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Gagner de l'argent à tout prix
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 13 - 04 - 2002

Au quartier Agdal, personne ne pouvait connaître le vrai visage de Fouad et Badiâ. Aux yeux des voisins ils sont des gens honnêtes, issus de familles jouissant d'une bonne réputation. En réalité, Badiâ racole les clients que Fouad agresse.
Il y'a toujours un côté du mur à l'ombre. Ni Fouad ni Badiâ n'a vu le jour dans ce quartier chic de Rabat. Lui, est né en 1955 à Kenitra, quarante kilomètres du nord de Rabat, il y a grandi et poursuivi ses études jusqu'à la classe terminale. Fouad arrête ses études, en 1988, pour rejoindre les rangs des employés de sociétés privées à Casablanca puis à Rabat. Malheureusement un accident de la circulation va le projeter dans les ténèbres du chômage ne sachant plus quoi faire.
Heureusement que sa famille qui vient de déménager au quartier Agdal était aisée et ne l'a pas jeté à la rue, lui sa femme et leur deux enfants. La famille de Fouad le prendra en charge au point qu'il a pu garder sa Peugeot 306.
“Salut ma belle…Je peux vous inviter à prendre un verre de café ?“,. Ce sont les premiers mots qu'a échangés Fouad avec Badiâ, il y'a trois ans. Elle a accepté sans hésitation son invitation. Bien qu'il l'ait mise au courant de son mariage, elle a accepté de se lancer dans une relation amoureuse avec lui. Badiâ est une fille très ouverte qui ne pense qu'à l'instant qu'elle est en train de vivre, ne se préoccupe jamais du lendemain. Elle est née en 1973 à Midelt, mais elle a grandi et a poursuivi ses études jusqu'au niveau de la 3ème année d'enseignement secondaire à Rabat. Elle aussi demeure au quartier Agdal. En 1989, elle intègre une école d'esthétique et de coiffure. Après avoir décroché un diplôme, elle fut recrutée au Centre d'Esthétique et de Coiffure de Rabat, sans pour autant penser qu'un an et demi après elle embrasserait le chômage.
“ Tu sais mon grand amour… on a vraiment besoin d'argent et ne me dis pas que tu n'en as pas besoin toi aussi…“ dit-elle à Fouad un jour.
« …Oui j'ai besoin d'argent pour rigoler et plaisanter avec toi…. On devrait vraiment passer des moments agréables ensemble » lui répond-t-il, sourire aux lèvres.
“…Donc on est d'accord ?…Ce qu'on va faire est très simple…Je vais faire du racolage au trottoir et une fois que j'emmène le client à ta garçonnière au quartier El Fath ou à bord de ta bagnole, tu nous surprendras et on lui subtilisera tous ce qu'il portera sur lui…Ok ?.
“D'accord ma mignonne…“.
Elle n'avait pas de temps à perdre, elle lui demande de commencer sur le champ. C'etait l'été, un jour du mois de juillet. Dix-neuf heures. Badiâ se tient près du restaurant “Jour et Nuit“, au quartier Hassan, Rabat. Un quinquagénaire arrête sa Golf, lui faisant signe de monter. Ce qu'elle fit sans hésiter.
“J'ai une garçonnière au quartier El Fath…Je suis mariée, mais mon mari est absent depuis longtemps…J'ai vraiment besoin d'argent…Je vais te faire plaisir contre 500 DH…D'accord…“.
Le premier client, un vétérinaire, sourit et a démarre. Ils montent à la garçonnière, accèdent à la chambre à coucher. Fouad était déjà là, caché dans la cuisine.
Sans attirer l'intention du client, il subtilise les clés de la voiture. Il descend avec précaution, ouvre la voiture, et rafle cinq cents dirhams, trois mille Rials saoudiens et un petit cartable renfermant des documents. Il retourne à la garçonnière, frappe à la porte et entre sans faire attention à ce qui se passe. “
Vite..vite..vite rhabilles-toi…c'est mon mari qui est arrivé sans doute…Comment vais-je faire maintenant…Attends que je jette un coup d'œil…“.
Elle sort de la chambre, ouvre la porte de la garçonnière et la referme par la suite en criant :“ Vite sort…vite sort de la et donne-moi mon argent…“.
Le client lui verse les cinq billets de cent dirhams et sort précipitamment. Le premier tour est ainsi réussi.
“On doit continuer…ça rapporte gros comme tu remarques...“ dit Badiâa pour encourager son amant complice. Le lendemain, vers midi, Badiâ était près de la plage Skhirat. Un jeune homme à bord d'une R19 l'appelle. Elle le rejoint. Il la prend jusqu'à sa garçonnière à lui. Elle refuse d'y monter. Il y accède seul, revient avec une bouteille du Vodka. Ils retournent sur la côte de la plage Skhirat, et commencent à s'enivrer. Quelques moments plus tard, Fouad surgit à bord de sa voiture et s'arrête près d'eux.
“Salut Badiâ…“.
“Salut…Je vous présente mon ami Fouad…“.
“Vous venez avec moi à la ferme?…“ leur propose Fouad.
La famille de Fouad dispose vraiment d'une ferme à Skhirat, et c'est là qu'il va les emmener. Là, Fouad et Badiâ allaient se transformer en de vrais brigands.
Fouad surprend le client par un coup de bâton à la tête, lui ligote les mains et les pieds. Ils ont pris sa voiture, pour se rendre vers sa garçonnière, et raflent ainsi des appareils électroménagers et d'autres articles. Ils retournent à la ferme, libèrent le client et le chassent. Ils ont vendu le butin au Joutéa de Bab El Had. Un vendredi du mois d'août vingt-deux heures.
Badiâ accompagne un client à bord de sa Daewoo. Elle l'a rencontré à la plage des Dunes à Mohammedia et l'a accompagné jusqu'à un lieu obscur. Ils s'enivrent. Une demie-heure plus tard, comme prévu, Fouad se pointe près d'eux.
“Ah., Je vous présente mon frère…“ dit-elle au client.
Le “frère“ monte, leur propose d'aller à la plage El Mansouria. À mi-chemin, elle demande au client de s'arrêter “J'ai envie de pisser…“ lui dit-t-elle. Il freine.
Elle descend. Fouad reste avec lui quelques secondes. “ Je vais te tuer si tu bouges ou tu cries…Tu vides tes poches sans dire un mot…“ lui intimide-Fouad. Le client verse 2500 dh, une montre, une bague en or, et un portable. “Tu descends…Tu descends…“
Le client descend de sa voiture. Fouad, Badiâ à côté de lui, tourne le contact et accélère. Ils sont retourné à la plage de Mohammedia où ils vont rencontrer le gardien, Mustapha. Ce dernier est au courant de leur activité. Ils ont repris le chemin à destination de Rabat.
“Tu sais, il faut arrêter vos conneries…C'est très dangereux ce que vous faites…“ leur reproche le gardien. Ces paroles font paniquer Fouad. Il sort son couteau et assène un premier coup puis un deuxième au gardien. Celui-ci est arrivé quand même à s'enfuir.
Fouad et Badiâ ont tenté de vendre la Daewoo, mais en vain. Ils l'ont abandonnée au quartier Agdal et ont pris leur Peugeot 306. Le récit des aventures de Fouad et Badiâ pourrait remplir des dizaines de pages.
Mais personne n'a pu expliquer comment ont-ils atteint ce stade. Au point que Fouad purge actuellement une peine de douze ans de réclusion et son amante une peine de dix ans. Avaient-ils besoin de faire monter tout un scénario de racolage et de la prostitution juste pour agresser les gens ? Décidément la nature humaine restera toujours une énigme.


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