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Un ultimatum à l'irak
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 09 - 2002

Les Etats-Unis ont préparé à l'adresse de l'ONU un projet de résolution intransigeant. L'Iran entre dans le jeu diplomatique pour éviter une guerre.
Les Etats-Unis ont préparé à l'adresse du Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution intransigeant, donnant 30 jours à l'Irak pour ouvrir tous ses sites suspects aux experts en désarmement de l'ONU. Ce projet, qui prévoit le recours à la force, se heurte à l'opposition de la Russie, de la France et de la Chine.
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé le week-end à Londres pour crier leur opposition à une guerre américano-britannique contre l'Irak, au cours d'une des plus importantes manifestations pacifistes organisées en Europe.
Le projet de résolution américain, réalisé en collaboration avec Londres, donnerait, selon des sources diplomatiques, sept jours à Saddam Hussein pour accepter la nouvelle résolution et révéler à l'ONU tous ses programmes d'armes de destruction massive. Il aurait au total 30 jours pour ouvrir aux inspecteurs de l'ONU tous les sites suspects. Les huit palais et résidences présidentiels irakiens, qui, dans le passé, ont bénéficié de dispositions particulières, seraient soumis au même régime d'inspections.
L'Irak a averti qu'il rejetterait toute nouvelle résolution de l'ONU qu'il jugerait nuisible. «La position en ce qui concerne les inspecteurs a été tranchée, et toute nouvelle mesure destinée à nuire à l'Irak est inacceptable», a déclaré le vice-président Taha Yassine Ramadan, qui a affirmé a son arrivée à Téhéran que le véritable axe du mal, c'est l'axe Washington-Tel-Aviv.
De son côté, Bush a de nouveau insisté sur le danger irakien : «Nous savons que Saddam Hussein cherche activement à se procurer des armes de destruction massive à la hauteur de sa haine. Il doit être arrêté, sinon les dangers auxquels nous faisons face ne feront qu'empirer de mois en mois et d'année en année», a-t-il déclaré. Inquiet des conséquences d'une éventuelle intervention américaine en Irak, Téhéran part en campagne pour éviter la guerre. Le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharrazi, a jugé que la région ne pourrait supporter le poids d'une nouvelle guerre et son cortège d'instabilité. Londres cherche à enrôler l'Iran dans le camp de Washington, qui affirme avoir des preuves que des dirigeants d'Al Qaïda se cachent en Iran, devenue une base arrière pour des opérations en Afghanistan. Téhéran dément vivement. Reste que l'Iran, qui a tout particulièrement eu à souffrir de l'Irak, a tout intérêt à voir Saddam Hussein renversé, quelle que soit son animosité envers les Etats-Unis.
Washington a également besoin de courtiser Téhéran, fort influent sur nombre de groupes irakiens de l'opposition, et qui héberge le principal mouvement chiite d'opposition : le Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak. La Maison-Blanche ne souffle pas mot des difficultés rencontrées auprès de la Russie, la France et la Chine qui disposent comme Washington du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU en tant que membres permanents. Les trois pays estiment préférable de donner une dernière chance à l'Irak. Bagdad serait invité à montrer sa bonne foi en offrant toute latitude au travail des inspecteurs en désarmement des Nations Unies. La menace d'une intervention armée ne serait brandie que dans un second temps, au cas où Bagdad persisterait dans son attitude de dissimulation, explique-t-on notamment à Paris. Le 16 septembre, l'Irak avait annoncé qu'il accepterait sans condition le retour des inspecteurs en désarmement, comme le prévoyaient de précédentes résolutions. Mais les Irakiens ont fait savoir qu'ils s'opposeraient à toute nouvelle résolution. «La position irakienne sur le retour des inspecteurs a été décidée, et toute procédure additionnelle n'a pour autre but que de nuire à l'Irak, ce qui est inacceptable», rappelle-t-on.
«Il est clair que Saddam Hussein traîne les pieds pour pouvoir construire ses armes», a commenté le porte-parole de Bush, qui a précisé qu'il «ne s'agit pas de négocier avec l'Irak, mais de savoir si les Nations Unies sont capables de répondre au défi lancé par Bagdad».


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