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Le bug du top management féminin
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 02 - 2003

Résistance sociale et perception machiste des hommes. Deux facteurs qui expliquent, dans une large mesure, la faible représentativité des femmes dans les hautes sphères du management. L'auto-blocage au niveau des femmes aggrave cet état de fait. Explications et témoignages.
La femme est-elle indisposée à assumer des postes de responsabilités ? d'emblée, cette question peut surprendre, mais la réponse par l'affirmative constitue la tendance dominante. Au Maroc, très peu de femmes ont réussi à grimper les échelles pour assumer des responsabilités administratives et politiques. Au-delà des exceptions, cette donne socioéconomique marque notre quotidien. Les femmes sont les plus analphabètes comparativement à la moyenne nationale qui est de l'ordre de 54%. Chiffres à l'appui, très peu de femmes occupent des postes de responsabilités. A titre indicatif, dans l'administration publique seul 5% de l'ensemble des directeurs centraux sont des femmes.
Le même schéma prévaut au niveau du système bancaire. Malgré la forte présence du sexe féminin dans les banques, les femmes responsables, qui font partie des comités du groupe, se comptent sur les bouts des doigts.
«Cet état de fait résulte, dans une large mesure de la vision machiste que les hommes se font de la femme», regrette une jeune directrice de développement dans une société de high-tech, lauréate de l'EMI. Concrètement, le Marocain reste conditionné par le fait que la femme a pour vocation initiale de prendre en charge son foyer. Cette réalité n'exclut pas une part de responsabilité des femmes.
«Je crois que l'auto-blocage et le manque d'initiative des femmes est aussi parmi les facteurs explicatifs de cette faible représentativité dans le management des entreprises et des administrations», reconnaît une responsable de service au sein d'une administration centrale à Rabat, qui a requis l'anonymat. Pis encore, même celles qui ont réussi à franchir l'univers de la gente masculine souffrent des pesanteurs de la société. «Compte tenu des contraintes de ma responsabilité, je suis obligée régulièrement de rentrer en retard chez moi. Or, ce retard est mal interprété par mes voisins et mon entourage», ajoute-t-elle. La seule brèche ouverte par le secteur privé commence à secouer cet état d'esprit ambiant. En effet, une pépinière de femmes managers de grandes entreprises est en cours de constitution. Certes, on ne peut pas parler de tendance, mais c'est le début du changement qui met les hommes devant le fait accompli. Ainsi, de plus en plus de femmes dirigent des sociétés opérant dans les secteurs de la finance, le textile, la cosmétique, les technologies de l'information. «Le changement reste tributaire de la volonté des femmes de prendre en main leur destin en vue de faire évoluer leur relation avec les hommes qui les entourent en réclamant un traitement égalitaire et en mettant leur savoir-faire à l'épreuve», martèle la jeune manager lauréate de l'EMI. Le quota n'est-il pas une bonne alternative pour rectifier le tir? Plusieurs femmes estiment que ce remède fausse la réalité sociale de la condition de la femme.
La nomination sur la base de ce procédé occulte le mérite qui est la quintessence même de l'évaluation de la compétence. Les résultats de l'expérience des femmes parlementaires est le premier test qui nous renseignera sur la pertinence de ce choix.


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