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Interview d'Alaa-eddine Kaddouri, Fondateur d'Ezelia, Studio de développement de jeux vidéo
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 05 - 03 - 2016

«Les responsables politiques ignorent ce que cette industrie génère»
ALM : Quelle est sa place de l'industrie des jeux vidéo dans les politiques publiques?
Alaa-eddine Kaddouri : À ma connaissance, il n'y a malheureusement aucune place pour l'industrie du jeu vidéo dans les politiques publiques au Maroc. Aucune mention à cette industrie n'est jamais faite dans les discours politiques, ni dans les feuilles de route ou plans du type Maroc Numeric …
Je doute même que les responsables politiques soient au courant de l'existence de cette industrie et ce qu'elle génère. Le collectif Moroccan Game Developers (MGD) qui travaille bénévolement est le seul à mener l'effort de sensibilisation, mais aussi de formation, de coaching et d'organisation d'événements pour hisser cette industrie.
En Tunisie, le collectif Tunisian Game Developers, fondé à la même période que le MGD, travaille aujourd'hui étroitement avec le gouvernement pour trouver des solutions en faveur de l'industrie du jeu vidéo. Ce qui a permis des levées de fonds très importantes. Lors du dernier Global Game Jam (une compétition mondiale ou à laquelle participent plusieurs pays et dont le but est de créer un jeu en 48h non-stop, ndlr) l'équipe tunisienne a reçu la visite du ministre de l'économie numérique dans ses locaux. Tout un symbole.
Par rapport aux fonds levés justement, sont-ils investis localement ?
Il y a eu une seule levée de fonds à ce jour pour le jeu vidéo. C'est le Maroc Numeric Fund (MNF) qui en est derrière, en faveur de la société Rym Games. J'estime qu'elle est insuffisante, mais j'espère qu'elle donnera un coup de pouce à Rym Games pour produire leur premier jeu. Ce que les jeunes entrepreneurs marocains reprochent au MNF, c'est son mode de fonctionnement très rigide, un mode complètement inadapté au fonctionnement d'une start-up. Nous espérons que d'autres fonds privés arrivent sur le marché.
Cependant, toutes les sociétés de développement de jeux n'ont pas forcément besoin de recourir à des fonds d'investissement, certaines peuvent se lancer dans le marché mobile avec des petits jeux qui peuvent devenir rentables ou faire appel à la générosité du public via le financement participatif. Là encore, nous nous retrouvons face à des modèles de fonctionnement archaïques et des obstacles inutiles.
C'est-à-dire...
Pour faire payer des joueurs via les stores Google, Apple ou Windows Phone, la société doit disposer d'une carte de paiement internationale, or cette carte n'est octroyée qu'aux sociétés exportatrices, et les sociétés de jeux vidéo ne sont pas reconnues comme telles. Quant au financement participatif, la législation marocaine rend très compliqué, voire quasi impossible à une société de faire appel au crowdfunding.
Qu'en est-il du positionnement régional du Royaume dans ce domaine ?
Lorsque nous participons à des compétitions internationales, les Marocains s'en sortent plutôt bien. À l'échelle MENA, ils raflent des prix presque à chaque compétition. Fin 2015, la société Ezelia que je dirige a remporté un appel d'offres d'une organisation de recherche internationale basée aux USA, face à des sociétés concurrentes du monde entier. Il s'agissait d'un projet de type serious-game développé en trois mois pour un contrat de 500.000 DH environ. Mais tout cela reste à l'état de succès individuels ou restreints. D'un point de vue officiel, le Maroc n'a aucune présence dans la région. Là encore, c'est le collectif MGD qui sauve l'honneur. C'est lui qui organise les participations aux événements internationaux et trouve les sponsors pour financer les voyages de ses membres pour rencontrer les géants de cette industrie.
Avons-nous les ressources nécessaires pour mettre sur pied une industrie solide ?
Le grand intérêt de l'industrie du jeu vidéo, c'est que les ressources les plus importantes sont la matière grise et la fibre artistique, ces deux éléments ne manquent pas au Maroc, que ce soit chez les résidents ou chez les expatriés.
Quant au côté financier, les entrepreneurs marocains ne demandent même plus à l'état de financer directement cette industrie, ils demandent juste de lever les obstacles pour leur permettre d'aller chercher les financements eux-mêmes. Rénover la bureaucratie archaïque qui ne colle plus à l'industrie numérique. Faire confiance à la technologie et ne pas s'en méfier. Parfois nous avons l'impression que les responsables politiques censurent de nouvelles technologies faute de les comprendre, un comportement destructeur pour tout le secteur NTIC.
Etes-vous optimiste quant à l'avenir du gaming au Maroc?
Je suis de nature optimiste, et j'ai foi en l'inventivité la passion et l'engouement des entrepreneurs marocains. D'un autre côté quand je vois qu'à chaque fois qu'on fait un pas en avant, des décisions gouvernementales ou d'es organismes régulateurs viennent nous faire reculer deux pas en arrière, je me demande si les responsables politiques se rendent compte du mal qu'ils font aux entrepreneuriats et aux industries numériques.
Dans le cas de l'industrie du jeu vidéo, il faut savoir que celle-ci a été monopolisée par les grands studios jusqu'à très récemment. Aujourd'hui, nous vivons un tournant historique, une petite brèche s'est ouverte pour les studios indépendants, et il est urgent que les responsables marocains le comprennent, car il s'agit d'une fenêtre de 5 ans peut-être moins. Au-delà, il sera trop tard et l'industrie sera de nouveau verrouillée. Ceci dit, il existe un noyau dur, une communauté active, qui arrive à maturité. L'année 2015 a connu la création de trois ou quatre sociétés de jeux vidéo issues de cette communauté qui est déjà en train d'en produire d'autres. La réussite d'un ou plusieurs de ces projets sera un vrai souffle d'espoir.


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