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La veuve fatale
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 08 - 2002

Quand elle est devenue veuve, Khadija a pris pour amant Bouchaïb, sexagénaire qui subvenait à ses besoins et à ceux de ses enfants. Mais elle est bientôt séduite par Mohamed, plus jeune. La confrontation tourne au drame et Mohamed tue Bouchaïb.
Douar Lahjajma, Caïdat Laghnadra, Zemamra, préfecture d'El Jadida. Les habitants du douar connaissent Khadija. Bien qu'elle ait franchi le seuil de la quarantaine et qu'elle soit mère de quatre enfants, elle garde encore la beauté et la belle allure de sa jeunesse. Quand elle sort pour faire des courses, les jeunes du douar ne résistent pas au désir de lui faire la cour, ce qui lui fait prendre conscience qu'elle est encore désirable. Tout cela génère des commérages chez les autres femmes du douar qui ne ratent pas la moindre occasion pour lui casser du sucre sur le dos. «Elle, elle s'en moque éperdument et se comporte comme si elle vivait toute seule dans le douar», disent quelques-unes avec indignation. Elles ne sont pas habituées à des comportements pareils. Certes, quelques femmes d'entre elles avaient des liaisons et autres relations amoureuses avec des jeunes et des vieux du douar, mais toujours en catimini.
Contrairement à Khadija qui, elle, ne cache rien. Quand son mari a rendu l'âme, elle s'est tout de suite jetée dans les bras de Bouchaïb. En ce temps, elle n'avait pas le moindre sou pour nourrir et élever ses quatre enfants. Elle est restée seule avec eux sans le moindre soutien. Seul Bouchaïb, 66 ans et père de dix enfants, s'est approché d'elle, lui a ouvert ses bras et son porte-monnaie. Tous les habitants du douar ont parlé de sa générosité envers cette femme et ses enfants le jour des funérailles. Mais personne n'a pensé une seule seconde que cette générosité fut sans contrepartie. La contrepartie était une liaison. D'un jour à l'autre, Bouchaïb commence à entrer chez elle comme s'il entrait chez lui. Sa femme ne s'intéresse plus à son comportement. Alors que ses enfants n'osent pas lui faire de reproches, bien qu'ils considèrent ses comportements comme une honte puisqu'ils deviennent le sujet principal des discussions des habitants du douar. Bouchaïb ne cache pas sa relation avec Khadija et celle-ci n'accorde aucune attention au qu'en-dira-t-on, surtout des femmes. «Il est le seul qui me soutienne dans ce douar, tout le monde m'a laissée à mon propre sort, moi et mes enfants, une fois que mon mari est mort», disait-elle aux femmes du douar qui n'hésitaient pas à la qualifier de « voleuse de maris ». Quatre ans sont passés en un clin d'œil. Les habitants ont presque oublié la relation qui lie Bouchaïb à Khadija bien qu'elle se perpétue encore et que les deux amants sont comme mari et femme. Septembre 2001. Le hasard seul met Khadija et Mohamed face à face au souk. Il la connaît comme tout autre habitant du douar, mais il la désire aussi comme tout autre jeune. Ils ont échangé des regards pleins de chaleur comme des adolescents qui se séduisent l'un l'autre. Un sourire d'elle l'encourage à s'approcher, et à lui glisser quelques mots à l'oreille. Ils s'éloignent des gens, échangent des mots et conviennent d'un rendez-vous chez elle.
Mohamed a trente-trois ans, marié et père d'une petite fille. Il n'a jamais pensé trahir sa femme, Saâdia, qu'il a épousée par amour. Mais il ne sait pas quel vent l'a jeté dans l'océan de Khadija. Celle-ci n'a pas raté l'occasion. «Une grande différence entre un jeune de trente-trois ans et un vieux de soixante-dix ans…Si le dernier a de l'argent l'autre a la jeunesse», pense-t-elle. Et une fois encore, son histoire commence à circuler parmi les habitants du douar.
Bien que Bouchaïb et Mohamed se connaissent, ils ne se sont jamais rencontrés chez elle et n'ont jamais parlé de leur relation avec Khadija. Vendredi 22 mars 2002. Mohamed achète une bouteille d'un demi-litre d'eau-de-vie (mahia), se rend chez Khadija, commence à boire et s'allonge près d'elle…
Minuit sonne. Quelqu'un frappe à la porte. Khadija ouvre. Elle est face à face avec Bouchaïb. Il tente d'enter. Elle ne le lui permet pas. Il commence à l'insulter. «Espèce de prostituée ! J'ai gaspillé tout mon argent pour toi alors que toi, tu me trahis avec un gamin de l'âge de tes enfants». Mohamed entend les injures. Il se rhabille, rejoint sa maîtresse, lance un regard vers le vieux qui est armé d'un bâton. Sans dire un mot, Mohamed écarte Khadija en la tirant par ses vêtements et s'avance vers Bouchaïb. Il le saisit par sa djellaba, lui assène un coup de tête, puis un deuxième.
Bouchaïb tombe à terre. Mohamed et Khadija le traînent un peu plus loin et retournent chez elle sans attirer l'attention de personne. Le lendemain, Bouchaïb est évacué sur une clinique privée d'El Jadida où il rend l'âme. Il ne faut pas plus d'une journée d'enquête aux gendarmes de Zemamera pour identifier l'auteur et son complice. Mohamed et Khadija sont arrêtés et mis entre les mains du parquet général près la Cour d'appel d'El Jadida. Trois mois plus tard, la chambre criminelle a ouvert ce dossier n° 123/2002 et lundi 8 juillet, elle a rendu son verdict : 10 ans de réclusion criminelle pour Mohamed et un an de prison pour Khadija.


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