il remplit ce dernier avec de l'eau avant de bourrer la douille de tabac émietté.
Notre serveur serait-il hyperactif? Car depuis que nous sommes arrivés il ne s'est guère arrêté une seconde pour souffler. Et pour cause: pour lui, un narguilé peu équilibré, éteint, mal allumé, ou lourd à respirer fait «râler le client, ce qui n'est pas du tout bon pour les affaires, car un client mécontent est un client qui change d'endroit et ne revient plus, alors il faut le dorloter».
Le commerce de la chicha interdit, mais «toléré» ?
En l'existence de mesures interdisant le commerce de la chicha par les cafés, bien des questions sont soulevées. Tout d'abord, comment peut-on interdire aux cafés de commercialiser du narguilé alors qu'il est vendu légalement dans tous les bureaux de tabac avec l'accord de l'Etat ? Une situation qui rappelle intimement le commerce de boissons alcoolisées qui est parfaitement licite, alors que la détention de ces mêmes boissons sur la voie publique est illégale. Pour ce qui est de la chicha, il n'existe aucune base législative qui l'interdit, seules quelques décisions de gouverneurs et de walis, ayant reçu des directives de la part de leur administration de tutelle, sont prises en considération. Depuis mai dernier, il semble y avoir un durcissement de la part des autorités vis-à-vis du phénomène.
Une manne financière ?
Si l'on se rend dans un bureau de tabac, une boîte de «maassal» (pâte de narguilé) de 50 grammes coûte dans les 20 dirhams. Servie à l'intérieur d'un café, une charge de 25 grammes coûte entre 30 et 120 dirhams selon les endroits. Ce qui représente un juteux filon pour les commerçants de chicha, mais aussi pour l'Etat s'il décide d'en tirer parti. «La pipe à eau dans les cafés pourrait générer des recettes fiscales importantes pour le Trésor public si l'Etat ne restait pas dans l'attentisme et dans une logique de répression vis-à-vis du phénomène», explique un propriétaire de café. Et d'ajouter que «si le gouvernement décidait de se mettre à fermer toutes les fumeries de chicha, des milliers de personnes se retrouveraient au chômage du jour au lendemain». En France, les commerçants de la pipe à eau ont trouvé le moyen de contourner les lois françaises, radicalement répressives contre le narguilé. Ils déguisent leur commerce sous forme d'associations et d'amicales de fumeurs de narguilés où les adeptes viennent tranquillement savourer leur chicha en toute légalité, moyennant le paiement d'une «cotisation» ou des «donations» pour le compte de l'association.
Ce qu'en pensent les médecins…
Les médecins sont unanimes: ce sont des milliers de matières toxiques qui sont contenues dans la chicha. Même avec un taux de nicotine et de phénol moindre, une chicha génère une dizaine de fois plus de monoxyde de carbone et de goudron qu'une cigarette. Ces deux éléments sont capables de provoquer de graves complications sur le plan cérébral et cardio-vasculaire. Derrière la forte teneur en monoxyde de carbone contenu dans la fumée de la chicha, le charbon utilisé pour enflammer le narguilé. Un gaz hautement toxique car il se fixe à l'hémoglobine à la place de l'oxygène. La pipe à eau peut provoquer des cancers (larynx, poumons…), mais aussi des hépatites, des herpès viraux, des tuberculoses ou des bronchites….
Reportage photos de Chafik Arich


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