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Une générosité mal récompensée
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 09 - 12 - 2002

Touria n'a jamais pensé que sa générosité tournerait mal un jour. Tout a commencé quand elle a invité une femme pour passer une nuit de Ramadan chez elle.
Il est 14h 30mn du cinquième jour du mois de Ramadan, qui coïncide avec le dimanche 10 novembre. Comme à l'accoutumée, Touria se rend au souk Chtayba, un marché aux puces du quartier Sidi Othmane, à Casablanca. Sur son dos, elle porte son nourrisson, Oussama. Elle est à la recherche de quelque chose d'utile pour son foyer quand, soudain, elle se rend compte qu'une femme la suivait. Qui est cette femme? Que veut-elle ? Elle la suit vraiment ou s'agit-il seulement d'illusions qui lui hantent l'esprit ?
Perturbée, elle ne sait quoi faire. Elle se contente de tourner, de temps en temps, sa tête, pour scruter la femme. Elle accélère ses pas. «Je n'ai rien à faire au souk», pense-t-elle pour mettre un terme à ses soucis.
Elle s'apprête à quitter le souk. Mais la femme traîne toujours derrière elle. Touria se trouve obligée de s'arrêter, elle ne peut plus avancer d'un pas sans se rassurer des intentions de la femme.
Touria s'arrête, regarde sans hésitation la femme. Cette dernière avance vers elle, comme si elle attendait cette occasion. Elle se jette sur elle pour l'embrasser comme si elles se connaissaient depuis longtemps.
Perplexe, Touria écarquille ses yeux comme si elle cherchait à comprendre. Sans attendre ses questions, la femme se présente à elle : « Je m'appelle Wafaa, je suis de Khouribga, mère de trois enfants…Je suis arrivée pour rendre visite à mon oncle…Mais j'ai découvert qu'il a déménagé vers un autre quartier sans laisser son numéro de téléphone ni son adresse…».
«Et que dois-je faire maintenant pour toi ?», lui demande Touria.
«Juste m'aider à prendre le F'tour et à passer la nuit jusqu'à demain…», lui répond-elle avec des larmes aux yeux.
Touria se tait pour quelques secondes, puis lui demande : «Ne pleure pas, sois la bienvenue chez moi…».
Wafaa, la quarantaine, n'a pas hésité une seconde pour l'accompagner. D'un mot à l'autre, elles ont fini à engager une longue conversation. Lorsqu'elles sont arrivées à la maison, elles donnent l'impression de se connaître depuis longtemps. Touria la présente à son mari et lui explique ses circonstances. « Soyez la bienvenue chez nous et faites comme chez vous », lui dit le mari de Touria.
Le lendemain, lundi 11 novembre, Wafaa se réveille vers 10h du matin. Elle prend le nourrisson Oussama, entre ses mains, demande à Touria de la laisser l'emmener avec elle chez l'épicier. Touria ne refuse pas. Elle revient à la maison après lui avoir acheté un yoghourt. Deux heures plus tard, Wafaa garde toujours l'enfant entre ses mains. Touria se rend à la cuisine, y reste pour quelques secondes. Mais quand elle retourne au salon, elle se plante à sa place, fouille des yeux tous les coins. Wafaa, Wafaa… », appelle-t-elle. Aucune réponse. Elle a disparu avec le nourrisson, Oussama. Affolée, Touria commence à crier, à chercher à gauche et à droite à l'intérieur de la maison. Mais en vain. Touria crie, pleure, frappe ses genoux et s'effondre. Une, deux, trois, quatre heures passent et ni Wafaa ni Oussama ne réapparait. L'a-t-elle enlevé ?
Touria semble devenir folle, elle n'a pu fermer ses yeux cette nuit, ni retenir ses larmes. Elle ne concevait jamais perdre son unique enfant, le rêve de sa vie. Mardi et mercredi passent et ni la femme ni le nourrisson n'ont donné signe de vie.
Jeudi, 14 novembre arrive. Quelqu'un vient frapper à la porte de Touria. Son mari lui ouvre. C'est l'un de leurs voisins.
« J'ai croisé la femme qui a enlevé Oussama au Kissariat Al Haffari, à Derb Soltan en train de mendier…Mais sans ton nourrisson… », l'avise-t-il.
Touria, son mari et son frère se rendent illico à la Kissariat, cherchent à gauche et à droite. Ils la trouvent. Elle était en train de demander l'aumône. Le mari de Touria saute sur elle, l'attrape. Les badauds s'attroupent autour d'eux. Le mari, sa femme et son beau-frère la conduisent vers la sûreté d'El Fida. Cette dernière alerte la sûreté de Ben Msik-Sidi Othmane qui a reçu la plainte.
« Où as-tu mis le nourrisson ? », lui demande le chef de la brigade policière.
Wafaa nie au départ avoir enlevé le nourrisson. Mais elle passe par la suite à table et avoue : « Je l'ai laissé chez une femme au bidonville de Sidi El Khadir, à Hay Hassani… ».
Le nourrisson a été récupéré et la mendiante a été différée devant la Justice pour être condamnée à un an de prison ferme par la Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Ben Msik-Sidi Othmane.


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