L'Espagne s'apprête à lancer une opération exceptionnelle de régularisation visant près de 500 000 migrants en situation irrégulière. Annoncée par la ministre de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, cette mesure entend répondre aux besoins structurels de l'économie espagnole tout en offrant un cadre légal et des droits à des centaines de milliers de personnes déjà installées sur le territoire. Le 27 janvier 2026, la ministre de la Sécurité sociale et des Migrations et porte-parole du gouvernement espagnol, Elma Saiz, a détaillé les contours de cette régularisation. Pour être éligibles, les migrants concernés devront justifier d'une présence en Espagne d'au moins cinq mois avant le 31 décembre 2025, ne pas disposer d'antécédents judiciaires et ne représenter aucune menace pour l'ordre public. Le dépôt des demandes sera ouvert au début du mois d'avril 2026 et s'étendra jusqu'au 30 juin 2026. L'administration disposera ainsi d'un délai estimé à trois mois pour instruire les dossiers. Afin d'attester de la présence sur le territoire, les autorités accepteront différents types de documents, qu'ils soient publics ou privés, notamment des justificatifs municipaux, médicaux, administratifs ou contractuels. Les bénéficiaires se verront délivrer un titre de séjour valable de un à cinq ans, renouvelable. Selon les précisions apportées par la ministre, ils pourront travailler librement dans l'ensemble des secteurs et sur tout le territoire national. L'accès à la citoyenneté espagnole restera soumis aux règles en vigueur, avec une possibilité de naturalisation après dix ans de résidence. Lire aussi: Etats-Unis : Suspension du traitement des visas d'immigrant pour 75 pays, dont le Maroc Cette initiative s'inscrit dans une démarche de soutien à l'économie nationale, dans un contexte marqué par des besoins persistants en main-d'œuvre. Elle intervient à l'issue de discussions entre le gouvernement et son allié de gauche, Podemos. Le gouvernement de Pedro Sánchez a opté pour l'adoption d'un décret royal, un instrument juridique prévu par la Constitution espagnole, permettant une entrée en vigueur rapide après publication au Journal officiel, sans passage préalable par un vote parlementaire, l'exécutif ne disposant pas de majorité absolue. La réforme répond également à une initiative populaire soutenue par plus de 600 000 signataires et près de 900 associations, qui réclamaient une régularisation exceptionnelle des migrants en situation irrégulière présents en Espagne. L'Espagne demeure l'une des principales portes d'entrée de l'immigration en Europe, aux côtés de l'Italie et de la Grèce, notamment via l'archipel des Canaries, situé au nord-ouest de l'Afrique. Selon Elma Saiz, l'immigration a contribué à 80 % de la croissance économique espagnole au cours des six dernières années, soulignant son rôle central dans la dynamique économique du pays. D'après les données publiées en 2025 par l'Institut national de la statistique, plus de sept millions d'étrangers résident actuellement en Espagne, sur une population totale estimée à 49,4 millions d'habitants. Par ailleurs, selon le ministère espagnol de l'Intérieur, environ 37 000 migrants irréguliers sont entrés sur le territoire en 2025, contre 64 000 en 2024, confirmant une baisse des arrivées sur un an. Cette opération de régularisation, par son ampleur et ses implications économiques et sociales, constitue l'une des réformes migratoires les plus significatives engagées par l'Espagne ces dernières années.