Le chantier de l'amazighe dans l'administration avance par étapes. Lundi 26 janvier, à la Chambre des représentants, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, a fait le point sur la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe. Avec, à la clé, l'annonce d'actions concrètes : le lancement d'un dictionnaire amazigh de 7.900 termes, conçu pour accompagner son usage au sein des services publics, renforcement des effectifs amazighophones et signalétiques. La ministre a présenté par la même occasion ce qu'elle considère comme « des progrès réalisés » dans l'activation de l'amazighe dans l'administration. Le dictionnaire annoncé, explique-t-elle, vise à faciliter l'intégration de la langue amazighe dans les pratiques quotidiennes des institutions : documents officiels, services administratifs, contenus institutionnels et plateformes numériques. Ce projet, selon la ministre, ne vient pas isolément. Il s'inscrit dans une dynamique plus large : celle de la généralisation progressive de l'amazighe dans les administrations. Plusieurs sites électroniques publics ont déjà commencé à intégrer la langue amazighe. Des contenus institutionnels ont également été traduits, dans une logique d'accessibilité et d'ouverture. Agents mobilisés Sur le volet de l'accueil et de la communication, El Fallah Seghrouchni avance des chiffres. Aujourd'hui, 494 agents amazighophones seraient mobilisés au sein des administrations. Et une montée en puissance est prévue : 1.339 agents supplémentaires doivent être recrutés, selon la programmation annoncée. Autre détail mis en avant : 72 agents ont été affectés à la communication téléphonique au niveau des centres d'appel administratifs. Un maillon important, dans un contexte où le citoyen passe de plus en plus par le téléphone pour s'informer, se plaindre ou suivre une procédure, comme l'explique la responsable gouvernementale. Signalétique et identité visuelle L'amazighe gagne aussi en visibilité dans les espaces administratifs. La ministre a indiqué que la langue a été intégrée à l'identité visuelle de plusieurs administrations, avec 4.000 panneaux et plaques de signalisation installés à l'intérieur des sièges administratifs. Une expérience appelée, selon elle, à être élargie. À l'occasion du Nouvel An amazigh 2976, l'usage de l'amazighe aurait également été adopté sur les façades de plus de 20.000 véhicules de service public. Une manière d'ancrer la langue dans l'espace public, au-delà des documents et des plateformes. Mais l'enjeu ne se limite pas aux panneaux et aux interfaces. Il touche aussi les compétences humaines. La ministre affirme que des programmes de formation ont été déjà lancés pour renforcer la capacité des fonctionnaires à communiquer en amazighe. Plus de 120 agents ont déjà bénéficié de ces formations, organisées en coordination avec l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM). L'ambition est d'élargir progressivement ce dispositif.