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Éditorial : Il faut sauver Safi
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 11 - 05 - 2005

Ici, les habitants, tous âges confondus, ont développé, au jugé des symptômes, un certain nombre de maladies visiblement liées aux effets néfastes de cette unité industrielle.
Au registre des villes mortes ou qui agonisent au Maroc, le cas de Safi est d'une extrême gravité. Située sur l'Atlantique, cette ville de près d'un million d'habitants est victime depuis plusieurs décennies d'une catastrophe écologique de grande ampleur, du fait de l'activité nocive du Complexe Maroc-Chimie installé dans la périphérie. Au mépris de tout, le massacre se poursuit dans l'indifférence des responsables. L'enquête menée sur place nous a permis de mesurer l'étendue des dégâts sur tous les plans : humain, environnemental, agricole et marin. Un vrai désastre.
Ici, les habitants, tous âges confondus, ont développé, au jugé des symptômes, un certain nombre de maladies visiblement liées aux effets néfastes de cette unité industrielle. Des maladies qui ont rejailli visiblement sur leur état de santé. Plus grave encore, les intéressés se morfondent dans une ambiance très malsaine. Sans le moindre soutien, ni moral ni matériel. Résignés, ils sont livrés à eux-mêmes et étant donné leur condition modeste, ils n'ont pas les moyens de se soigner. Pire, la terre qui les nourrissait a, elle aussi, été frappée d'aridité à cause de cette activité dangereuse. Le bétail et les arbres ne sont pas en reste. Ils dégagent un air maladif.
Les victimes de Maroc-Chimie n'ont personne vers qui se tourner pour trouver ne serait-ce qu'un petit réconfort. Leurs cas ne semblent émouvoir ni les dirigeants de ce complexe dangereux ni les autorités ou élus locaux. En plus, cette activité mortelle fauche régulièrement la vie des employés pour cause de leur contact direct et permanent avec des substances extrêmement nocives. On enterre les morts sans se poser trop de questions. Mourir à force d'inhaler des odeurs toxiques est devenu comme allant de soi. Cela fait partie du métier. Mais quel métier ! Le personnel, impuissant malgré les protestations du syndicat, en est réduit à attendre le tour de la prochaine victime. Le drame qui est en train de se nouer à Safi est une entreprise sans nom. Si ce n'est pas de l'irresponsabilité, cela y rassemble beaucoup.
Toute une ville avec sa population sacrifiée sur l'autel des bénéfices d'une seule unité, tuant au passage toute possibilité de vie dans la région. À commencer par le fond marin de Safi bétonné par des couches successives de déchets nocifs versés directement dans la mer. Résultat : le poisson n'est plus à cause de la destruction de la flore marine. C'est naturellement que les usines de transformation des produits de la mer mettent la clé sous le paillasson, se réduisant comme peau de chagrin. Naguère premier port sardinier du pays, Safi n'est plus rien. À peine si elle est l'ombre d'elle-même. Safi c'est un décor de désolation extrême. Le chômage s'ajoute à la précarité dans une atmosphère indescriptible. Comme hagards, les habitants n'ont pas d'interlocuteur. Ils ne comprennent pas qu'on puisse les livrer de cette façon à une lente déchéance physique et morale.


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