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Les malheurs de Malika
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 22 - 08 - 2002

Un malheur n'arrive jamais seul. Le seul bonheur qu'ait jamais connu Malika a été son mariage. Mais celui-ci s'est transformé en malheur, suivi d'autres malheurs, pour en arriver finalement à un viol collectif.
«Pourquoi le malheur me suit-il tout le temps depuis mon enfance?», semble s'interroger Malika à chaque fois qu'elle est devant une épreuve. Elle ignore pourquoi la vie contrecarre ses rêves au point qu'elle en arrive à constater n'avoir jamais vécu un seul instant de bonheur. Elle, également, rêvait. Seulement, chaque fois ses rêves se heurtaient à une réalité amère, cruelle et brutale. Elle en ignore la raison. Cette question sans réponse lui hante l'esprit à chaque fois qu'elle remarque une fille de sa ville, Khouribga, baignant dans le bonheur. Ce n'est pas une question de jalousie, mais «pourquoi pas moi aussi ?», s'interroge-t-elle. Ses malheurs ont commencé lors de sa naissance, un jour de l'année 1973.
Ses parents vivaient dans une misère absolue. Et quand elle commence à prendre conscience, elle trouve devant elle six frères et cinq sœurs, tous analphabètes, qui se débrouillent pour gagner leur vie et aider la famille. Elle ne récolte rien d'autre, dans une terre stérile, que la misère, l'analphabétisme, la corvée et le malheur. «Enfin, je vais goûter au bonheur!» se dit-elle un jour, alors qu'elle a atteint ses vingt-trois ans. Un jeune de sa ville s'est présentée chez son père pour la demander en mariage. «Tu es chanceuse», lui dit une de ses sœurs qui est encore célibataire et ayant dépassé l'âge d'espérer se marier un jour. Malika s'est mariée et un jeune homme a égayé son foyer un an plus tard. Seulement, une deuxième année plus tard, elle est répudiée par son mari. Pourquoi ? Une fois encore, elle ne trouve pas de réponse.
Elle s'est sentie comme un chewing-gum qui a été mâché durant deux ans par quelqu'un qu'elle ne connaissait pas pour être recrachée dans la rue. Son mari ne lui a fourni aucun prétexte. Elle ne sait qu'une chose : son mari n'a plus besoin de son corps. Et son fils ? Il n'a jamais pensé à lui, comme s'il n'était pas le sien. Il la jette à la rue, elle et son fils. Il ne veut rien expliquer à qui que ce soit. Malika retourne chez ses parents. «Tu retournes chez toi ou tu t'en vas ailleurs», lui dit son père sur ton sévère.
Malika perd connaissance quand elle entend ces mots. C'est comme si elle était jetée dans un puits. Sa mère, ses frères et sœurs n'ont pu convaincre leur père. Mais sa réponse est toujours le même. «Elle n'a rien à faire chez moi, son abri est son foyer et non pas le mien…Elle devait le préserver et ne pas le laisser s'effondrer…C'est la femme qui détruit son foyer…».
Son père est sévère. Personne ne peut le convaincre de changer ses idées d'antan. Elle sort, les larmes aux yeux et son bébé sur le dos. Sa mère crie et pleure. Mais en vain. Sans pitié, son père a décidé de l'abandonner à son triste sort. Malika rejoint son amie Saâdia, passe la première et la deuxième nuits chez elle. Ses yeux ne retiennent pas ses larmes. Saâdia s'approche d'elle, lui explique que les larmes ne peuvent rien lui faire, ni à elle ni à son bébé.
«Tu dois travailler, c'est la seule solution», lui dit-elle. Saâdia travaille dans les champs de Sidi Bennour. «Pourquoi tu ne m'accompagnes pas à Sidi Bennour pour travailler dans les champs ?», lui demande-t-elle. Malika n'a pas le choix, elle l'accompagne sans réfléchir. Saâdia lui a donné un coup de main, elle est devenue plus que son amie. Elle l'a accueillie chez elle. Le travail était très pénible au départ. Mais une fois encore, elle n'a pas le choix. Son monde devient très limité, il ne dépasse pas les champs et ses rencontres se limitent à Saâdia et à une femme qui habite juste à côté d'elles, et à laquelle elle confie la garde de son bébé. Jeudi 3 janvier. Dix-huit heures passées. Malika sort, laissant son enfant avec Saâdia, pour se rendre chez l'épicier, à une centaine de mètres, pour acheter du détergent. Quand elle rebrousse chemin, un jeune s'approche d'elle.
C'est Khalid. «Que veux-tu ?», lui demande-t-elle en tremblant de peur. Khalid est un jeune de vingt-six ans, sans profession, qui passe son temps à vagabonder au centre du village, à se débrouiller pour avoir de l'argent et recourt le soir à son coin habituel, près d'un champ. Il n'a pas hésité à la saisir par sa djellaba, la tirant violemment et lui donnant des gifles. Ce faisant, il ne lui laisse pas le temps de crier. Et pourtant elle est arrivée à crier au secours. Mais sans réponse. Elle se retrouve seule devant un monstre qui lui assène des coups de poings. Quand elle est tombée, il la traîne comme un tigre qui tire sa proie jusqu'à son coin dans un champ. Son ami Hamid était là, comme s'il l'attendait. Il se soûle au vin rouge. Il a le même âge que lui. Malika s'est trouvée entre deux voyous. Ils l'ont violée à tour de rôle, avant de l'abandonner dans un champ un peu plus loin. Elle a pu reprendre son chemin pour arriver chez elle à une heure tardive. Inquiète, Saâdia l'attend impatiemment. Le lendemain, elle dépose une plainte. Les investigations des gendarmes ont permis l'arrestation des deux voyous.
Ces derniers ont été condamnés à 5 ans de réclusion criminelle. Et Malika reste avec son amie, Saâdia et sa petite mignonne, dans l'attente d'autres malheurs…mais sans perdre l'espoir que la vie lui montrera peut-être un jour son beau visage.


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