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Le syndicat du PJD défie El Malki
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 08 - 12 - 2004

Malgré les promesses du ministère de l'Education, le Syndicat national des travailleurs marocains (UNTM proche du PJD) a maintenu son appel à la grève nationale en guise de protestations contre la situation des enseignants.
La Fédération nationale des fonctionnaires de l'Enseignement, affiliée à l'Union nationale des travailleurs marocains (UNTM), syndicat du PJD, a appelé tous les enseignants à observer une grève nationale de deux jours, hier et aujourd'hui. Selon Rachid Toulali, membre du bureau national de la fédération et coordinateur régional de Rabat, "les premiers résultats montrent que le taux de réussite de la grève ont dépassé les 70%".
Les grévistes reprochent au gouvernement son manque de dynamisme dans l'application des mesures promises lors des multiples rounds de négociations.
En fait, l'UNTM a trois revendications essentielles. Tout d'abord, reconnaître les résultats du concours d'avancement des enseignants du fondamental. "Ce concours a eu lieu le 25 mai 2000, les résultats ont été affichés et jusqu'à aujourd'hui, le ministère refuse de les reconnaître et encore moins d'appliquer les augmentations qui en découlent", explique Rachid Toulali. Deuxième revendication: les mutations exceptionnelles. Ce droit acquis à tous les enseignants qui désirent rejoindre le lieu de travail de leurs conjoints a été carrément suspendu par le ministre Habib El Malki. D'ailleurs, depuis le début de l'année 2004, les sit-in se sont multipliés, devant le siège du ministère, d'enseignants mécontents de la décision du ministre. En vain. Troisième et dernière revendication de taille: les avancements pour les années 2000, 2001 et 2002. Lors d'un accord conclu le 28 janvier 2004, le ministère s'était engagé à débloquer les sommes afférentes à ces augmentations dès le mois de mars dernier.
"Absolument rien n'a été fait jusqu'à aujourd'hui", lance Rachid Toulali. Ce dernier explique que "le blocage se situe, cette fois, au niveau du ministère des Finances et plus exactement, au CED".
Lors d'une réunion entre l'UNTM et les responsables du ministère, vendredi dernier, le climat semblait s'être apaisé.
Tous les dossiers litigieux ont été passés en revue pendant plus de cinq heures de réunion. "A la suite de cette rencontre, nous pensions que l'UNTM allait suspendre son appel à la grève, mais nous avons été surpris par le contraire", assure un cadre du ministère.
Dans un communiqué rédigé le dimanche, c'est-à-dire deux jours après la réunion du vendredi 3 décembre, le ministère a affirmé "avoir accueilli avec étonnement cette position contradictoire et ambiguë et qui fait fi du bilan des réalisations accomplies en collaboration avec les partenaires sociaux".
"Lors de cette fameuse réunion, le ministère nous a servi 23 promesses, et aucune décision concrète", rétorque Rachid Toulali.
Par ailleurs, l'UNTM a été convoqué equelques jours avant la grève par les autres centrales syndicales. S'en est suivie la diffusion d'un communiqué commun dans lequel tous les syndicats signataires reconnaissaient que plusieurs dossiers sont aujourd'hui suspendus. "Il y avait même dans ce communiqué un soutien implicite à la grève", assure Toulali. Mais aucun de ces syndicats n'a appelé ses adhérents à observer de grève. Pourquoi? "C'est une question qu'il faut poser aux syndicats eux-mêmes", répond Toulali. Et d'ajouter : "pour notre part, nous avons pris l'initiative d'appeler à la grève et nous avons tenu à nous concerter avec les autres représentants des fonctionnaires de l'enseignement".


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