À Alger, Washington rappelle sa ligne sur le dossier du Sahara marocain    Akhannouch : le succès sportif du Maroc, fruit d'une vision stratégique et non d'un hasard    Tourisme. L'Afrique attire le monde    Renault Maroc: plus de 82 % de sa production exportée en 2025    TPME. Bank Of Africa déploie une nouvelle offre d'appui à l'investissement    Finances publiques 2025. Les recettes ordinaires explosent    La France a délivré près de 400.000 titres de séjour en 2025    Maroc-Sénégal : M. Sonko pour un partenariat économique fondé sur l'intégration des chaînes de valeur    L'Espagne prépare une vaste régularisation pouvant concerner près de 500 000 migrants    Ligue des champions: Hakimi présent à l'entrainement avant le choc contre Newcastle    L'OMS exhorte les écoles à promouvoir une alimentation saine chez les enfants    "Ce geste vient d'ailleurs", une exposition collective au Palais Bahia, dans le programme "What's On" de 1:54    Lobbying aux Etats-Unis : le Maroc et l'Algérie intensifient leurs dépenses    Sáhara: En el Consejo de Seguridad, Estados Unidos reitera su apoyo a la solución de autonomía    CAN 2025 : la Fédération sénégalaise auditionnée par la CAF après la finale face au Maroc    Akhannouch : 1,2 million d'élèves bénéficient des activités sportives scolaires    Akhannouch : «Le Maroc déterminé à ériger le sport en levier de rayonnement continental»    CV c'est vous ! Ep 89. Mohammed Amine Jemoumkh, le marketing manager à plusieurs casquettes    Festival MOGA : Un modèle à fort impact socio-économique    L'Algérie considère l'ambassadeur de France comme persona non grata [Médias]    Mexique : Intense lutte d'influence entre le Maroc et le Polisario    Un ministre espagnol cite le référendum au Sahara comme solution en contradiction avec la position de l'Espagne    Suspensión temporal del tráfico marítimo en Tánger Med debido a las condiciones meteorológicas    Tanger : Arrestation d'un ressortissant français recherché par les autorités judiciaires de son pays    Ceuta : La police espagnole neutralise un engin explosif près de la frontière marocaine    Rayane Bounida proche du Maroc : le Real et le Barça déjà dessus    Les Lionceaux et Lioncelles raflent les trophées UNAF qualificatifs à la CAN scolaire    L'AMMC présente ses priorités d'actions pour 2026    Mondial 2030 : Le président de la RFEF affirme que la finale aura lieu en Espagne, la FIFA temporise    Royaume-Uni : L'AS FAR aux phases finales de la première Coupe des Champions Féminine de la FIFA    Mondial des clubs 2029 : le Brésil se positionne officiellement comme candidat    AMDIE : plus de 55 milliards de DH de projets approuvés au premier semestre 2025    France: l'Assemblée nationale adopte l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans    Détroit de Gibraltar : Une intervention d'urgence évite une pollution maritime    Le dispositif juridique marocain d'accompagnement des manifestations sportives mis en avant à Doha    Rabat lance la 2e édition du programme "Video Game Creator"    Mer fortement agitée et vagues dangereuses sur l'Atlantique et la Méditerranée à partir de mercredi    Averses, fortes pluies et rafales de vent de mardi à jeudi dans plusieurs Provinces    La NASA décerne au Dr Kamal Ouddghiri la Médaille du leadership exceptionnel    Hammouchi s'entretient à Rabat avec le directeur de la police, chef de l'unité nationale spécialisée dans la lutte contre la criminalité organisée au Danemark    Communiqué. Le Sénégal réitère son soutien ferme et constant à la souveraineté du Maroc sur son Sahara    Les barrages du bassin de Sebou affichent un taux de remplissage de 66,1%    Kech El Oudaïa accueille une soirée de dégustation chinoise avec le soutien de l'OFPPT    Afric'Artech : Casablanca accueille le premier grand rendez-vous continental de la créativité numérique africaine    Mode : Le boubou à l'ère de la modernité    MOBO Awards : la scène africaine brille parmi les nominations 2026    Ramadan : le ministère des Habous renforce ses efforts pour de meilleures conditions    Le journaliste marocain Najib Salmi n'est plus    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les faux calculs d'Abbas El Fassi
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 23 - 10 - 2002

Le leader de l'Istiqlal a construit toute la stratégie électorale de son parti par rapport à l'USFP. Objectif : accéder à la primature et chasser ce dernier du temple gouvernemental…
Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Abbas El Fassi doit maintenant méditer ce dicton qui correspond un peu à son cas de leader d'une grande formation politique. Le patron de l'Istiqlal a élaboré la stratégie électorale de son parti en fonction d'un seul objectif : l'USFP. Il s'agissait pour M. El Fassi de damer le pion à ce frère-ennemi pour réaliser une ambition personnelle : accéder à la primature. Ah la primature ! Une obsession. L'Istiqlal n'a jamais avalé le fait que celle-ci lui ait échappé en 1998 au profit d'Abderrahmane Youssoufi. C'est comme quelque chose qui vous reste en travers de la gorge. Depuis, l'Istiqlal ne vivra que dans l'espoir de prendre sa revanche. Les élections législatives du 27 septembre 2002 lui offriront peut-être l'occasion de reprendre la main. La haute main sur le futur gouvernement. Le fameux “soutien critique“ de l'action gouvernementale, inventé par Abbas El Fassi, visait en fait à discréditer la locomotive du gouvernement qui n'est autre que l'USFP dans la perspective des prochaines échéances et de préparer la marche de l'Istiqlal comme recours vers la reconquête du pouvoir.
Lorsque Abbas El Fassi a décrété la fin de l'alternance consensuelle lors d'une conférence de presse à Rabat quelques semaines avant le début de la campagne électorale, il savait ce qu'il disait. Cette déclaration sonnait comme l'aboutissement de sa stratégie politique longuement mitonnée. Ce jour-là, il n'a pas été jusqu'à annoncer publiquement ce qu'il disait en privé depuis des mois: l'USFP doit aller à l'opposition, arguant que sa gestion des affaires du pays n'était pas concluante.
Pour arriver à ses fins et boter l'adversaire hors du temple gouvernemental, il fallait rafler plus de sièges que lui lors des législatives de façon à s'imposer comme meneur des négociations en vue de la formation du nouveau gouvernement. N'étant pas certain de pouvoir réaliser une performance électorale à la mesure de ses ambitions en comptant seulement sur ses propres forces, l'Istiqlal nouera dans le secret des accords électoraux avec le PJD. Sens du deal: ce parti donnera à ses militants des consignes de vote là où il n'a pas présenté de listes pour faire profiter de leurs suffrages les candidats Istiqlaliens.
En guise de récompense pour son geste inestimable, l'Istiqlal fera du PJD, le cas échéant, son principal allié dans le futur gouvernement. Adossé à un parti qui s'apparente à une véritable machine à égrener les votes, misant sur la sanction populaire des candidats USFP, l'Istiqlal était certain de décrocher le gros lot politique. Ambition contrariée. Il s'en est fallu de peu pour qu'il soit la première force du pays en termes de sièges. Mais l'USFP est venu finalement en tête avec 50 députés. Dès lors, tous les calculs de l'Istiqlal tomberont à l'eau.
Malgré cela, le parti n'en démodera pas. Estimant que la différence de deux sièges ne qualifie pas l'USFP à briguer de nouveau la primature, l'Istiqlal ira jusqu'à s'ériger en pivot d'une majorité éventuelle avec le PJD et le MP-MNP comme alliés. La suite est connue. Contre toute attente, S.M le Roi nomme Driss Jettou au poste de Premier ministre.
À trop vouloir forcer le destin, l'Istiqlal est tombé de tout son haut. Le scandale des 30.000 emplois fictifs fera le reste. Certes, le plus vieux parti du Maroc a progressé en termes de sièges par rapport aux législatives de 1997, mais il a perdu en prestige et en influence. Résultat : il adopte à son corps défendant un profil bas tout au long des consultations de Driss Jettou. Chez les Istiqlaliens, le malaise est patent. Celui qui se voyait Premier ministre révise ses ambitions à la baisse. Ne renoncera-t-il pas à son appétence pour la présidence du Parlement après avoir perdu tout espoir d'être chef de gouvernement ? De concession en reculade, l'Istiqlal a fini par renvoyer une image brouillée. Celle d'un parti pris dans son propre piège.
Cadenassé dans une posture inconfortable, se sentant poussé vers la porte de l'opposition, il ne cherche désormais qu'à s'assurer une place dans le cabinet Jettou. Comme gage de sa bonne volonté vis-à-vis du Premier ministre désigné et des dirigeants de l'USFP, il exigera de ses parlementaires de voter comme des godillots pour Abdelouahed Radi. “Vendu“ comme un signe de réconciliation des frères-ennemis, le vote istiqlalien a pour l'USFP le goût d'une belle victoire sur son adversaire le plus acharné.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.