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Quand le public s'essouffle, l'éducation se pantoufle
Publié dans L'opinion le 05 - 12 - 2025

Mercredi dernier, le ministre Ahmed El Midaoui a rencontré les députés au sein de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication pour discuter de la réforme du secteur et du budget qui l'accompagne, avec l'ambition de trouver enfin une formule gagnante pour l'un des dossiers les plus épineux du gouvernement. Sans surprise, la prolifération des établissements privés a été pointée du doigt, avec de fortes réserves, d'autant que la majorité des élus défendent le renforcement de l'école publique plutôt qu'une prolifération débridée des universités privées.
Pour le ministre, le secteur privé « n'est pas un espace de profit » et la nouvelle législation vise à supprimer l'ensemble des autorisations et zones d'opacité qui l'entouraient, pour assurer une meilleure transparence et une lisibilité accrue pour tous les acteurs. L'intention est, certes, louable, bien qu'il soit encore trop tôt pour en mesurer les effets, faute de données et de recul suffisant, mais ce qui est certain, en revanche, c'est que de plus en plus d'étudiants - et même leurs parents - se tournent vers le privé, portés par une forme de marketing implicite soutenu par les grandes personnalités médiatiques, les débats télévisés et les reportages qui vantent ces établissements en plein essor. Et là où le privé ne concurrençait autrefois que les Facultés, il parvient désormais à rivaliser avec les grandes écoles, autrefois vivier de l'Etat en hauts cadres et compétences.
Il serait simpliste de critiquer l'orientation du gouvernement en faveur de la privatisation, d'autant que ce modèle a fait ses preuves dans de nombreux pays plus avancés sur les plans scientifique et académique. L'enjeu central reste toutefois d'accroître l'attractivité de l'université publique, non pas uniquement par des réformes paramétriques, mais via une bonne bouffée d'investissements permettant d'offrir aux étudiants les outils nécessaires pour se réaliser académiquement.
Parallèlement, un travail de sensibilisation s'impose auprès des administrations publiques et surtout des entreprises privées, afin de rappeler qu'une compétence ne se mesure pas au cash investi dans la formation, mais à l'effort consenti par l'étudiant tout au long de son parcours. C'est à cette condition que l'équité pourra être préservée.


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